Sale coût de la vie
Bientôt une rareté (si ce n'est déjà fait)

Comment j'ai failli être plagiste à l'insu de mon plein gré (mais heureusement j'ai des amis qui sont cultivés)

Non, pas plagiste, plagiaire

 

Tout a commencé avec la constatation qu'il y a vraiment certaines températures, hélas trop peu fréquentes, là où je vis voire là où j'aimerais, qui me vont mieux que d'autres. Ainsi depuis deux jours nous dépassons 25°C et je me sens vive et allègre (1).

Le contraste était si fort avec par exemple l'état amoindri dans lequel je me trouvais vendredi, gris, pull, pluie, que j'en ai éprouvé l'envie d'en faire un court récit, une nouvelle qui mettrait en scène ensemble quelqu'un de normal quant aux températures supportables par son corps sans souci et quelqu'un qui ne l'était pas. 

Inspirée par l'étrange machine que j'ai croisée dans les vestiaires du cours de danse samedi et peu désireuse de raconter ma propre vie, j'ai donc décidé de prendre au casting un personnage qui ne serait bien que lorsqu'il fait froid. Par exemple vers 0°C.

Il se trouve que ma journée était bien remplie, impossible de me jeter sur l'écriture sur le moment, pas même pour poser un hâtif bâti. Je craignais qu'entre ce qui pouvait survenir au cours de celle-ci et ma fatigue potentielle du soir, je laisse filer ma bouffée d'idées. Conséquemment, j'ai donc touité - si en plus ça pouvait inspirer quelqu'un, tant mieux -.

Capture d’écran 2012-07-24 à 22.32.13

Capture d’écran 2012-07-24 à 22.07.22

Ça a effectivement inspiré quelqu'un, mais pas comme je le croyais :

Capture d’écran 2012-07-24 à 22.35.06

et qui ce soir, parce que je ne voyais pas de laquelle il s'agissait, et n'avais pas le temps de chercher, m'a même trouvé son titre, "Cool air", et un article complet à son sujet. 

L'article précise que "Lovecraft himself [...] was abnormally sensitive to cold". C'est sans doute un réflexe logique, lorsqu'on écrit et que le froid nous rend épuisés, de s'inventer un personnage qui au contraire en éprouve la nécessité.

En attendant, si je n'avais pas eu l'idée ou la nécessité de touiter, si par exemple j'avais écrit d'une traite un premier jet, si je n'avais pas eu parmi mes amis quelqu'un de présent et de cultivé, je me serais retrouvée avec un travail qui n'aurait été qu'une sorte de pâle doublure d'un beau boulot (2) fait par un autre 86 ans plus tôt.

Ça tient parfois à si peu de choses. L'idée étant du genre un tantinet farfelue, ne m'avait pas effleuré que je puisse être sur un chemin déjà emprunté.

Bladsurb, grand merci.

 

(1) En vrai pas tout à fait : une part de mon cerveau est à Alep, il serait temps que j'arrête la téléempathie (ou que j'apprenne à maîtriser vraiment).

(2) Je n'imagine pas que Lovecraft fasse quoi que ce soit de mauvais.

Commentaires