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Pierre Richard élégant

 

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Petite, je n'aimais pas les films avec Louis de Funès, ce comique bavard et énervé qui faisait le clou des dimanche soir populaires à la télé. Sans doute à cause de l'anémie que je subissais et qui rend(ait) ma tension basse, le côté "hyper-speed" m'épuisait rien qu'à regarder. Et puis le peu que j'en avais vu je trouvais l'humour lourd. Et fait par les hommes pour les hommes, un peu comme Benny Hill qui me laissait non seulement de marbre mais ne comprenant pas ce qu'il pouvait bien y avoir de drôle - bon d'accord, la dame elle a de gros nichons, et donc ? -. Du coup je me suis tenue à distance de tout ce qui était dans la catégorie "Humour franchouillard français" fors de rares sorties en bandes au ciné pour lesquelles je m'abstenais de jouer les troubles-fêtes avec ce snobisme qu'on me reprochait déjà (1). Me faisaient rire les burlesques muets, les comédies à l'Italienne, Tati (ah, Tati ...), Bourvil et Fernandel. Mais pas tous ces bavards excités.

Donc Pierre Richard, je ne le connais que par extraits interposés, vus dans des rétrospectives ici ou là, des documentaires, mais rien d'entier.

Pour autant, le même au théâtre dans un monologue où il retrace et rejoue quelques belles anecdotes de ses jeunes années, avec une tendre philosophie qu'on aimerait tous acquérir d'âge, m'a ravie. Le spectacle n'est pas parfait : la longueur d'une reconstitution de théâtre Shakespearien en plein air déséquilibre un peu l'ensemble, mais il est drôle, attachant et interprété avec l'aisance inimitable des vieux briscards. Quelques extraits des films habilement glissés permettent aux jeunes générations ou aux ignares dans mon genre de suivre. Cela dit, les films de Pierre Richard époque comique, c'est un peu comme les chansons de Johnny Halliday, rien qu'en vivant en France en leur temps, par capilarité, on choppait des bribes. 

Par un de ces jeux d'autos tamponneuses dont l'air du temps a le secret, il se trouve que Depardieu en fuite dont il n'est que trop question partout en ce moment, comme du héros lamentable d'un mauvais Tintin (j'attends qu'on nous l'annonce en Bordurie), donne un étrange relief au spectacle de son ancien compère. Des phrases de celui-ci écrites forcément avant, prennent un double sens quasiment prophétique, les réactions du public s'en trouvent différentes, à n'en pas douter. Un supplément de frémissements, des rires en plus grand. C'est une expérience intéressante que d'assister à cette forme étrange d'influence du dehors.

Si d'aventure un Pierre Richard IV se trouve mis en scène, je m'efforcerai d'y aller. J'étais bien plus en forme en quittant le théâtre qu'en y arrivant. Rire est le plus beau des produits dopants (2). 

 

(1) Et encore, je n'avais pas découvert Tarkovski en ce temps-là.  

(2) Après faire l'amour ?

 

[source photo : le site du théâtre ; origine des livres aux pieds de l'artiste : une librairie que je connais bien]


366 - Aujourd'hui : Que deviendra cet enfant plus tard ?

 

Je me pose la question chaque fois que je croise l'enfant. Elle est née là où il faut pour qu'on lui laisse le choix et qu'on ait les moyens de suivre si ceux-si s'avèrent coûteux en mise en route. Par exemple j'étais déterminée à ne pas reproduire l'erreur calamiteuse de mes parents à mon égard, et permettre à mes enfants de faire ce qu'ils voudraient. Mais force est de constater alors qu'ils abordent les années d'étudiants ou sont dedans, que la marge de manœuvre est devenue très étroite avec des fins de mois qui ne permettraient pas de financer quoi que ce soit d'un peu onéreux - mais des revenus qui empêchent toutefois de prétendre à une aide -.

La petite à laquelle je pense est pourvue d'une famille qui n'est sans doute pas riche mais pas désargentée. Ça devrait aller.

Elle est née exceptionnellement vive, et douée d'une maîtrise de ses mouvements assez exceptionnelle. Gymnaste ? Danseuse ? Nageuse de niveau international ? Si elle s'avère en plus équipée de ténacité, elle aura l'embarras du choix et fera probablement partie de ces personnes incroyables qui parviennent à concilier des études difficiles et le sport de haut niveau. 

