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Adultes (déjà)

Ce midi, dans une grande surface culturelle qui fait un peu son Darty

 

J'étais de presque mauvaise humeur, enfin ce qui chez moi ressemble le plus à de la mauvaise humeur, un esprit nuageux et découragé ; contrainte parce que j'en ai besoin pour travailler de faire 3 achats techniques dont un cordon qui ne pouvait attendre après vendredi. Or cette fin de mois est calamiteuse comme la précédente alors c'est rageant, à 4 jours près.

Pour autant leur tristesse a transpersé ma brume de fille en plein MPP (1) qui peut encore accroire que deux salaires plus tard la situation va s'arranger (2) : un garçon et une fille qui dans l'attente aux caisses me précédaient. 

Leurs achats étaient d'un sérieux éblouissant : annales de BTS et autre équipement scolaire. Leur ressemblance ne laissait aucun doute, rande sœur et petit frère, un peu plus jeunes que mes propres enfants.

Émanait d'eux une gravité. J'ai pensé deuil récent, maladie qui met en danger. Si je n'avais pas été attendue au travail, et si je n'avais pas craint de paraître intrusive, je leur aurais demandé s'ils avaient besoin d'un coup de main. Entre inconnus en France, ça ne se fait pas.

Sur le plateau de caisse la jeune femme feuilletait un ouvrage de tests de culture générale, d'un air absent et absorbé que je reconnaissais pour l'avoir trop longtemps il y a six et huit ans porté.

Elle a alors reçu un coup de fil. Cette façon de répondre qui dit qu'elle l'attendait. A écouté. Aquiescé. Répondu, Bon on vient directement avec les livres, de toutes façons on n'est pas trop chargés. Rapidement raccroché. Puis elle s'est tournée vers son frère, qui évitait de la regarder, elle lui a dit quelque chose comme C'était maman, ils montent déjà papa, il faut qu'on la rejoigne à l'hôpital. Enfin tu n'es pas obligé. 

Il devait s'agit d'une opération imminente.

Entendre la confirmation d'un pressentiment peut ressembler au direct que sur le ring un boxeur reçoit. J'aurais donné n'importe quoi pour m'être gourée.

Elle venait de tomber adulte, ou bien ces jours derniers. Lui oscillait encore. Pas déjà. Pas prêt. Il a dit, Non, non, je viens, mais je ne crois pas que je vais rester.

Une part de lui déjà vieillie sait qu'il ne saura rien faire du temps ainsi sauvé : il sera nul aux jeux qui d'habitude le voient bon, et ne pourra pas non plus étudier. Si, en désespoir de cause, il regarde la télé il n'en suivra pas une image, elles s'effaceront à mesure de sa mémoire immédiate. Pendant quelques heures une seule chose va compter. Mais le bout vital et encore enfantin de celui qu'il est, l'appelle à se protéger, se tenir en retrait, laisser la première ligne aux ainées. À si peu d'années près il pourrait encore être le petit que l'on confie à quelqu'un le temps d'aller rendre visite ou accompagner l'hospitalisé.

Sa sœur a répondu oui de la tête, ils ont payé, fait ce qu'il fallait - sac à 5 centimes, non merci, ça va aller - puis se sont éclipsés. Le cœur étreint par leur calme et la détresse qu'ils tenaient en respect,  j'ai évité de les suivre du regard.

Comme leur douleur m'était familière ! 

J'ai dû à mon tour me concentrer pour les opérations les plus élémentaires du paiement puis du trajet vers le travail, qui heureusement m'a réchauffée. Le cycle des (mauvais) souvenirs était bel et bien enclenché. Il me tient encore compagnie à l'heure qu'il est.

Aucun des autres clients n'aura perçu quoi que se soit, trop loin pour entendre, ils n'auront vu que deux jeunes que la rentrée rendait trop sages. C'est moi, la vieille, qui ai pleuré. Une larme ou trois. 

 

(1) Pour la définition du MPP consulter La pêche à la baleine 

(2) T'as qu'à croire ! dirait-on dans une publicité.

