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Y en a aussi

 

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Première dégustation depuis une éternité d'abstinence due à l'état lamentable de mes finances, le même qui me prive de Bruxelles et d'y voir ceux que j'aime et qui va me priver aussi d'Étonnants Voyageurs cette année.

Et y aller parce qu'on m'a promis que le paiement serait sur mars et que celui qui partage mon quotidien et les difficultés pour y arriver a dit quelque chose comme : Au point où on en est.

You know what, I'm happy.

P2261682 Quand on est connaisseur de quelque chose, lorsqu'on ne pratique plus, c'est un peu comme un musicien qui se fait voler son instrument.

Et l'entraînement se perd vite.

Sans parler des amis qu'aux dégustations j'ai plaisir à retrouver.

Il faut absolument que je dépote enfin un texte ou parvienne à gagner au loto.

 


Il voulait du pain et je n'ai pas compris

 

Prise d'une fringale en sortant du théâtre, j'avais acheté du pain à l'excellente boulangerie voisine, que je ne connaissais pas mais je sais assez bien repérer d'emblée celles où le pain sera bon.

Le boulanger avait coupé en deux la baguette, l'avait glissée dans un sac plastifié, par égard à la neige qui tombait, et croyant qu'à la maison Celui qui devrait m'attendait, j'avais pris le métro sans tarder.

Un peu songeuse - la pièce ne pouvait me laisser indifférente, et puis dans le métro, un homme croisé d'une rare beauté, non pas dire que je le trouvais beau mais qui détenait une forme un peu magique de beauté universelle, un dieu de statue grecque, quelque chose de cet ordre. Et puis un de ses potes, pétant d'énergie, jean baskets simple hoodie et pas l'air d'avoir froid pour deux sous.

Oui donc tout cela en tête alors que je sortais porte de Clichy et qu'il neigeait à présent vraiment avec bise glaciale assortie. Et le grand thermomètre horloge du dessus d'immeuble près du périph qui indiquait +1°C quand j'aurais dit -4°C facile, ou plutôt difficile à supporter. 

Je prenais la photo devenue traditionnelle ces derniers mois de cette information quand l'homme m'a abordée, pas très grand, fin, habillé comme moi à meilleure saison (jean, blouson de cuir, plus épais que le mien, une écharpe), et qui fumait une cigarette à ce point peu entamée que j'ai cru qu'il me demandait du feu.

Il disait quelque chose comme "Madame, dupé, dupé", j'ai terminé mon cliché, peu capable de zapper instantanément des activités suivantes : lire, écrire, photographier vers le présent du tout de suite maintenant, puis je lui ai fait ce geste international bras écartés paumes ouvertes, "Je ne comprends pas", il a répété "Dupé, dupé", esquissé un geste de la main vers la bouche, puis l'expression qui signifie comme à soi même "Bon, laisse tomber", et j'ai compris trop tard que c'était du pain qu'il voulait, que je rapportais pour ma petite famille - ai-je dit "enfants" ? - il avait filé, filé, et moi trop engourdie par le froid pour tenter de le rattraper, "Monsieur j'ai compris, du pain, tenez !".

Je suis rentrée en me maudissant et le climat et la saison (1), ainsi que la cigarette qui avait en quelques sortes brouillé le message, m'orientant vers un "désolée je ne fume pas" qu'il ne sollicitait pas. Peut-être que la cigarette était la seule chose qu'il parvenait à demander.

Triste monde où dans nos villes de surabondance gaspilleuse on croise comme dans les temps d'avant mon enfance, à nouveau des gens qui ont faim et froid. Rien à voir avec un ordinaire quêteur au discours rodé.

Le pain n'a pas été perdu qui nous régale en ce dîner. Il n'empêche que je m'en veux, vieille parisienne empêtrée dans ses pensées au lieu d'être réceptive au monde et de pouvoir aider (2).

"Nous ferons mieux une autre fois" disait, à peine plus tôt Ariane A. 

J'espère.

