Présenter Hélène
Métier insolite

Avoir trop tardé

 

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Depuis quelques temps déjà je trie, sauvegarde et supprime mes photos quotidiennes de l'ordinateur afin de désencombrer sa mémoire mais également mettre à jour différents carnets photographiques dont je sais qu'ils me revaudront un jour l'effort de préservation fait.

Il se trouve qu'au premier signe de faiblesse un peu étrange de mon téléfonino, dimanche dernier, j'ai sauvegardé également tout ce que j'ai pu comme photos du téléphone. Je l'avais fait mais de la même façon malencontreusement erratique avec laquelle je pratique pour répondre à mes mails : tout dépend en fait de mon état physique quand je rentre au soir et de l'heure plus ou moins tardive. Si le sommeil daigne me laisser un sursis je les sauve au jour le jour, et réponds aux messages aussi. En revanche il est fréquent, surtout aux soirs de librairie qu'il me rattrape sans coup férir et il peut alors se passer des jours avant que je ne refasse le retard.

Cette fois-ci, remettre à un moment d'énergie et de temps disponible n'a pas été possible, il fallait faire vite. J'ai cru en avoir perdu certaines, les avais, par vieux réflexe d'informaticienne heureusement stockées sur la carte mémoire de mon téléphone que le nouveau, choisi compatible, m'a donc permis de sauver. 

Aujourd'hui je remonte donc à nouveau le courant du temps qui passe pour les glisser sur un disque dur externe et sur flickr, en profiter également pour trier. Certaines photos du téléphone en tant que telles n'en sont pas mais s'apparentent en fait à de la prise de notes. Il est devenu plus simple de prendre en photo les horaires de la piscine que de les noter ligne à ligne. Ces dernières ne méritent généralement pas d'être conservées au delà de l'usage concret qui les nécessitait. 

Il en existe également d'un caractère intermédiaire : celle-ci qui date d'un samedi de juin en est l'exemple type. Je n'ai pas pris ces deux garçons, dont une ressemblance faisait à mes yeux des frères ou de proches cousins, pour l'agrément de leur allure - encore que le mouvement du même pas soit assez amusant -, mais pour accrocher leur souvenir dans ma mémoire : il était 15h44 je me rendais au cours de danse, ils m'avaient dépassée en prononçant certaines paroles qui m'avaient fait sourire. La plupart du temps il me suffit de prendre une image au même moment (1) pour que celles-ci me reviennent.

Seulement voilà, huit mois cette fois se sont écoulés entre saisir le cliché et le retrouver. Et à présent j'ignore tout des propos échangés.

Voilà donc une : Photo de deux garçons qui m'ont fait sourire un samedi aux Grands Boulevards mais je ne sais plus pourquoi parce que j'ai trop tardé.

 

(1) Pas nécessairement des personnes concernées,  un détail des lieux peut suffire.

PS : À la réflexion je crois me rappeler que ce qui était amusant c'était que le petit apprenait au plus âgé un précepte de sagesse comme s'il était beaucoup plus expérimenté. Ne revient pas en revanche le souvenir de ce dont il s'agissait.

 

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