 


Hé, les gars, j'ai pris du galon !

 

Aujourd'hui le spam (d'une nouvelle adresse d'envoi mais le message est du même canevas), honore le numéro 24682 d'un véritable nom, le mien. Bienvenue à Émilie Lempereur et Alexandre Quentin parmi le club des Zheureux Zélus :

Capture d’écran 2012-09-26 à 09.16.50

Si j'avais du temps de libre, je jouerais bien à un amusement oulipien : attraper les patronymes qu'on m'offre et leur inventer une histoire commune, à pied, à cheval ou en voiture.

Pour l'instant j'ai deux filles Emilie Lempereur et la délicieuse Sandrine Grenadier. Ainsi que deux garçons, le très conformiste Philippe Dupont et le jeune Alexandre Quentin.

Oh que de jolis patronymes vieille France (à part le mien, erreur de casting).

(Si l'exercice de style vous tente, n'hésitez pas !)


366 - Aujourd'hui que faisiez-vous entre 13h et 13h05 ? Que faisiez-vous ? Vous avez un alibi ?

 

Je vous assure que je n'ai pas touché un seul cheveux de Wytejczk, c'est vous qui m'apprenez qu'il lui est arrivé quelque chose. Je sais qu'il m'a traitée dangereusement mal, mais c'était il y a 6 ans, bientôt 7 et je n'ai jamais tenté quoi que ce soit pour me défendre. Il ne s'est sans doute jamais rendu compte du mal qu'il m'avait fait. Ni après lui le Grand Balbeb. Et lui je sais qu'il va à peu près bien je viens d'avoir de ses nouvelles. En fait je ne sais pas désaimer les gens qui ont compté très fort. Même si à un moment donné ils se servent de moi comme d'une variable d'ajustage dans leur vie.

La mienne est belle depuis 3 ans. Ça ne guérit pas du manque physique mais ça calme bien les chagrins. Donc je ne vois pas pourquoi j'irais me remettre dans le dur, pour faire payer à qui que ce soit un sale coup déjà j'ai surmonté et qui après tout aura contribué à me faire changer en mieux ma vie, même si je reste triste pour ce qui s'était passé.

Et puis vous savez, Wytejczk, s'il a rompu notre amitié en disparaissant avec brutalité, c'était je crois parce qu'il avait rencontré Ariane qui est quelqu'un de formidable et que j'admire. Je déplore qu'il ait eu besoin d'unicité, mais je suis parfaitement consciente de ne pas traverser la vie au même niveau qu'elle. 

Je m'efforce de faire toujours au mieux de mes capacités mais par la force des choses elles sont limitées. C'est comme si je venais d'une autre planète un peu ratatinée, moins aérée.

Entre 13h et 13h05 ? Aujourd'hui j'étais dans ma cuisine, à me dépêcher d'écrire ce billet avant de filer travailler comme libraire. J'en ai interrompu l'écriture le temps d'une conversation MSN avec l'homme de la maison, s'accorder sur les courses à faire au soir en rentrant. Je n'en ai plus l'enregistrement mais je suppose qu'elle est encore lisible quelque part et que ma connexion via mon opérateur peut être sourcée. Mon patron pourra attester que j'étais à l'heure au travail, j'ai vraiment quitté la maison à peine mon billet édité.

 

Ce billet est une participation aux :

366 réels à prise rapide - le projet 
366 réels à prise rapide - les consignes.


Les bizarreries de ma rentrée

today, in my beloved Clichy

 

N'ayant eu de réelles vacances que le festival de La Rochelle (1), et un week-end normand avec une fin d'été dont la borne prévue a été annulée, j'ai ressenti ce matin comme un parfum de rentrée ; juqu'alors il m'avait échappé. Difficile de rentrer lorsqu'on n'est pas (vraiment) sortis.

C'était la reprise de l'entraînement de natation. Celui-ci, en club, suit un rythme scolaire avec ce décalage à l'allumage le temps d'absorber le flux des nouvelles inscriptions.

