QCDSM #1
Les temps changent (et ça peut être très bien) #JO

De quoi l'humanité va-t-elle crever en premier ? (billet joyeux du dimanche matin)

  • Les grandes religions monothéistes (et sans doute d'autres aussi) n'ayant pas changé un iota de leur mantra "croissez et multipliez", le capitalisme étant un système économique qui ne tient que dans un "toujours plus" effréné, l'humanité est en train de bousiller la planète sur laquelle elle est hébergée, dont les ressources sont limitées.

    On en a pris conscience depuis un moment, mais entre impuissance individuelle - à part en se gardant d'avoir trop d'enfants -, fatalisme et urgences du moment, nous nous sommes collectivement longtemps dit qu'on verrait plus tard, qu'on trouverait des solutions, qu'on ramasserait quelques miracles. Mais voilà que l'échéance se rapproche (1), et que si j'ai une bonne chance de mourir de ma vraie mort personnelle avant, et sans doute mes enfants - puisque nés au siècle dernier - il n'en est pas de même d'éventuels petits-enfants. Voilà qui rend soudain le péril concret.
  • La guerre froide aura été une forme glaçante de succès : pas de grand conflit mondial depuis 1945, des guerres toujours, beaucoup, meurtrières, mais localisées. Reste qu'ici, là, ailleurs, presque partout, dort un arsenal nucléaire qui tel un vieux volcan pourra entrer en activité soudainement. Les prétextes ne manquent pas, il peut suffire d'un dirigeant qui fond un fusible, se prend pour un émissaire de son dieu et par réactions en chaîne d'alliances et de ripostes, on peut se retrouver comme dix mille Hiroshima.

 

 

En arrière-plan une tendance qui pourrait presque faire sourire mais qu'on paiera plus tard : les cerveaux les plus puissants, ceux pourvus des meilleures capacités de travail s'orientent du moins en occident, vers droit et commerce, quand les mêmes quelques décennies plus tôt se seraient jetés dans la recherche scientifique. Des mathématiciens de haut niveau ont cédé aux rémunératrices sirènes de la modélisation financière, alimentant d'outils les dérives les plus délirantes des traders les plus fous.

En corollaires, certaines malversations qui mettent en péril le bien commun et ne sont pas pour rien dans les effondrements en cours ou prévus deviennent si techniques que malgré leur ampleur elles sont peu perceptibles du grand public. Qui se rend vraiment compte que celui qui lui porte le plus préjudice n'est pas le cambrioleur qui l'a dévalisé récemment d'une partie de ses biens concrets (et dont des politiciens en quête de voix auront tôt fait de souligner qu'il vient d'ailleurs) mais cette équipe de banquiers londoniens qui a tripoté un taux dont on ne comprend pas très bien à quoi il sert quand on n'a d'épargne que sur un livret A au contenu anémique (5) ?

 

Sauf réaction générale déterminée - mais vers quoi et en faveur de qui ? -, nous sommes proches d'une zone de chaos totalitaire et de pénuries. De quoi l'humanité va-t-elle crever en premier ?

Reste que l'internet, tant que son accès reste à peu près libre, est une révolution porteuse d'espoir, on peut se causer, discuter, s'entraider, se révolter plus efficacement que lorsqu'on était chacun seuls dans nos coins.

Et que les efforts scientifiques, s'ils ne sont pas détournés pour des usages répressifs ou de contrôles des vies, peuvent encore ouvrir des voies de survies. La découverte du Boson de Higgs (6), est plus importante et porteuse d'espoir (7), qu'il n'y paraît.

 

(1) "La fin de la planète en 2100" d'Audrey Garric (Le Monde)

(2) cf. entre autre "Solutions locales pour un désordre global" de Coline Serreau, qui est plus large dans son propos 

(3) "La disparition des biens communs cognitifs annonce une société totalitaire" de Jérémie Nestel, lu grâce @Calimaq qui traitait plus précisément des dérives observées à l'occasion des JO de Londres : Comment la propriété intellectuelle a transformé les Jeux olympiques en cauchemar cyberpunk

(4) "Les semences de variété traditionnelles ne peuvent plus être commercialisées" de "JFH avec Pascale Bollekens" (?) pour RTBF Infos

(5) "Les clefs pour comprendre le scandale du Libor" d'Anne Driff (Les Échos)

(6) article de François de Rose (Le Monde), orienté sur le côté volonté politique, mais pour cela intéressant : sans décisions des pouvoirs en présence, la recherche n'aura pas les moyens d'avancer. Est révolu le temps du type qui trouve une loi de la physique parce qu'il faisait la sieste sous un pommier ou de ceux qui complétaient le tableau physique des éléments par des manipulations effectuées dans le hangar près de la maison. 

(7) Rappel : Lire et faire lire ce billet de Florence Porcel qui explique tout bien et en nous faisant sourire. 

Commentaires