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366 - un air en tête

 

J'ai très souvent, très facilement un air en tête, it's part of my not being fully where I am, never quite sure of the boudaries between plain reality and light fiction, never quite sure whether I think in french, english or italian, never quite sure of anything.

Parfois les airs fredonnants m'attrapent au réveil, souvent de manière incongrue. Il m'est arrivé de boucler une matinée entière sur la ritournelle gluante d'une vieille publicité. Du temps de "l'Usine", il n'était pas rare que je traverse des réunions entières avec l'air dans ma tête plus fort que les paroles ennuyeuses qui s'y échangeaient. Je prenais des notes avec application, seulement c'était comme d'être dans un de ces cafés à la mode où le fond sonore est si pesant qu'il ne permet pas à une tablée de tenir une conversation.

Ce matin c'était simple, émue aux larmes par la scène (ici à 9'23") lors de laquelle la jeune Amanda engueule ce grand couillon de Darcy de n'être pas à la hauteur du personnage de Jane Austen (1),

 

qui commence à 9'23" de cet extrait,

j'ai longtemps eu en tête l'air du générique de la série (que l'on peut entendre à 1'01" du début de l'épisode 1 (che mi piace) ou par ici en version violons sirupeux (que je peine à supporter, comme quoi compte beaucoup l'interprétation qu'on en fait)).

Plus tard dans la journée, la nouvelle de la mort d'Antonio Tabucchi m'a cueillie à froid, j'ignorais sa maladie. Toute musique s'est envolée jusqu'à l'orée de la soirée.

 

(1) Ça m'est arrivé tant de fois avec tant de personnages lorsque j'étais une jeune lectrice. À présent ce sont les auteurs que j'engueule, lorsqu'ils sont contemporains. Les deux actions sont assez inefficace, Amanda, sache-le.

 

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Printemps

Fin d'après-midi, côté sud ouest de l'appartement

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C'est le premier jour de l'année où en trichant un peu (le chauffage, collectif, est encore là) et profitant de ce qu'au soir le soleil donne à plein, je travaille en tee-shirt. 

Délestée du poids des pulls, d'avoir des manches à remonter (elles gênent) puis redescendre (j'ai froid), j'avance plus vite.

Au lieu de devoir fournir de l'énergie pour rester à température d'avoir le sang fluide sans quoi il peine à circuler (1), l'extérieur me fournit un surcroît d'énergie. 

Si seulement on pouvait disposer d'une longue et vraie belle saison, ça aiderait. 

 

(1) C'est sans doute faux d'un point de vue physiologique mais c'est ce qu'en saisons froides je ressens.


366 - super héros - version 2

 

Je suis un super héros ; qui vient d'ailleurs de se le prouver : souhaitant me replonger sans délais dans le délectable "Pride and Prejudice" de Jane Austen (1), je suis parvenue à retrouver ce livre parmi les strates anarchiques qui composent le stockage de livres de mon appartement, où les Billy depuis longtemps débordées sont complétés par les efforts fertiles d'un plancher de chêne qui y reconnaît de lointains cousins victimes de la chirurgie esthétique des humains.

Je me souvenais que ma période Jane Austen datait de la fin des années 80, ce qui commence à faire loin.

Je les ai tous retrouvés, alors que dans un premier temps seul Emma s'était présenté : Persuasion, un deuxième Emma, Northanger Abbey, Juvenilia (l'ai-je jamais lu, celui-là ?), Mansfield Park and last but not least Pride and Prejudice.

Si ce n'est pas de la super-héroïnité, je ne sais pas ce que c'est.

D'autant plus que par la même occasion, j'ai exhumé mon exemplaire historique (2) de People who knock on the door (Patricia Highsmith) acheté en décembre 1983 et qui m'a tenu la main la page dans les moments difficiles à commencer par le fuligineux chagrin d'amour que je ne tenais en ce temps-là, A confederency of dunces (John Kennedy Toole) que je ne sais plus si j'ai entièrement lu, Wuthering Heights (Emily Brontë), un guide des Tartans, qui me manquait cruellement dans ma survie quotidienne, et un mystérieux (3) "How to make love to the same person for the rest of your life ... and still love it", dont je crois que c'est une moquerie ouverte du petit dieu facétieux des livres à mon égard.

Il arrive en effet que les dieux s'amusent à taquiner les super-héros, c'est une façon de leur rappeler qui sont les vrais patrons de la quatrième et des autres dimensions.


*        *        *


"It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune, must be in want of a wife. [...]"