 

(1) En même temps c'est un peu bête : l'été j'eusse été plus réactive mais le même n'aurait pas eu faim

(2) Je m'en veux d'autant plus qu'à l'inverse des cas où sur une foule qui déambule c'est précisément moi qu'on choisit pour demander son chemin - et ça, j'avoue que j'en ai un peu assez -, je devais être la seule personne passant par là et équipée de pain et que son abord à la nuit tombante ne risquait pas d'effrayer.

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Vers la fin du Méliès ? Je le crains

 

Depuis des mois le conflit de sournois et larvé était devenu ouvert. En jeu : le poste de directeur du nouveau complexe multisalles à Montreuil et qui semble enfin prêt à voir le jour après sept ans de lutte acharnée menée par l'équipe du Méliès tel qu'il était encore récemment. L'actuelle municipalité souhaite placer quelqu'un à sa main et s'est donc acharnée sur le directeur en place lequel avait porté le projet, en ferraillant avec rien moins que MK2 et UGC.

Ce matin j'ai lu non sans tristesse que tout espoir de négociation semblait désormais vain.

Stéphanie Goudet a publié ce qui suit pour prévenir les amis du sort qui lui était fait. Je le reproduis avec son autorisation. L'original qui n'est sans doute pas lisible à ceux qui ne sont pas inscrits sur ce réeau social est ici.

 

"J'ai reçu ma lettre de licenciement, moins de 48h après mon entretien préalable. Je suis renvoyé pour faute, donc sans préavis ni indemnité, pour "non dénonciation d'une irrégularité comptable" qui n'a entraîné aucune sortie d'argent de la caisse du Méliès et pour non respect du devoir de réserve. Avec un exemple pour préciser les "insultes subliminales ", dont je me serais rendu coupable : J'ai écrit, je l'avoue, ici-même, après avoir été traîné dans la boue pendant des mois, qu' "en cas de renvoi, nous parlerions d'éducation à l'image, de tarif des salles publiques, de projet culturel, de festival de Cannes, d'acoustique des cinémas, de liberté de programmation, de respect des agents. La réserve est grande ! Sans parler de l'inventaire des pratiques ". La municipalité indique que ce message, entre autres, "met en cause la gestion du cinéma municipal" et porte " atteinte à l'image de la commune "... Je saisis évidemment la justice. A dimanche, à la Parole errante !"

 

Par ailleurs un site de soutien a été ouvert : Soutien au Méliès

et il y aura demain dimanche à 20 h une projection du film de Dominique Cabrera "Ça ne peut pas continuer comme ça" en présence de la réalisatrice. Elle aura lieu à La Parolle Errante 9 rue François Debergue à Montreuil.


Il me paraît si absurde que l'on puisse pour des raisons de tortillage politique se priver d'un directeur et d'une équipe compétents, que je manque d'arguments mais il serait bon que les qualités professionnelles des personnes et les témoignages de reconnaissance de leur travail soient ce qui prime sur tout autres considérations. Nous étions nombreux, je crois à venir à Montreuil et de loin, exprès pour la qualité des rencontres et de la programmation.

PS : Un billet que j'avais écrit en mai lors d'une première alerte, annonce parue pour recruter un directeur alors qu'il y en avait un. C'était déjà d'une élégance rare.

 


Avoir trop tardé

 

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Depuis quelques temps déjà je trie, sauvegarde et supprime mes photos quotidiennes de l'ordinateur afin de désencombrer sa mémoire mais également mettre à jour différents carnets photographiques dont je sais qu'ils me revaudront un jour l'effort de préservation fait.

Il se trouve qu'au premier signe de faiblesse un peu étrange de mon téléfonino, dimanche dernier, j'ai sauvegardé également tout ce que j'ai pu comme photos du téléphone. Je l'avais fait mais de la même façon malencontreusement erratique avec laquelle je pratique pour répondre à mes mails : tout dépend en fait de mon état physique quand je rentre au soir et de l'heure plus ou moins tardive. Si le sommeil daigne me laisser un sursis je les sauve au jour le jour, et réponds aux messages aussi. En revanche il est fréquent, surtout aux soirs de librairie qu'il me rattrape sans coup férir et il peut alors se passer des jours avant que je ne refasse le retard.

