J'en tiens un ! (d'exemple)
Eurêka !

Honte et naïveté

 

Il se trouve que je ne partage en rien les valeurs et la façon de percevoir le monde du président de la république précédent. Afin de les servir ses équipes et lui auront appliqué à fond à fond à fond la tactique bien connue de diviser pour règner. Sur fond de crise économique (a-t-elle jamais vraiment cessée depuis 1973 celle-là ?) c'est une technique gagnante : ceux qui ne s'en sortent pas et ils sont nombreux peuvent se réconforter en rejetant la faute sur quelques boucs émissaires, il est si bon d'avoir droit à une détestation dûment encouragée par les autorités.

Pendant les cinq ans qu'ont duré sa présidence, il ne se passait pas une semaine sans que je n'éprouve avec force un sentiment de honte : en notre nom de citoyens de ce pays on faisait, on proclamait, on décidait n'importe quoi et dans une atmosphère d'agitation permanente - le président fait ci, le président fait ça -. À mes yeux, du grand guignol. 

Je savais que son successeur ne me conviendrait pas, mais qu'il y avait de bonnes chances pour qu'il n'entreprenne rien dont on éprouve le besoin de s'excuser auprès des amis ou de la famille qu'on a à l'étranger. La conjoncture étant défavorable et le vent de haine levé suffisamment fort, je suis persuadée que nous n'avons que cinq ans et d'ailleurs bientôt seulement quatre, de répit avant pire. Et que le pire - ces droites populistes à la limite de l'extrême - restera possible un peu partout en Europe pendant une à deux décennies, le temps nécessaire à des générations d'origines toutes variées de prendre leur tour de gouverner.

Je m'étais crue dispensée de honte au moins pour quelques temps. 

C'est raté. 

Quand je vois le nombre de français rétrogrades et pour certains d'entre eux haineux et fiers de l'être, perclus de préjugés comme je croyais qu'on n'en avait plus depuis le début du sièce dernier, j'ai ré-endossé ce même sentiment. S'ils vous plaît, ma famille, mes amis lointains ne croyez pas que là où je vis tout le monde pense comme ça, ceux qui refusent aux autres un droit ne sont pas majoritaires, c'est une crispation de panique devant un monde qui évolue vers le mieux, ça ne durera pas, je vous en prie pardon.

Ça fait mal, pas autant que ce que ressentent probablement ceux qui sont directement menacés, mais ça fait mal : j'avais cette illusion que si une chose avait évoluée dans le bon sens depuis que la planète toute entière était la proie du capitalisme effréné, c'était ce qui concernait les mœurs, une plus grande tolérance enfin, une diminution des discriminations (sinon les mêmes droits pour tous, mais au moins on s'en rapprochait). Et puis là, avec toutes ces paroles de rejet libérées (et que les médias classiques relaient avec quelque chose que je ressens comme de la complaisance, non ?), c'est comme de redégringoler tout en bas d'un mont dont on croyait avoir atteint un col.

Quelle claque !

Guy Birenbaum l'exprime mieux que moi : 

Tristesse pour tous

Mais ça n'est pas grand-chose par rapport à ce que revivent les principaux intéressés, des souvenirs douloureux qu'ils croyaient pouvoir vouer peu à peu à l'oubli, mais non, rien ne va mieux, les générations se renouvellent pour exprimer haine ou, au moins pire, mépris

Je vous hais chez James et les hologrammes

 

Et comme souvent c'est chez Matoo que l'on trouve une forme de synthèse, l'esprit fédérateur (très beau commentaire d'Olivier, comment fait-il pour rester calme, à argumenter ?) : 

Homophobie pride

 

Le point positif semble cependant être une forme de prise de conscience de la part des hétéros que je qualifierais de "moyens" comme on disait au siècle dernier "les français moyens" et qui alors qu'ils ne se sentaient pas concernés, réagissent au déferlement de haine. J'ai assisté à plusieurs conversations spontanées très encourageantes entre personnes qui il y a quelques années, auraient trouvé "bizarre" une union entre personnes du même sexe, évoluaient lentement vers un "pourquoi pas ?" tolérant et à présent qu'on stigmatise une catégorie de personnes à qui on n'a en fait rien d'autre à reprocher que d'être en minorité dans l'ensemble de la population humaine (1) prennent conscience que Mais après tout ce n'est pas normal qu'ils n'aient pas les mêmes droits.

C'est micro anecdotique, mais moi qui depuis des années étais la seule à reprendre Stéphanot lorsqu'en ligne pour ses jeux il traitait d'autres joueurs de Pédés (et lui : mais je pense pas aux gays quand je dis ça, c'est juste tout le monde qui le dit et moi Oui mais ça devrait même pas exister ou alors sous forme de compliment), j'ai eu la délicate surprise d'entendre son père - jusqu'à présent hétéro tranquillement bienveillant (les homos, pour un hétéros qui aime séduire, c'est de la concurrence en moins), mais de là à défendre quoi que ce soit c'était loin - monter à son tour au créneau en lui disant que ça n'était pas une insulte, que ça commençait à bien faire.

Peut-être qu'une embellie viendra de la réaction aux réactionnaires. Vivement que passe la loi !

 

PS : et pour finir cette citation que Franck Paul a retrouvée à point nommé : 

Le dégoût

PS' : On aura au passage remarqué que dès lors qu'il ne s'agit plus d'héberger des sans-abris pour leur éviter de crever de froid, différentes obédiences de l'église catholiques disposent dans Paris de moult hébergements. À croire que dieu est un adepte du lit sélectif.

(1) Un peu comme le sont les gauchers.

 

 

 

 

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