Francis et Emmanuel
Vive le sport !

Appelons le, par exemple, Versaillais

Hier soir, on my old computer n-3

 

Sans doute parce que ma vie a repris forme, j'en suis désormais à m'attaquer aux étranges vides sauvages et irréguliers que les états de chocs successifs (2004 puis 2005/2006 puis début 2009 ma libération d'Usine qui fut un heureux événement mais violent) ont laissé. 

Je voudrais avant vieillesse (re)devenir une personne complète, non pas celle que j'étais et qui n'était pas vraiment moi à force de passer des heures dans un environnement forcé (celui du travail), mais celle que j'aurais dû être si l'on m'avait laissé aller vers ce qui me convenait - là où je suis à présent -.


Je tente donc de saisir chaque chance de lever un brin d'amnésie, dans l'espoir que lever celle de petites choses concrètes (un étage d'immeuble, la date d'un premier message ...) fera revenir la mémoire physique qui me manque tant.


Quelqu'un que j'aime m'avait indiqué ces jours-ci qu'il m'avait écrit bien avant ce qui dans mon souvenir constitue notre mail de rencontre. J'ai confiance en lui (1). Je me dis que si je retrouve son message, peut-être que quelque chose d'autre reviendra ; en plus que du plaisir de lire des "premiers pas" en sachant qu'il en est venu, plus tard, quelque chose d'essentiel.


Je parviens sans peine à délimiter une zone de temps possible, retrouver l'ordinateur concerné - les trois derniers auront duré respectivement quatre, deux et trois années -, consulter ce qui peut encore l'être, saisir des traces périphériques, mais pour constater que des messages que j'avais reçus entre début 2006 et le 14 juillet de la même année (un plantage magistral de bécane en cours de réception de messages) il ne me reste rien.


Alors je tente une incursion du côté de sauvegardes partielles de ma messagerie pro de l'époque : ceux que je conservais par prudence pressentant un coup fourré (2), d'autres pour preuve qu'on était content de mon travail (3) et des messages personnels qui avaient transités par la messagerie pro : soit que mon interlocuteur ait utilisé cette adresse et que je l'aie ensuite rappatrié chez moi pour y répondre, soit que j'ai reçu un message personnel trop tard le soir ou juste avant de partir pour le bureau et me le sois fait suivre afin d'y répondre vite en arrivant.


Je n'ai pas retrouvé le message de mon ami. Ni trace d'une éventuelle réponse de ma part.


Mais en passant quelques pépites ont ressurgi. Dont certaines, selon l'humeur, font rire ou terrifient.


Ainsi ce message circulaire pour habituer les salariés de la banque à leur nouveau logo, payé sans doute une fortune à une agence de com. pendant qu'on nous expliquait qu'une augmentation de salaire qui permettrait de suivre celle du coût de la vie, était inenvisageable, voyons.


Appelons-le Crédit Versaillais. C'est la seule chose que j'ai changée.

 

Nouveau logo : ce qu'il faut dire 29/08/05 

                        Comment utiliser le nouveau nom commercial LCV

  

                         Situation

                                         Explication/Exemples

                         L'agence

                                         Crédit Versaillais était un lieu, désormais LCV devient une personne. Il faut donc employer LCV comme un sigle sans penser à sa déclinaison (Le Crédit Versaillais)

 Avant : " Je vais au Crédit Versaillais "

Maintenant : " Je vais chez LCV ", " Je suis chez LCV"," J'ai mon compte chez LCV ", " Mon conseiller LCV "

[...]

Le document continue sur le même ton. Je me souviens qu'une fois de plus je m'étais fait mal voir parce que de cette prose qui nous humiliait, j'avais fait motif de rigolade collective. En ce temps-là, j'étais rieuse.

Ce qui est rassurant c'est que dans la pratique, les gens n'ont pas suivi cette leçon de newspeak, et disent comme avant.

Cette recherche vaine d'un vieux message tendre, n'a donc pas tout à fait constitué une perte d'énergie qui aura permis, grâce au recul qu'offrent les années, cette constatation.

 

 

(1) Ce qui est déjà beaucoup : pendant plusieurs années j'ai dû vivre sans confiance

(2) L'expérience hélas m'a appris que cette précaution n'était pas inutile. Comme c'est triste. 

(3) Le monde de l'entreprise est devenu tel qu'il faut je crois prendre cette précaution systématiquement.

Commentaires