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Les suggestions risquées

 

À condition d'y mettre de la prudence, de l'attention, de ne pas doubler bus ou camion sur la droite (angle mort = grand danger), et d'avoir une bonne condition physique, rouler en vélib dans Paris est devenu très pratiquable. Par rapport aux débuts, les automobilistes, par exemple ont fait de réels progrès (bien obligés). 

Il convient cependant de ne pas écouter toutes les suggestions du marquage au sol, certaines n'étant pas sans risque : 

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Glissez-vous sous la voiture ?

 

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Foncez dans le mur ?

 

Bon je plaisante et suis rentrée sans anicroches, mais blague à part il y aurait parfois quelques améliorations possibles quant à la signalisation, ou au respect des voies cyclistes à imposer. 

Et pour avoir aidé un jeune non-abonné à emprunter un vélo, je peux dire que certains écrans des bornes ne sont pas d'une grande clarté, j'ai pu l'aider à l'expérience, pas en tenant compte de ce qu'on y lisait.

À part ça, toujours aussi heureuse qu'ils existent, ces vélos municipaaux ; les fins de soirées n'étant plus polluées par un dernier métro à attraper.


La fille du sergent

Hier, ligne 14

 

Elles se chamaillent joyeusement sur l'escalator, deux gamines plutôt fluettes d'avant l'âge des tourments. La dame (1) qui les accompagne avec ce sérieux qu'on a lorsqu'on est responsable d'autres enfants en plus des siens, les réprimande gentillement (mais fermement),

- Il ne vaut pas gêner les gens, Cayenne, mets-toi sur le côté.

J'ai donc probablement croisé la fille de Sergent Pepper.

 

(1) J'ai failli écrire "mémère" car telle était son allure puis je me suis dit qu'elle était sans doute, au vu de l'âge des petites et si l'une d'elle était sa fille, plus jeune que moi. Ça m'apprendra à avoir de peu respectueuses pensées. 


Sans nom

 

On a bien remarqué et depuis un moment, que la poste, devenue une banque qui consent encore pour un temps à convoyer colis et courrier en papier, avait des petits problèmes d'identité, mais celle de ma ville en est la preuve concrète 

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(sous l'ombre, c'est une trace d'un "télécommunications" interrompu et partiellement effacé).

Je profite que c'est encore possible pour pratiquer avec quelques amis le plaisir épistolaire des missives en papier. Ce qui était nécessité devient un art de vivre, d'aimer ou de quittter (1).

 

(1) réservé aux hommes courageux.

 


Look at me now, will I ever learn?

 

Je suis vraiment d'un modèle de femme épatant : le chagrin me fait retourner, tel Adrian Mole, mon petit frère de papier, vers my Abba records and great literature for a solace (1), ce qui fait que qui me l'inflige a toutes les raisons de se dire que d'un être aussi limité il était temps de s'éloigner.

Il n'empêche que je persiste à croire qu'il est moins néfaste à mon organisme d'écouter Abba en boucle que de me lancer dans la consommation de béquilles chimiques qui de toutes façons concernant la peine ne résoudrons rien. Je suis une fois de plus celle de trop, pas assez (2) manipulatrice pour compenser le fait de n'être pas jolie.

En attendant, admirez au moins la chorégraphie (!) et les tenues Incroyables et Merveilleuses (3).

 

 

 

 

(1) Il faudrait que je retrouve l'exacte citation

(2) en fait pas du tout. Incapacité qui vaut aussi pour la survie professionnelle en entreprise.

(3) Ah oui j'avais promis d'être moins allusive dans les références et autrs clins d'œil et donc voilà


Entre le paradoxe du diariste et les mauvaises fréquentations

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La capture d'écran vient de ce site ... consacré à Emmanuel Bove et que par ailleurs et pour ce dernier je fréquente avec bonheur (pequeño mundo). Bel éditorial de Michel Butel.

(j'ignore de qui est la photo. le tenancier du site ?)

 

Cette semaine un livre m'a sauvée de l'inévitable décompression d'après festival accentuée cette année par ce chagrin de plus dont je me serais bien passée : il s'agit du "Sulak" de Philippe Jaenada. (chroniqué "Côté Papier", je range mieux mes blogs que ma maison).