Une période de travaux puis un souci d'économie - une carte à renouveler si j'avais voulu y aller - m'avaient écartée des bassins pendant tous l'été. Trois bains de mer n'avaient rien assouvi. Et l'absence des hommes se fait plus cruellement sentir dans les périodes sans nager. Le corps a besoin d'être carressé. 

J'étais donc impatiente de retrouver l'eau et cette forme d'effort physique qui ne coûte pas au dos.

Depuis plusieurs années nous étions le même petit groupe de nageurs motivés : six réguliers et deux plus occasionnels. Parfois des nouveaux passaient qui duraient peu. L'effort du lever matinal, la course ensuite pour aller travailler en refroidissent plus d'un. Et le dur de l'hiver demande une inébranlable volonté.

Mais voilà que cette année nous démarrons à plus de douze dont seulement trois anciens - en m'y incluant -, à moyenne d'âge beaucoup plus jeune. Fini le luxe délicieux d'avoir une ligne chacun. Nous y voilà à deux ou trois. Des meilleurs, très utiles pour étalonner notre effort, ne reste plus qu'une personne. Quant à l'élément moteur du groupe, un homme énergique, nageur vigoureux et d'un tempéramment rassembleur, j'apprends qu'il est pour plusieurs mois au Kosovo.

Je suis curieuse de voir ce que ça donnera dans quelques mois.

 

Au retour j'ai pu constater que la panne particulière de notre ascenseur s'était volatilisée ; j'imagine non sans intervention extérieure mais comme je n'étais pas sortie entre la veille midi, et ce matin tôt, descendant alors à pied, j'ai eu ce sentiment : que tout s'était arrangé spontanément. 

Le gag c'est qu'au bout d'un mois passé à appuyer sur le bouton de l'étage inférieur alors qu'on veut rentrer, le pli est pris. J'ai donc failli tenter d'ouvrir la porte de mes voisins du dessous. 

Il faudra faire un effort de retour à la normalité.

 

La rentrée semble si bien partie pour être singulière que je me demande à présent ce que va me réserver la journée de travail. Rêvons d'une bonne surprise, ça n'est pas interdit.

 

(1) J'ai conscience que le "ne ... que" est injustement réducteur. Un festival de cette qualité constitue un beau voyage. Mais il est relativement bref (10 jours), très studieux et surtout ... déjà loin. 

 


Quelle est cette usine ?

 

Photo0752_250912_0705

 

Un moment qu'elle m'intrigue cette usine située à Clichy la Garenne entre le passage du Puits Bertin et la rue Petit

Rien n'est vraiment marqué nulle part, il y a seulement un sigle qui ressemble au bouton On/Off des ordis, des bâtiments imposants et fort sécurisés, et ces sortes de tuyaux dans le hall d'accueil en décoration et qui m'évoquent irrésistiblement la production de l'usine de l'oncle dans Mon Oncle, dont monsieur Hulot fera des saucisses.

Est-ce que l'un de vous qui passez saurait quelle est cette usine ?

 

[photo prise avec le téléfonino sous la pluie, en filant vers la piscine dont la station vélib était saturée]


Dans la compagnie raffinée de Sandrine Grenadier

Les spams s'organisent. Ce matin dans un notable mouvement de coordination, je reçois ce qui suit : 

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Escorté, douze minutes plus tard par un 

 

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Et les envoyeurs ne sont, du moins en apparence, pas les mêmes.

 

Mais bon, voilà, j'habite tout contre Paris, j'ai égaré mon permis quelque part dans l'appartement car l'homme de la maison avait jugé bon de l'ôter du portefeuille où l'on range les papiers de la voiture, je n'ai plus vraiment l'usage d'un véhicule personnel fors peut-être un vélo, je ne suis donc en rien bonne cliente pour ces spams.

Belle tentative, mais c'est raté !

J'attends néanmoins de pied ferme le spam de l'assureur - sinon je serais déçue -.


