Petit pipi en bonne compagnie
Vie moderne (bis ou ter ?)

Ma première mort, sept ans après

 

Un bon moyen d'échapper à une tristesse de nostalgie est d'avoir affaire à une solide tristesse du présent. 

C'est ce qui m'est arrivé pour ce funeste anniversaire.

Parce que ma mère vient d'entrer dans le grand âge, même si rien de grave pour l'instant, on sent que l'élan de sa vie d'adulte en pleine possession de ses moyens a pris fin.

Parce que ma fille a achevé notre cafetière, laquelle donnait des signes de fatigue (elle aussi déjà âgée) depuis plusieurs mois, mais voilà il fallait un peu de brutalité pour hâter sa fin. C'est fait.

Parce que mon petit téléphone sans trop de signes avant coureurs ni non plus de chute fatale, a décidé d'opter pour un mode de fonctionnement clignotant. Dès lors j'ai consacré du temps à sauver (tenter de) entre deux extinctions ce qui pouvait l'être.

Parce que je sens que je ne peux pas trop compter sur celui qui devrait m'aimer. Finalement les hommes sont comme les téléphones, assez intermittents de la lumière qu'ils offrent.

Parce que louer une place pour une pièce qui concerne la personne pour laquelle on m'a quittée n'a pas suffit à raviver la pensée de l'être absent.

Absent de ma vie depuis désormais sept ans.

C'est-à-dire depuis aussi longtemps que la grande amitié fondatrice avait duré.

Depuis deux semaines je sentais revenue une forme d'énergie. Je pense que le cumul actuel des difficultés va vite me l'épuiser si ce n'est ce soir déjà fait.

Et je commençais juste à me sentir redevenir une femme (au lieu d'un spectre). En finit-on donc jamais avec le syndrome de George Bailey ?

 

 

nb. : Sur ce même sujet : Ma première mort, un an après

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