Une scène vue de l'année passée
Un avantage certain

Radio réveil and some bad news

Au fil  du temps

 

Longtemps je me suis réveillée de bonne heure et par la grâce du radio-réveil. Nous étions jeunes et beaux (si, si), les radios libres pas encore enfermées dans leur rôle commercial, de la vraie musique du moment qui était celle de nos vingt ans. 

C'est venu assez vite qu'elles disparaissent ou divergent, deviennent des machines à fournir du temps de cerveau disponible pour Coca-cola. Mais l'appareil était vaillant, alors nous sommes restés callés sur NRJ. 

À l'époque où par écœurement publicitaire je suis passée à France Inter, que j'écoutais au petit-déjeuner fort assidûment, nous avons laissé NRJ nous réveiller : les émissions étaient devenues si stupides que l'agacement nous tirait efficacement du lit quand si je mettais Inter je restais à écouter (et France Cul n'en parlons pas, délicieusement bercée par des propos intelligents, je me rendormais).

Il n'y avait pas encore l'internet pour nous prévenir des dangers de défection métropolitaine qui nous guettaient. Écouter un ou deux flashs d'infos avant de décoller n'était pas un luxe.

Puis j'ai changé de métier. Se lever n'était plus si pénible. J'ai cessé d'écouter une radio éprouvante, non sans me demander si lorsque j'étais jeune j'étais aussi débile que le public auquel visiblement désormais elle considérait de s'adresser.

L'internet et des emplois devenus raisonnables nous ont rendus moins stressés sur nos heures d'arrivées, savoir si la ligne 13  fonctionne n'est plus une priorité. Et puis je peux toujours prendre un vélib. Ou le train, puisque les enfants, grands, n'ont plus besoin que je les escorte près du métro, à l'école.

 

Entre temps, et parce que Martin Winckler, dont les chroniques matinales, mon fils et moi nous régalaient, n'y avait pas été correctement traité, j'avais laissé tomber d'écouter Inter. France Culture me convenait. 

C'est la radio qui me réveille désormais. 

Enfin quand elle le fait. Car certains matins certaines voix ont le pouvoir de me rendormir d'une façon formidable. C'est le cas, ces jours-ci de Michel Onfray. 

Ce matin, j'étais heureuse, je croyais être parvenue à résister, j'avais même compris ce qu'il expliquait. Mais je me suis rendormie vers la fin.

C'est la voix d'un autre chroniqueur, vingt minutes plus tard, qui m'a réveillée, cette fois en cran d'arrêt.

Elle annonçait hélas le décès de Roland Wagner que je n'avais fait que brièvement croiser mais suffisamment pour regretter de n'avoir pas pris le temps de davantage de lecture ou de discuter. Ses proches et ses potes doivent être fort tristes.

J'hésite à me contenter du réveil du téléphone pour les jours à venir.

 

Par ceux qui l'ont connu :

chez Laurent Kloetzer

chez Fabrice Colin   (blog que je lis régulièrement, mais voilà, hier peu lectrice et donc c'est par la radio que j'ai appris la nouvelle ; j'eusse préféré le billet)

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