La vie peut aussi faire d'épouvantables croche-pieds, je connais une jeune musicienne à qui l'adolescence a fait lâcher prise, que la force nécessaire à l'entraînement quotidien a (pour l'instant) abandonnée.

Et on ne sait jamais de quoi l'instant suivant sera fait.

En attendant, il y a une petite fille prometteuse qui me fait me poser la question, pour le meilleur, chaque fois que nous nous croisons.


Flâner sur les Grands Boulevards ça n'est plus comme avant

 

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Un mois (deux ?) que les Grands Boulevards sont à double-sens et je ne m'y fais pas. 

J'aimais les moments de silence quand les feux étaient au rouge sur deux portions successivement, on pouvait parfois brièvement oublier combien la ville est livrée aux voitures alors qu'on serait si bien sans.

Et puis c'est comme si je n'osais plus y passer en vélo. Il y avait quelque chose de rassurant à savoir que les engins à moteurs allaient tous dans le même sens et pouvaient passer au large pour nous doubler.

D'autres changements se sont faits : comme par exemple ces chaises individuelles en lieu de bancs publics. Je me demande combien de temps s'écoulera avant qu'elles ne disparaissent. Deux amoureux ne peuvent s'y installer, ni non plus quelqu'un s'allonger. Sous couvert de confort, la ville devient plus dure, on dirait.Photo0873


366 - Aujourd'hui acheté

 

Aujourd'hui acheté à contre-cœur une nouvelle souris : la précédente donnait déjà quelques signes de faiblesse. La vie m'a appris que c'était une fausse économie que de "faire durer" un instrument, un outil, un équipement, qui nous sert en permanence dans la vie quotidienne, l'énergie dépensée à pallier à son dysfonctionnement est source de perte de temps, un gâchis. 

Et si je parviens fort bien à me débrouiller avec le merveilleux trackpad du MacBook Air offert l'an passé par les amis, on n'efface pas comme ça plus de 20 ans de mémoire musculaire : je ne parviendrai pas à être aussi rapide avec un autre instrument qu'avec une souris, qui plus est placée dans le prolongement naturel de l'épaule et du bras au lieu de devoir revenir vers le centre à chaque fois.

Signe des temps : j'ai dû l'acheter dans cette grande enseigne de produits culturels, non pas tant qu'elle y fût moins chère que parce que j'en détiens une carte de paiement adossé au crédit que me valait jadis mon salaire de cadre. On en est (déjà) là.

Pour tout ce qui ne relève pas du travail ou du strict nécessaire, il est plutôt agréable de ne plus rien acheter, zéro perte de temps, user ce qu'on a, toutes les sollicitations directement à la corbeille, besoin de rien envie de toi (1) (2). Je regrette seulement de ne plus pouvoir rendre visite à ceux que j'aime dès lors qu'ils habitent loin et de n'avoir pas pu honorer une belle invitation à Torino de la part d'un de mes oncles pour toute la petite famille. Le prix du trajet était inenvisageable.

En 2013 il faut absolument que je parvienne à vendre un peu d'écriture, sinon on ne pourra pas mettre des épinards dans le plat. 

Quant au beurre, n'y pensons même pas.

 

366 réels à prise rapide - le projet 
366 réels à prise rapide - les consignes.

 

(1) pour que les moins de vingt ans, n'y échappent pas : lien  #riresardonique

(2) Hé au fait : il se discute ces jours-ci beaucoup de pillules contraceptives sur les réseaux sociaux. Parce que c'est un inconvénient possible de leur usage, il se dit beaucoup que les progestatifs simples entraînent une baise baisse de la libido. C'est sans doute vrai pour certaines femmes. Mais je peux témoigner que c'est parfois ou souvent faux. Leur seul inconvénient systématique est de nécessiter une grande régularité dans leur prise. 


J'ai croisé Audiard (son descendant ? son fantôme ?) à la cafétéria

 

Ce sont deux hommes à l'allure sympathique que j'aurais volontiers qualifiés de pépères si je ne m'étais pas souvenu à temps qu'ils ont peut-être pas franchement plus d'années que moi. C'est l'heure du déjeuner, que je prends aujourd'hui seule, en cours de BNF, à la cafétéria.