Que les choses soient claires, j'aime l'auteur et son style. Il se trouve qu'en plus il a là trouvé son sujet et moi l'objet dans ma boîte aux lettres en rentrant du voyage, comme un signe de garder courage de ne pas perdre pied.

Ça a on ne peut mieux fonctionné.

Non seulement la lecture m'a embarquée et protégée mais j'ai l'impression d'être moins bête en sortant.

 

De plus depuis la fin de ma lecture, je ne cesse de me demander quels sont les souvenirs directs que de l'époque j'avais. Je pense détenir celui de l'ultime tentative d'évasion, de m'être dit en l'entendant aux infos (on écoutait la radio, chambre d'étudiants pas de télévision) qu'il y avait dû y avoir un règlement de compte entre détenus ou avec des surveillants (soit pour des raisons politiques soit pour lui faire cracher où il avait planqué son magot) et qu'ils l'avaient élégamment balancé par la fenêtre après. Les infos disaient simplement qu'il avait fait une chute de plusieurs étages en tentant de filer, mais j'avais malgré mon jeune âge déjà l'esprit mal tourné. Je ne savais toutefois pas grand chose du principal intéressé : étudiante très studieuse et qui bossait le week-end pour gagner de quoi compléter le soutien parental, je n'étais pas forcément très au courant des campagnes de presse générales genre "ennemi public numéro 1". Je crois qu'en ce temps-là je m'accordais parfois "Libé", "Le matin de Paris", en voyage "Le Monde" ou si un événement s'y prêtait, et piquais les vieux Nouvel Obs de mon père lors des périodes de congés. Il est toujours intéressant de considérer l'actualité une fois qu'elle a déjà un brin décanté.

J'ai aussi le souvenir de l'annonce d'un hold-up de bijouterie au jour où François Mitterrand et Helmut Kohl remontaient main dans la main (peut-être pas, mais c'est l'image qu'on en a eue, sans doute par superposition avec celle de Douaumont) les Champs-Élysées, une bijouterie située à peine hors du périmètre le plus sécurisé. Ne me reviennent aucun détails sur le fait divers lui-même (et donc pas de Bruno Sulak) mais d'avoir pensé un brin admirative que c'était gonflé et une belle utilisation du principe de l'œil du cyclone.

Comme je fus diariste dès mon plus jeune âge et longtemps, j'ai voulu en avoir le cœur net et me suis donc en cette fin de dimanche solitaire replongée dans mes vieux carnets (la solitude a du bon, parfois).

  

Je me suis hélas heurté au paradoxe du diariste, à savoir que quand votre vie traverse une période intense et chargée et qu'il serait conséquemment intéressant de la relater pour en conserver la trace, c'est précisément le moment où l'on a le moins le temps d'écrire quoi que ce soit.

  

L'entrée du 21 janvier 1983 (jour de Mitterrand-Kohl et du braquage tout près) est d'une platitude laconique : élève en classe prépa, j'étais rentrée pour le week-end, avais dîné d'un repas froid, rangé mes affaires, acheté ou remboursé à ma mère un chemisier beige pour 20 FRF (ça fait bizarre de se dire que pour 3 € on avait un chemisier, l'équivalent d'une heure de smic horaire brut d'alors) et noté que cette dernière se préparait à partir pour un séjour de ski de fond. Le week-end suivant avait été sportif et studieux, aucune indication concernant la marche du monde. En relisant les pages de la période, je suis effarée par la quantité de boulot que j'abattais. Je ne faisais que ça sauf un minimum de temps pour entretenir son corps, dormir, décompresser. J'avais été quittée (très proprement, mais pour l'heure ne voyais que la fin, cette cruauté du Ce n'est pas toi c'est l'autre) par mon premier amour 11 jours plus tôt et en travaillant plus que jamais m'efforçais de ne pas tomber. Pratiquement aucune mention affective ou de peine, dans les entrées de la période, tout au plus que je m'essouffle davantage sur tel devoir, que telle leçon ne parvient pas à prendre place dans ma cervelle comme il faudrait. Et semble-t-il une totale imperméabilité à la marche du monde où alors était-ce que je ne prenais pas le temps d'en rien noter. De nombreux jours sont retenus par d'aussi longues mentions que "pas dîner cause danse + gym. devoir d'anglais" (lundi 17 janvier 1983).