Cette fois-ci, remettre à un moment d'énergie et de temps disponible n'a pas été possible, il fallait faire vite. J'ai cru en avoir perdu certaines, les avais, par vieux réflexe d'informaticienne heureusement stockées sur la carte mémoire de mon téléphone que le nouveau, choisi compatible, m'a donc permis de sauver. 

Aujourd'hui je remonte donc à nouveau le courant du temps qui passe pour les glisser sur un disque dur externe et sur flickr, en profiter également pour trier. Certaines photos du téléphone en tant que telles n'en sont pas mais s'apparentent en fait à de la prise de notes. Il est devenu plus simple de prendre en photo les horaires de la piscine que de les noter ligne à ligne. Ces dernières ne méritent généralement pas d'être conservées au delà de l'usage concret qui les nécessitait. 

Il en existe également d'un caractère intermédiaire : celle-ci qui date d'un samedi de juin en est l'exemple type. Je n'ai pas pris ces deux garçons, dont une ressemblance faisait à mes yeux des frères ou de proches cousins, pour l'agrément de leur allure - encore que le mouvement du même pas soit assez amusant -, mais pour accrocher leur souvenir dans ma mémoire : il était 15h44 je me rendais au cours de danse, ils m'avaient dépassée en prononçant certaines paroles qui m'avaient fait sourire. La plupart du temps il me suffit de prendre une image au même moment (1) pour que celles-ci me reviennent.

Seulement voilà, huit mois cette fois se sont écoulés entre saisir le cliché et le retrouver. Et à présent j'ignore tout des propos échangés.

Voilà donc une : Photo de deux garçons qui m'ont fait sourire un samedi aux Grands Boulevards mais je ne sais plus pourquoi parce que j'ai trop tardé.

 

(1) Pas nécessairement des personnes concernées,  un détail des lieux peut suffire.

PS : À la réflexion je crois me rappeler que ce qui était amusant c'était que le petit apprenait au plus âgé un précepte de sagesse comme s'il était beaucoup plus expérimenté. Ne revient pas en revanche le souvenir de ce dont il s'agissait.

 


Présenter Hélène

 

Ma vie refusant obstinément d'être un long fleuve tranquille, et présentant sur la période carrément les caractéristiques du torrent tumultueux, ce n'est que ce matin au réveil que j'ai pu apprécier les clientes aguerries (page 44) et les duchesses irascibles (45) de l'index final de "Décor Lafayette" d'Anne Savelli.

Je m'étais régalée tout au long du livre, malgré les moments difficiles (cette montée par l'escalator alors qu'Elle se sent mal - Elle n'est pas Simone Signoret, mais que dire de plus sans trop dévoiler ? -), mais cet index et son humour constituaient un point d'orgue, et je le savourais au point de penser dans ce demi-sommeil d'à peine se réveiller, Quel dommage qu'elle ne soit plus de notre temps, j'aurais pu présenter Hélène à Anne. Pensée absurde s'il en était, pourquoi aurais-je eu l'honneur de connaître Hélène B. dans une vie d'avant de maintenant différente de ce qu'elle est (forcément) ? Mais en même temps si logique, car toutes deux si modernes et ce problème qu'avoir raison trop tôt pose parfois dans l'existence pratique. Et pour la lectrice d'ici et maintenant un même plaisir de haute volée.

Comme les marches d'un ancien escalier. 1936, grèves, alors plus tard l'enlever.

Je lis à présent un ouvrage pour enfants (1), incapable d'enchaîner trop vite sur un roman pour les grands qui après l'intensité du "Décor ..." ne pourrait que me sembler fade, me lasser.

