De Paris la beauté
Jour de congé #2 - The Full Monty (Hé les copains, j'ai une idée)

Jour de congé #1 - And here's to you Mrs Robinson

 

Alors voilà, depuis l'écriture, et plus encore depuis la combinaison {écriture, librairie}, et à part aux jours que le sommeil capture ou les petites maladies, je suis toujours en train d'écrire, lire ou travailler - pas assez m'occuper de la maison, il faudrait, et pas assez faire, non ... rien -. 

Plus encore depuis que l'accès à la BNF m'a été accordé, et avec lui des conditions d'études et d'écriture comme je n'aurais jamais osé en rêver. 

Alors oui, c'est plus fort que moi, c'est comme si un jour perdu était inadmissible, une course contre la montre du travail qui doit être fait alors que j'ai commencé trop tard dans une vie que je ne sais pas imaginer plus longue que ce qu'elle n'est déjà.

Ce n'est pas très malin : on ne peut pas travailler tout le temps quand bien même le travail qu'on fait est celui qui nous va, un travail de passion, un autre où l'on se sent utile, et pour partie un travail que des tas d'autres personnes accomplissent en loisir, il faut aussi des pauses pour le corps et l'esprit.

La fermeture annuelle de la BNF vient à point pour m'y obliger. 

Et je n'ai effectivement pas la force d'autre chose, l'été a été redoutablement sérieux, professionnel, studieux.

Alors je rattrape mon retard, tranquillement, de courriers écrans ou papier, et lecture des blogs que j'aimerais suivre au quotidien sans jamais y parvenir.

C'est ainsi que je n'ai lu qu'aujourd'hui ce billet du Roncier : 

MICHELLE

Au départ j'ai lancé la vidéo, tout en lisant, puis je suis allée voir un mail qu'on m'envoyait, suis allée répondre à un petit mot sur MSN - ça arrive encore -, puis ...

puis rien

ou plutôt si, quelque chose : la video elle-même et rien d'autre 

 

 

 

 

 

Pour la première fois de ma vie, en écoutant un discours politique j'ai pleuré. Pas simplement les larmes aux yeux, comme savent nous faire venir les grands orateurs. Pleurer à vider le paquet de mouchoirs (option papier) ou en mettre au lavage un ou deux (option tissus).

Je suis pourtant trop vieille pour être dupe et je sais que le rêve américain, fondé sur le socle du capitalisme, ou l'inverse, lequel ne fonctionne qu'en "toujours plus" alors que cette planète qui nous héberge a un besoin urgent de "abimer moins", et qu'il faudrait très vite aller vers des systèmes économiques de recherche de préservation d'équilibres plutôt que d'expansion, nous met tous en danger. C'est un mirage.

Je n'ai d'ailleurs plus guère d'illusions politiques, simplement une peur du pire, ces hommes rétrogrades et qui s'appuient sur le rejet de l'autre ou plus dangereux, sur la croyance en un dieu. Et d'ailleurs le God bless America et ce genre de mantras ne font pas sens pour moi. Pour autant, la dame qui prend ici la parole le fait avec une telle force de conviction calme, un état de grâce, une distinction, une qualité d'humanité, que pour peu qu'on ait l'âme sensible, et que l'on sache de quoi elle parle - quand elle évoque les difficultés d'un quotidien laborieux -, elle est irrésistible. Démagogie ? Inévitablement ; il s'agit bien d'un exercice électoral.

Seulement elle nous donne envie d'y croire et y atteint une perfection. L'écouter m'a redonné courage.

  

Pour un peu, elle nous ferait même croire en l'amour.

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