  

Les descriptions des jours de mars 1985, entre le 17, jour de la tentative d'évasion manquée, et le 29 mars, date de l'annonce du décès de Bruno Sulak sont tout aussi décevantes. Là aussi l'essentiel des mentions concerne le travail scolaire. Et le reste des tourments amoureux dont j'avais oublié certaines nuances qu'il m'amuse de redécouvrir aujourd'hui. Ainsi le père de mes enfants, avec lequel je vivais déjà en semaine (à la résidence universitaire d'Antony) alternait les moments d'être amoureux fou (de moi) et ceux de me négliger complètement afin de se livrer à ses activités préférées : karaté, pétanque et jouer aux cartes avec les potes de la cité U. Mal remise du chagrin d'amour de deux ans plus tôt qui avait eu un sale ricochet au printemps et durant l'été 1984, lorsque j'avais appris que celui que j'avais si naturellement considéré comme l'homme de ma vie n'était pas heureux avec sa nouvelle fiancée, et que par ailleurs un courrier maladroit d'icelui m'avait fait comprendre qu'à un moment donné il m'avait un tantinet menti sur la chronologie (ah tiens !), j'oscillais donc entre des moments de bonheurs (mon nouvel amour est le bon, ensemble on y arrivera (à quoi ?), je m'en suis sortie) et des phases d'abattement inouïes (le seul qui se souciait vraiment de moi, je l'ai perdu (ah tiens !)). Pour compliquer le tableau, je passais beaucoup de temps avec un gars qui me plaisait bien - je crois même à me relire, pouvoir dire que j'avais un béguin (vocabulaire d'époque) - mais l'inverse était fausse et il était très amoureux d'une autre, laquelle le manipulait comme savent le faire les femmes fatales ; je jouais donc auprès de lui les bonnes consolatrices (ce qui me consolait moi-même des moments de solitude que m'infligeaient mon homme). Par dessus le marché j'étais malade. J'ai passé mon temps à l'être durant l'enfance et ma jeunesse : angine, fièvre, rhume, carabinés. Et mon homme quant à lui avait dû se blesser (sans doute au karaté) et qui avait des radiographies à effectuer ce qui était un problème pour notre micro-budget (faire l'avance des frais de santé) d'où qu'il traînait à les passer et inutilement souffrait.

   

Les éléments du journal tournent donc autour de trois axes principaux : les études, les amours et les tracas de santé. Restent quelques interstices pour un peu de ciné (le jour de la mort de Bruno Sulak j'étais allée voir "Le flic de Berverly Hill" en VO. aux Halles (1)), un peu de culture ("une expo sur la voix avec écouteurs-capteurs du son venant du tableau que l'on regardait"), de littérature (fin de la lecture de "L'amant" de Marguerite Duras que je trouve "un peu artificiel" (2) ; "Un peu de Chateaubriand me permit de trouver le sommeil" (1er avril et ce n'était pas un poisson)). Mais peu de place pour l'actualité si ce n'est en date du 29 mars, ajouté avec un autre stylo "écouté les infos : départ d'Ockrent (snif) (3). Villemin a tué Laroche ça devait arriver je l'attendais". 


Et donc rien sur Sulak.

Il n'empêche que ce voyage dans le temps offert en quelque sorte par son biographe - c'est lui qui m'a donné la curiosité d'aller m'y replonger - aura été de quelque réconfort. 

Je conclus la journée du vendredi 29 mars 1985 par un "vague tristesse mais supportable" qui 28 ans 3 mois et 16 jours plus tard pourrait parfaitement s'appliquer.