Ils se tiennent à la table la plus proche de la mienne, en pleine conversation sur les difficultés de vie des paysans bretons au siècle dernier. Je ne m'en suis pas rendu compte, me crois en train de lire (en fait je lis AUSSI (1)), mais j'écoute leur conversation. Parce qu'elle est intéressante, tout simplement.

L'un d'eux décrit à l'autre l'arrivée à Paris de Bretons démunis, les enfants débrouillards, les parents ne parlant pas ou très peu le français, et certains employeurs qui profitaient de leur méconnaissance de la langue pour les sous-payer. Il ajoute : 

- Et moi, ça ne me fait pas rire.

Son collègue, surpris : - Ce n'est de toutes façons pas drôle. Ça ferait rire qui ?

Et alors le narrateur d'évoquer quelques-uns [des connaissances communes, je présume] dont un en particulier, brillant récent élu socialiste. L'autre semble déçu, mais n'ajoute rien. Alors le premier de conclure : 

- Avec des mecs comme ça à gauche, on n'a pas besoin de l'armée coloniale !

 

J'ai entendu, je vous assure, les huit notes des Tontons.

 

(1) J'ai la sensation que la lecture est devenue pour moi à ce point aussi naturelle qu'une respiration que je suis parfaitement capable d'y consacrer une part de mon cerveau tout en faisant autre chose avec une autre, quasiment en parallèle. Ma limite est la vision.


366 - Aujourd'hui bleu

 

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Bleu comme le sweat shirt de l'homme séduisant que j'ai retrouvé dans cet album photos. Si nous nous étions rencontrés à l'époque - l'album date assez sérieusement - nos vies auraient peut-être changé (ou pas). 

Mais j'étais quelqu'un d'assez gris en ce temps. Il ne m'aurait sans doute pas même regardée. Et, trop admirative, maladivement peu sûre de moi - du fait en fait de la vie grise -, je n'aurais pas osé lui parler.

De toutes façons, tout est trop tard à présent.

 

 

 

366 réels à prise rapide - le projet 
366 réels à prise rapide - les consignes.


366 - résolutions révolutions

Ce début d'année 2013 ne me voit pas d'humeur particulièrement révolutionnaire, même s'il le faudrait car ce monde est plus déséquilibré que jamais.
Tout se passe comme si j'avais atteint un âge où l'on passe le flambeau, obligée de consacrer un temps que l'on ressent plus qu'avant comme compté à la réalisation de quelques projets qui donnent un sens à notre existence (le mien : écrire, témoigner).

Quant aux résolutions, dans la mesure où je vais de mon mieux, même si mon mieux est trop peu, je ne saurais quoi ajouter à mes efforts du jour le jour. 

Tenter de boucler enfin un manuscrit exportable. Ranger l'appartement, combler ce retard crée par les sombres années.

Et puis oui, enfin refaire vraiment l'amour. Mais pour ça il faut être deux et en bonne santé. Ce n'est pas gagné.


PS : J'oubliais l'évidence : finir ces 366 aux énoncés si inégaux. Je n'ai pas pu les faire sur la seule année 2012, trop de fatigue certains soirs et de devoir me dépêcher aux lendemains matins ; sans compter qu'avec les problèmes d'ordinateur que j'avais connus en début d'année, j'avais eu du retard à l'allumage. Donc pour 2013 : combler enfin les trous.

366 réels à prise rapide - le projet 
366 réels à prise rapide - les consignes.


Comme un cadeau de Nouvel An

 

Tu habites la même ville depuis presque un quart de siècle. D'accord, tu bossais la plupart du temps où vaquais à des occupations dans la capitale qu'elle accole. Mais tu as aussi eu des congés maternités pendant lesquels tu arpentais la ville un nouveau-né dans le landau, des jours de solitude, comblés par des chasse-photos. Il aura fallu consentir à cette petite promenade de jour férié, alors qu'un bon livre t'attendait, pour découvrir une rue de la ville en dehors d'elle-même, ou la redécouvrir de l'avoir oubliée.

 

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 Clichy la Garenne, 1er janvier 2013

Si j'étais rentière je serais déjà en train d'écrire le roman (policier) qui s'y passe - ou réalisatrice à la française, déjà à l'attaque du scénario -. Si Léo Malet vivait je l'appellerai, Léo, Léo, fais-y venir Nestor !

Paris est à deux pas. On ne le croirait pas.