La première fois qu'un SMS institutionnel me fait bondir de joie
Mariage pour tous ! (enfin)

Mon étrange vie d'internaute souvent déconnectée

 

Ces jours-ci je m'aperçois de façon particulièrement flagrante de combien ma vie d'internaute est atypique car ... déconnectée.

Le froid n'y est pas pour rien : je rentre du travail d'écrire ou de libraire, et suis souvent trop épuisée pour faire plus que "feuilleter" sur écran quelques articles, histoire de ne pas me sentir entièrement hors du monde. À cause de cette souffrance d'enfance qu'il y avait pour quelqu'un comme moi de se sentir aux lisières, de percevoir que plein de choses se passaient hors du quotidien gris sans qu'on puisse y accéder, j'éprouve hors des débuts d'amour (pour autant qu'il m'en souvienne) le besoin de suivre ce qui se passe ailleurs sur la planète. Peut-être aussi pour vérifier qu'elle et moi existons.

Au delà des infos générales, nous disposons actuellement de tout le nécessaire pour communiquer les uns avec les autres. Mais voilà je m'aperçois que j'ai quitté un job à l' "Usine" qui me coupait de ceux-ci - surtout les dernières années avec la cheftaine qui nous interdisait jusqu'à l'usage de nos messageries - pour un autre travail qui me laisse "en-dehors" aussi, à part aux jours désespérants sans clientèle. Je ne souffre pas d'être non connectée quand j'y suis : active et heureuse dans ce que je fais, je n'en éprouve pas le besoin (1). Tout le contraire de l'emploi de bureau que j'occupais dans cette vie antérieure qui n'en était presque pas une : rivée à l'ordinateur mais sans pouvoir rien faire de ce qu'il est intéressant d'y faire. Autant dire un summum de frustration.

Il y a donc les jours de librairie durant lesquels je peux être connectée un peu, par bouffées, et encore pas à tout, ou pas du tout si nous étions du début à la fin sur le pont. Ce n'est jamais prévisible. Je crois d'ailleurs que j'aime ça. Ne jamais savoir au moment de partir de quoi le temps de travail sera exactement tissé. 

Il y a par ailleurs les jours de BNF, pendant lesquels je me consacre à ce que je suis venue y faire : écrire ou m'instruire et viens sur twitter ou facebook lors de mes pauses. Ces jours-là je peux généralement (2) lire à ma guise mes messages, mais de façon assez peu pratique en envoyer - mon outil de messagerie n'est pas paramétré pour être compatible avec la connection éventuellement disponible et la messagerie native d'orange reste vraiment mal-aisée d'utilisation. Téléphoner est compliqué il faut ressortir des salles de lecture et les zones de distributeurs à café les plus proches, où l'on peut parler à voix haute, ne le sont pas toujours tant que ça.

Quant aux week-ends, ils ne se passent que partiellement devant l'écran, c'est l'heure des sports, de la famille (sans doute trop peu), de la maison (un peu aussi) et du sommeil à toute heure (trop). De faire un peu aussi la fête, voire même de militer. Je mène ces dernières années une vie intense et riche, je ne m'en plains pas.

S'ajoute à cet ensemble le fait que je ne possède pas de téléphone à tout faire, le mien permet d'appeler, d'envoyer des SMS, prendre des photos, mais pour l'internet il autorise assez difficilement la consultation - sauf pour les mails, mais il est difficile d'y répondre, c'est biscornu -. Je peux saisir et balancer un touite, ou un statut FB mais lire mon mur, ou ma TL est malaisé.

Au bout du compte ça fait de moi pour quelqu'un de très versée dans l'internet, quelqu'un qui, du moins en saison froide, n'y est que peu.

Vivement le printemps que je puisse retrouver du temps d'ordi vespéral et enfin les amis !

 

(1) Sauf préoccupation particulière pour quelqu'un, nouvelles attendues, inquiétude spécifique.

(2) Il n'y a qu'une connexion filaire pour deux postes, et parfois c'est l'autre personne qui l'a.

 

 

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