  

Tenir un journal ne laisse aucune chance aux illusions que l'on pourrait sinon se faire sur ce qu'on croie qu'on était. L'activité comporte aussi quelques surprises ainsi concernant le 15 mars un couple de mes amis "I longed to see them. Ils introduisent un petit suspens dans ma vie et de + en + la conviction que will become a writer" (avec rajouté : "Afraid to think hard about it"). Moi qui étais persuadée n'avoir pensé à rien à part quelques polars (ligne 13 oblige), tant que l'amie qui a tant compté ne m'avait pas collé vingt ans plus tard un grand coup de pied moral au cul, je suis bien sidérée. Il serait peut-être temps que je commence à me dépêcher. Merci Bruno, merci Philippe, merci étrange moi-même d'autrefois (qui hélas ne s'autorisait pas).

 

(1) Hé oui, on ne devient pas cinéphile en un jour

(2) Hé oui, on ne devient pas bonne lectrice en un jour

(3) Ce "snif" me surprend car je n'ai pas souvenir d'avoir été jamais une assidue du JT, ni spécialement fan de ses prestations. Peut-être trouvais-je dommage qu'une des premières femmes à présenter un 20h s'arrête. 

PS : Ce billet a fort dévié entre l'idée du début et le résultat. On dira que c'est ce qui fait le charme de l'écriture sur blog (vraiment ..?)

 

Une des musiques du livre (p 427) :

Les temps changent mais les lieux aussi

 

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Ayant pris conscience que si je ne faisais pas immédiatement d'efficaces sauvegardes et un énergique ménage dans mon bon petit ordi, j'allais tout droit vers de pénibles ennuis (et techniques et affectifs), qu'aussi depuis un mois passé je laisse tout s'accumuler dans un lamentable laisser-aller, j'ai décidé de profiter d'une soirée de solitude (1) pour avancer dans les copies de fichiers photos et leur tri. Mon retard est tel que je n'en suis qu'à septembre 2012 (2).

  

"À quelque chose malheur est bon" dit l'un des rares dictons pour moi porteur de vérité. Je redécouvre donc des photos prises 10 mois plus tôt, anodines à l'époque et désormais chargées d'une aura documentaire : mon quartier ces deux dernières années change au point que j'ai l'impression d'avoir déménagé. La première étape de la mutation consiste généralement en démolitions. Cette photo du 17 septembre dernier (à 15 heures) serait désormais impossible à reprendre. Menacés - je les saisissais en connaissance de cause -, ces deux bâtiments ont entre-temps disparu.

 

(1) Grâce aux amis - merci, grand merci - et par ailleurs au festival de cinéma qui a constitué mes vacances - si l'on est cinéphile une très bonne technique non médicamenteuse pour survivre à l'immédiat d'un deuil ou d'une rupture subie -  j'en ai eue fort peu, des soirs de solitude, ces temps-ci et croyez-moi ça aide.

(2) Une des raisons, en plus que je serais trop tentée de n'y écrire que du triste, de ma disparition (que j'espère momentanée) du Petit Journal. Depuis environ un an je n'ai pas su reprendre pied dans les écritures quotidiennes, trop d'hiver et à présent de chagrin.

 


Dotclear et moi : un rendez-vous manqué (1)

 

Comme souvent les billets de Sacrip'Anne (2) me lancent envie d'écrire. À l'heure où serait nécessaire un second souffle (3), je me sens triste comme si mes blogs étaient directement concernés.

Pourtant Dotclear est pour moi un rendez-vous manqué ; de peu, certes, et pas non plus tout à fait, mais voilà, ayant débuté ailleurs, je n'ai pas su migrer.

J'ai croisé mes premiers blogs en janvier ou février 2003 (putain, 10 ans !). À l'époque cadre en entreprise, mère de famille de jeunes enfants et lectrice compulsive, je n'avais guère le temps de m'y mettre. Je croyais aussi que c'était techniquement compliqué. Comme c'était déjà mon métier de me gaver des complications techniques toutes la journée, je ne tenais pas trop à remettre ça le soir, le dimanche et les jours fériés.