 

(1) Merci à Laurent Vallée, s'il vient à passer.

au sujet du même livre : Dans le décor chez Pierrot de Belleville, avec Butor chez Claro, Décor L. chez Joachim Séné


Le souvenir d'une belle soirée

 

Je ne sais déjà plus comment je suis arrivée à Charybde pour la première fois, Scylla, si, c'était après un déjeuner près du travail de mon ami Pierre, il m'avait dit, Je vais te faire voir une librairie de SF formidable, et c'était le bonheur (1), mais Charybde, voilà il y a eu une soirée à un moment donné et puis aussitôt c'était comme si depuis toujours. Un peu comme pour l'Attrape-Cœurs. Cette sensation non pas d'avoir rencontré de nouveaux amis mais qu'il s'agit en fait de retrouvailles, ET tombé de sa soucoupe et qui enfin parvient à rejoindre les siens.

Hugues a la sagesse d'enregistrer les rencontres et de partager les enregistrements après. Ce matin j'ai pris le temps de ré-écouter le moment récent passé en la compagnie de Serge Quadruppani. Depuis mon année des malheurs, sont devenus précieux chacun de ceux que j'ai passés en ayant le sentiment d'être "à ma bonne place", qu'aux mêmes heures je n'aurais souhaité être nulle part ailleurs, auprès de personne d'autre. Ils aident à guérir d'avoir été quittée ou séduite et soudain rejetée.

Il est bon de ré-entendre l'un de ceux-là. Sans compter que sous la décontraction apparente, des choses pas inintéressantes ont été dites sur la traduction (2).

Merci à Serge, merci à Hugues et Associés

 


 

 

 

PS : une autre partie de la soirée par ici

 

(1) Si je ne suis pas devenue cliente, c'est seulement parce que, n'étant pas encore devenue libraire, je m'efforçais de me cantonner aux polars, craignant de tomber aussi fort dans un autre genre.

(2) Vers 16' pour les amateurs pressés


Très étranges textos

 

Il semblerait que mon téléfonino que je croyais fort en forme jusqu'à ce que dimanche après réception d'un SMS il ne passe en mode ampoule de guirlande clignotante qui clignote, ait en fait montré des signes avant-coureurs de faiblesse ... mais à d'autres que moi.

Alors si vous faites partie de ceux à qui j'écris parfois par SMS, il se peut que dans les 8 à 10 jours précédents vous ayez reçu de ma part des messages un tantinet décalés. Il semblerait que quelques-uns d'entre vous aient reçus en lieu et place du texto que j'envoyais un de ceux que j'avais expédié auparavant, généralement à eux-mêmes (d'où que l'on m'a demandé : Mais pourquoi me reparles-tu de ce livre ?, je l'avais lu tu sais - Ben oui moi je sais mais c'est mon téléphone qui a tout seul insisté -) et dans un cas (au moins ?) à une autre personne.

Comme j'en commets rarement et pas par ce biais, je pense que j'ai à peu près échappé à l'envoi de déclaration d'amour intempestive à mon banquier mais néanmoins si vous avez de ma part un message récent bizarre, ou du moins plus bizarre encore qu'à l'ordinaire, soyez gentils de n'en pas tenir compte, ou de me poser la question afin de savoir s'il s'agissait de ma bêtise ou ma farfeluterie ordinaire ou de la prise d'autonomie intempestive de mon appareil (1).

Elle ne lui a pas vraiment réussi : il en est mort peu après.

J'ose espérer qu'il n'y a pas eu d'envois à des heures intempestives. Mais pour autant que j'ai pu le savoir il s'agissait à chaque fois d'un message envoyé en lieu et place de celui que je venais d'écrire. Désolée pour le dérangement éventuel.

 

(1) Comme je ne peux plus l'allumer de façon stabilisée, impossible de consulter quelque historique que ce soit.


PS : Tout mes remerciements à celui qui attendait patiemment un SMS, c'était convenu, avant de déposer un chèque, et en recevant au jour logiquement prévu un message qui parlait d'une commande de livre, dans le doute n'a pas encaissé le premier. C'est grâce à lui que j'ai finalement su que quelque chose clochait, car je n'avais pas fait le lien entre certaines réactions de différents amis - lesquelles me semblaient bien un peu décalées dans le temps, elles aussi -.


Vie moderne (bis ou ter ?)