PS : Philippe Dupont a tout du patronyme générique. En revanche Sandrine Grenadier correspond peut-être à quelqu'un. Je me demande, amusée, si elle a reçu le même message avec mon nom à côté du sien.

Je me demande aussi quel achat a diable pu bien me faire enregistrer sous le doux identifiant de "client 24682".

 


Il me reste un peu de temps

 

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Il me reste un peu de temps avant de prendre le train qui va me ramener vers Paris, vers les miens. 

[photo : 09:25 ; train 10:11]

J'en profite pour écrire à quatre amis parmi les plus chers : mes déplacements se font rares, c'est l'occasion d'accorder une petite attention que dans le flux du quotidien on prend trop rarement le temps d'exprimer.

J'avais aussi, bien sûr emporté, un manuscrit dans l'espoir que je savais vain, sauf rendez-vous manqué(s), d'y travailler. Mon appareil photo me suggère d'en garder trace, de ne pas perdre de vue que j'y avais songé.

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Le rêve amoureux et le joli parvis

 

P9249569Sans doute émoustillée par l'heureux week-end même si rien de l'amour n'y était, sans doute une combinaison du manque physique et de l'heureuse détente du corps (l'exercice de l'escalade m'a aussi fait du bien), j'ai fait un rêve amoureux délicieux, dans lequel tu m'embrassais en m'assurant que si ça pouvait fonctionner à nouveau ça ne serait qu'avec moi. Ils sont si rares mes rêves heureux, à peine moins que le faire l'amour, que je m'empresse de le noter, sans être tout à fait réveillée. 

 Je prends également le parvis en photo, que j'admire de ma chambre d'hôtel solitaire. Comme pour retenir le rêve, l'accrocher au concret. 

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Délice des dieux (Laphroaig presque single cask 1999)

 

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Nicolas ayant décidé de me faire passer un dimanche de rêve, nous le concluons sur une lampée de Laphroaig 1999 presque single cask (700046 et 700049) filtré à froid, 12 ans d'âge.


No comment. Just happiness.


(au delà du bonheur de l'amateure comblée, ce plaisir qu'il y a, cette détente profonde, à être bien traitée)

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L'essai de l'escalade

 

P9239548_2Grâce à Nicolas B. enthousiaste néo-converti, je m'essaie pour la première fois en ce dimanche lillois à l'escalade (sur mur, en salle).

C'est intéressant. La pratique de la danse m'aide. Et d'avoir de par la librairie des muscles dans les bras. En revanche d'avoir oublié l'amour rend mon corps moins délié, et d'avoir copieusement festoyé la veille au soir n'est pas favorable aux activités sportives matinales d'un corps de bientôt 50. Encore que.

J'apprends en les rendant que les chaussons d'escalade se portent pieds nus (j'étais avec mes chaussettes sportives fines).

Et je dois capituler parce qu'au bout d'un moment mon bras droit ne m'obéit plus, comme s'il s'avait l'effort qui après la saisie de l'attache allait lui être demandé et qu'il le savait d'avance insurmontable.

J'aurais préféré être à Bruxelles en amoureux (je veux dire : avec le), mais la bonne compagnie et l'attrait de la nouveauté me consolent correctement. J'ai beaucoup aimé qu'on me convie à une activité. L'homme de la maison ne m'a jamais rien proposé qui ne fût pour moi de l'ordre d'une obligation (familiale ou en rapport avec sa pétanque), jamais rien d'intéressant, jamais rien de nouveau. En fait c'est peut-être la première fois qu'un dimanche un homme (qu'il soit mon amoureux ou en l'occurrence pas) me dise "Est-ce que ça te plairait de [...] ?" et me propose quelque chose dans l'idée de me divertir (et m'instruire en même temps). Jusqu'à présent seules des amies ont parfois eu ce souci-là. Ou l'ami "Oh" lorsqu'il a des surplus de places de concert, mais auquel cas je rends aussi un peu service.
Alors j'apprécie infiniment de me laisser prendre en charge vers de nouvelles aventures.

À l'occasion je regoûterai avec plaisir à cette activité.

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