L'une des rares personnes que je suivais était chez 20-six, qui n'était pas très accueillant aux simples passants. Alors à l'été 2004 j'ai fini par craquer et ouvrir là un blogounet, ce qui me permettait de déposer sans tracas des commentaires chez elle. La thématique était : l'acquisition d'une nouvelle voiture et les cocasseries que ça engendrait. Billets très brefs, destinés à faire sourire. Il s'est passé de très belles choses chez 20-six durant cet été-là qui fut (par ailleurs) terrible pour moi (4). J'y ai entre autre rencontré celui dont je lis le livre actuellement et en me régalant.

Mais cet outil plantait souvent. Et je le trouvais un peu infantile.

Une autre personne que je suivais était sous u-blog qui quoique rudimentaire (mais à l'époque mon usage l'était lui aussi) me plaisait davantage. Fin juillet 2004 j'ai donc ouvert timidement un petit blog là-bas (5). 

Une troisième personne m'avait offert les clefs de son blogs alors qu'elle s'absentait, j'étais chargée avec d'autres amies de faire du blog-sitting (6). Elle était chez typepad et l'environnement m'avait tout de suite paru très solide, logique (7) et confortable.

Quand en février 2005 j'ai voulu ouvrir un blog, "Sans nouvelles", afin d'accompagner la détention de Florence Aubenas, c'est donc là que je suis allée. Je tenais à écrire un billet par jour et qu'il n'y ait pas pour des causes techniques extérieures, de période foirée. J'ai pris l'option payante sans trop d'états d'âme. Il s'agissait d'un engagement, il convenait d'être efficace et je verrais plus tard si "philosophiquement" ça me convenait ou non, mon côté "Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral".

L'outil s'est révélé fiable. J'ignorais que plus tard il mettrait en péril le U-blog que j'appréciais, rudimentaire, gratuit, discret (8). J'ignorais tout du dessous des cartes.

J'ai perdu le souvenir de la recherche qui m'avait amenée sur le blog de Tarquine, mais pas qu'il s'agissait du billet qui annonçait l'hôtel des Blogueurs, ni non plus de m'être dit Oh ! Perec ! et d'avoir bondi sur le lien qui permettait de s'inscrire. Je venais sans doute de me sauver la vie, mais comme j'ignorais aussi tout des périls à venir, c'était trop tôt pour le savoir.

Car voilà, j'ai manqué l'outil, mais pas les amis.

Dans un premier temps "l'Hôtel" m'a permis de sur-occuper sainement la période estivale qui suivait l'intense expérience du comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun. Ca n'avait été ni plus ni moins qu'une double vie, entre le boulot à "l'Usine" enfin à temps partiel, et le taf pour le comité à temps ... euh ... presque plein. Alors après la libération, la dissolution et quelque fête, se retrouver dans sa petite vie monodimensionnelle et au travail escortée de tracasseries (9) n'était pas simple. Participer à ce projet de fous et tout aussi collectif, aura sauvé ce qui fut pour moi un étrange été.


J'étais également en train de perdre ma plus proche amie, mais la sachant en plein travail sur un film puis en des lieux de tournage reculés, l'ignorais. Je comprenais qu'après les six mois d'inquiétude perpétuelle et de surmenage, elle ressente un violent besoin de retrait.

A la rentrée, j'ai pu faire au Paris Carnet la connaissance de mes partenaires du jeu de l'été. Sur le moment j'ai presque eu peur (trop de monde, de compliments) mais c'est une des plus belle chose qui me soit arrivée dans l'existence.

La plupart d'entre eux était déjà des Dotcleariens avertis. De mon côté j'avais démarré Traces et Trajets, étais en pleine écriture de mes "petites nouvelles d'Italie" et comme je tripatouillais dans mon job alimentaire pas mal de cambouis informatique, n'ai pas eu le courage de migrer à ce moment. Mais je m'étais promis que lorsque je quitterai "l'Usine" ce que j'avais prévu de faire en 2011, appartement payé, je me ferai un plaisir de déposer au moins Traces sur un domaine personnel et de le propulser par l'outil qu'utilisaient les amis.