 

J'y ai pensé dès le matin mais ça restait flottant. C'est au soir dans le RER qui me raccompagnait de la BNF à ma banlieue, et alors que je lisais "Décor Lafayette" d'Anne Savelli, que le contraste m'a sauté aux yeux. Elle y évoque, entre une foule (sentimentale) d'autres choses qui méritent le détour et un moment d'arrêt, un film de William Klein tourné avec Simone Signoret aux Grands Magasins et qui interrogeait les passantes, venues là pour acheter des vrais choses de la vie quotidienne parce qu'en ce temps là "le grand magasin c'est encore le bazar, l'endroit où l'on achète sa serpillière, de l'élastique, une poêle à frire." (1).

Le contraste entre le monde de mon enfance, celui des serpillères aux galeries L. et la vie d'aujourd'hui.

Entre un temps où le téléphone n'équipait que les endroits professionnels ou les maisons des riches, puis les maisons des moins riches aussi, mais il fallait bien attendre le raccordement un an et demi auprès des PTT (2), et chaque appel coûtait, il ne fallait pas gaspiller, hors de question d'appeler uniquement pour se parler ; et ce matin où pour 15 centimes d'euros grâce à ma fidélité auprès d'un des nombreux opérateurs possibles, j'ai remplacé mon petit appareil personnel tombé en panne la veille. 

Et encore je reste vieux jeu puisque ma décision de remplacement si rapide est liée à une panne au moment où je risque d'avoir besoin d'être contactée rapidement, et non à l'envie d'avoir un modèle dans le vent (3). 

Mais la vie moderne à laquelle on n'échappe pas, veut qu'on remplace au lieu que l'on dépanne.

 

J'ai filé ensuite retirer dans cette grande enseigne jadis culturelle et trèe pointue sur tout ce qui concernait la photographie, désormais tout autant électroménagère, Erst kommt das Fressen, une place de théâtre achetée via l'internet la nuit précédente à une heure inavouable, une carte, une référence, une pièce d'identité, plus besoin de file d'attente à heures fixes à un guichet.

 

Puis je me suis glissée dans ce grand lieu d'étude, contrôle des sacs et des métaux, vestiaire réglementaire, carte magnétique d'accès, connexion internet filaire, casque aux oreilles pour regarder le document filmé demandé. Rien de tout ça n'existait dans mon temps d'enfant, où bien au pentagone ou autres lieux stratégiques. À présent n'importe qui peut avoir accès à des zones d'accès très contrôlées.

De retour après un trajet payé par le forfait de mon pass navigo, j'ai réchauffé quelques spaghetti au four micro-ondes, envoyé un SMS (un autre avant, du RER), en ai reçu un, écouté au casque sans rien qui ressemble à un disque, de sur l'ordinateur directement, un chanteur dont la mort, décidément, ne s'imprime pas pour moi. 

Il fait fort nuit pour poursuivre encore l'énumération et j'ai piscine demain, il n'empêche : à part me doucher, m'habiller, manger certaines choses simples, et lire encore en papier, peu de ce que j'ai fait aujourd'hui aurait été possible pour un adulte de mon âge au temps de mes cinq à quinze ans.

Or j'ai aimé ma journée. N'y manquait qu'une part d'amour, pour tout le reste elle fut intéressante, efficace, lumineuse, profitable au travail engagé.

La vie moderne est bourrée de contradictions, truffée d'absurdités, assez risquée pour nos santés, mais moins qu'une guerre déclarée. Il n'en demeure pas moins qu'elle a rendu nos existences bien plus fortes et vivantes, et libérées de certaines vaines contraintes. Je ne dois pas encore être trop vieille qui sais encore savourer les chances qu'elle sait nous donner. Mais juste assez sage d'âge pour savoir discerner le bon usage de l'emballement.

Pour le téléphone, le précédent en panne, je crois que je vais quand même tenter de le faire réparer. Je viens trop loin d'un temps où il ne fallait pas gâcher. 

 

 

 

(1) "Décor Lafayette", Anne Savelli (éditions Inculte p80)

(2) Je crois même que le deuxième T était alors pour Télégraphe, c'est dire !

(3) On disait ça aussi, être dans le vent. C'était bath.