Rien ne s'est passé comme je l'avais imaginé : l'année 2005/2006 a été une descente au fond du puits, un ciel tombé sur la tête, dans le même temps qu'au boulot l'ambiance se dégradait avec la venue d'une manageuse de type psycho-rigide harceleuse. Pour tenir le coup j'ai éprouvé le besoin d'écrire d'autres choses plus intimes, ai tissé au gré du temps une mini-toile d'araignée de blogounets thématiques qui permettaient de me cacher des indiscrets (10) sans pour autant prendre de pseudo.

Les amis rencontrés grâce aux blogs m'ont été d'un immense secours. Je ne sais pas comment sans eux je m'en serais tirée.

Un an après il était trop tard pour tout transférer, ça représentait une masse de travail que je n'étais pas en mesure d'entreprendre. Et j'étais devenue si à l'aise avec l'interface qu'une nouvelle création ne me prenait plus guère de temps.

La fin de "l'Usine" a bien eue lieu, c'est là aussi une des meilleures choses qui me soit arrivée dans la vie, mais sa brutalité m'a mise à nouveau un peu KO.

J'ai renoncé à migrer.

Il n'empêche que pour avoir participé à différentes aventures (11) sous Dotclear, j'ai apprécié l'interface, sa logique, ses fonctionalités.

Je me sens donc concernée par les difficultés actuelles et le risque de fin prématurée qu'elles font augmenter. Même si mon propre travail n'est pas directement concernée, je serais triste pour les amis si au bout du compte ils en venaient à devoir basculer vers un autre outil et souhaite donc de tout coeur qu'une solution émerge.

"How many roads must a man walk down ?"

 

(1) Parce que je ne rate pas que mes histoires d'amour

(2) Pas de lien, le blog est devenu privé. Mais ce billet exprimait sa gratitude envers ceux qui ont conçus et fait vivre l'outil, et qui sont aussi au moins devenus des amis. Il raconte aussi la rencontre, ce qui a fait que c'était mieux sous dotclear qu'autrement.

(3) Moi qui ne suis pas capable de cumuler écriture et bon travail à temps partiel, j'admire infinimement ceux qui parviennent à concilier travail à temps plein, travail bénévole pour s'occuper d'un outil et quelques autres trucs.

(4) Bien pire m'attendait l'année d'après, heureusement que je n'en savais rien.

(5) Rapatrié depuis [lien temporairement privé à cause d'une erreur de ma part sur un autre blog très confidentiel, mais je le libèrerai dès que les choses seront calmées : il n'est compromettant que pour qui tiendrait à fouiner (et encore, je ne donne pas de noms, il faut déjà être au courant pour piger qui est concerné)] lors de la fermeture

(6) Tiens, c'était le temps où j'étais incapable d'écrire un texte en "je". Je dois le "je" à Florence Aubenas (ça mériterait peut-être un billet)

(7) La soi-disant logique plus intuitive de 20-six ne l'était pas pour moi.

(8) Finalement j'écrivais pour être un peu lue mais pas trop.

(9) La discrétion de mon engagement avait déplu. N'étant plus la simple employée à la vie grise, j'étais désormais quelqu'un de suspect.

(10) Jusqu'à présent et fors les derniers développements particuliers et je pense passagers, je n'ai eu que deux scrutateurs (trop) méthodiques au point que j'en sois gênée.

(11) dont les Petits cailloux et ricochets


Ses Demoiselles

 

Il y a de ces films si connus, si diffusés ou repris qu'au bout d'un certain âge, un long cumul d'années - et de cinéphilie - on ne sait plus guère si on les avait vus : tant d'extraits nous ont été fournis, ils ont nourri tant de conversations, pour peu qu'ils tiennent de la comédie musicale on en connait déjà si par cœur la bande son qu'on croit que oui, mais peut-être non.

Cette année à La Rochelle, une nouvelle copie aux couleurs ré-étalonnées des "Demoiselles de Rochefort" nous était présentée. Je me suis dit que c'était le moment ou jamais d'en avoir le cœur net, en plus qu'admirer Rochefort en étant à La Rochelle se fait mieux que de Bruxelles.

La grande salle était comble, preuve que nous n'étions pas les seuls a avoir ressenti le besoin de récouvrir ou revoir ou enfin savoir.

Le film fut un régal. Je ne sais à quoi ça tient. Lu à plat, le scénario est d'une nunucherie sans nom. Les costumes et les attifements avec la patine des ans ont basculé dans un Au delà du kitch inégalable (1). Les calembours douteux et fièrement répétés finissent par faire marrer - après coup se dire : mais comment ai-je pu rire à ÇA ? -. Faire rimer frites avec érudites (Jacques sans peur). Une effarante réalité est venue entre-temps parasiter l'un des éléments (le seul sombre) du film (2).  Les chorégraphies sont terriblement datées. Les voix chantées n'ont rien d'exceptionnel (3). Et pourtant ça marche. Et on (4) sort de là en chantonnant, les chagrins amoindris, le sourire aux lèvres.

Un état de grâce collective au moment du tournage ? Une vitalité contagieuse ?

Les choses tristes ne sont pas si graves et le bonheur peut vous sauter au nez d'un cahier tombé.

Comme la période pour moi est un peu difficile, la capilarité de la joie a pour moi peu duré. Mais voici que quelqu'un amorce aujourd'hui une série sur le film, sur "son" film du film, le film dans sa propre vie, et que ce matin grâce à elle j'ai repris une petite bouffée de couleurs pastel(les ?) pétantes, de luminosité. Et malgré la part d'ombre, l'inévitable, ça fait un bien fou.

La série commence ici : 

Mes Demoiselles #1 

Go and share happiness.

(C'est chez Anne Savelli)

 

[billet à relire en arrivant, sous peine d'être en retard]

(1) Aaahhh le blond platine du petit marin

(2) Je n'ai pas su faire abstraction du fait que le tueur s'appelait Dutrouz même si l'orthographe diffère. J'ai également eu un problème avec le problème patronymique de l'un des personnages qui n'est pas sans écho avec une des conséquences ridicules mon actuel chagrin. Heureusement, ça ne vaut que pour moi. L'ensemble des spectateurs doit pouvoir profiter de l'œuvre sans être parasité par ces arrière-pensées.

(3) Sans doute pour rendre plausible que les acteurs chantaient. Finalement c'est Danièle Darrieux, non doublée, qui s'en sort le mieux.

(4) Je pense que si je l'avais vu ado je serais sortie en fulminant. Used to be kind of a though girl. Peut-être faut-il être très jeune ou déjà âgé afin d'apprécier.

 

PS : Parce qu'il n'y a pas de raison que vous ne l'ayez pas de collé en tête aussi 


Mais ils se sont regardés, tous ces incapables ?

 

Elle m'était plutôt sympathique cette joueuse de tennis qui a réussi tout récemment l'exploit d'un Wimbledon. J'aime les gens qui réussissent par le travail acharné.

Mais quand j'ai lu ça, je me suis dit qu'en plus elle méritait, soutien, admiration et solidarité.

Ils se sont regardés tous ces incapables, sans doute en tant qu'hommes pas plus beau qu'elle comme femme, et de toutes façons tous autant qu'ils sont incapables de réussir quoi que ce soit dans leur vie.

Que ceux qui ne jugent les femmes que sur des critères d'apparence extérieure aient la b... (1) en berne jusqu'à la fin de leurs jours, ce serait mérité.

Décidément nous traversons une période où semblent revenir de vieux réflexes pourris qu'on croyait (naïvement) perdus, qu'il s'agisse de la situation faite aux femmes ou à tous ceux qui ne constituent pas une mâle majorité.

À Marion Bartoli, il n'y a qu'une chose à dire, Bravo pour son exploit.

 

 

Capture d’écran 2013-07-10 à 11.16.07

 

 

 

source : via @everydaysexism

 

 

 

 

(1) censure à la demande de lecteurs dont les proxys de là où il leur arrive de lire sont pudibonds. 

PS : La colère personnelle m'est le plus souvent étrangère, la colère collective et de solidarité pas. Et qu'on ne vienne pas me dire que je n'ai rien en commun avec une riche tenniswoman. Certes pas le compte en banque, mais le goût du sport et la féminité (si facilement bafouée dès lors qu'on n'est pas la poupée blonde qu'il faudrait).