 (et c'est (re)parti, songe la lectrice en se pourléchant les babines looking forward to her reading pleasure car il est parfois bon d'être un super héros retrouveur d'ouvrages que le temps a caché)

*                    *                    *

(1) J'en vois deux qui savent précisément pourquoi

(2) Le croyant égaré définitivement, j'en ai racheté un autre depuis.

(3) D'où sort-il celui-là, avec sa couverture harlequinesque d'une laideur finie, et à l'intérieur ... que de l'écrit, très serré, très sérieux (de ton), tout petit, absolument rien d'un tant soit peu croquignolet.

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366 - super héros - version 1

 

Je ne suis pas un super héros, seulement une Bonne Mascotte, spécialisée littérature avec quelques incursions dans la musique et le cinéma. Qui est pris dans l'écriture, ou s'y sent poussé mais sans parvenir à franchir le pas, ou a connu des périodes fastes mais à présent s'enlise, peut sous certaines conditions qui ne m'appartiennent pas, compter sur mes services.

Les résultats sont parfois spectaculaires. J'ignore comment doser. Le processus une fois enclenché semble irréversible, Wytejczk a d'ailleurs peut-être disparu un peu pour cette raison-là, qui souhaitait rester coursier et non virer écrivain (douloureusement) renommé. Mon carnet d'adresses pourrait sembler somptueux aux yeux d'un fin lettré. Il l'est en forme d'apparences trompeuses : j'ai rencontré les uns et les autres avant leurs premiers succès ou que débute enfin la trop tardive reconnaissance de leur travail.

Le rôle est harassant. Il convient de lire énormément. Il n'est pas sans chagrin : les hommes (hétéros) à peine tirés de la mélasse s'empressent de prendre femme, laquelle non seulement jouira de leur présence mais est prise pour la muse quand je l'ai précédée de mon pouvoir discret. Il semblerait que Bonne Mascotte, tout comme jadis Vestale, condamne à la chasteté.

De plus tel le rôle de "U" dans l'œuvre de Grégoire Solotareff et Serge Élissalde, il abonne à la solitude : une fois la mission accomplie, l'auteur tiré d'affaire, la romancière satellisée sur les orbites du grand succès, on diminue puis disparaît ou presque de la vie du ou de la Mascottée. Ça n'empêche pas de jolies retrouvailles, mais elles tendent vite à s'espacer et se distend le lien, disparaît l'intimité (1).

Enfin, on n'est pas Bonne Mascotte de soi-même. Il semblerait même, si j'en crois les derniers développements, qu'il est impossible à une Bonne Mascotte d'en trouver une pour soi. La Bonne Mascotte de base ne peut compter que sur une clémence particulière du petit dieu facétieux des livres pour services rendus. Cette clémence est volatile et ne pèse pas lourd face au poids du féroce Chagrin d'Amours, cousin d'Hécatonchires aux pouvoirs voisins, ni aux œuvres inlassables des Parques de l'Ennui Sérieux de Santé. De plus, comme elle fait gagner beaucoup d'argent à ceux qu'elle a secondé, le demi dieu Picsoulidon n'a plus pour elle de budget. Le petit dieu des livres intervient parfois afin de lui éviter l'absolue banqueroute, souvent d'un (fin) cheveu.

Si j'ai survécu jusque-là, c'est que malgré la baisse de la part de l'écrit dans nos sociétés de cons-sommations, il restait encore bien des appelés à protéger afin qu'ils fassent un jour partie des élus d'un art bientôt perdu.

 

(1) à de notables exceptions près.

 

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366 - toucher

Elle nous a embarqué si fort Isabelle, avec une grâce, un naturel parfait, sans fard, instruments acoustiques, vêtue comme si nous étions entre amis et que soudain, voilà, oui, elle se levait pour nous raconter l'océan, ce qu'elle en savait, un peu du dur, surtout des beautés, et le pote musicien aurait pris sa guitare pour doucement l'accompagner, presque un peu au débotté, connivence, grâce, magie, oui voilà une réunions d'amis et qui parlait de loin, et sans qu'on n'y prenne garde tant de poésie.

Elle nous a embarqué si fort Isabelle qu'une jeune femme en partant lui a fait la bise, le besoin de contact qu'on éprouve parfois par reconnaissance et pour la navigatrice ça allait de soi.

J'avoue que je l'aurais volontiers serrée dans mes bras, as sign of brotherhood. Autrefois. Mais à présent mon corps m'encombre, les élans si naturels me font peur parfois, peur que l'autre se sente envahi(e), peur de je ne sais pas. Trop de proches m'ont mise en danger, j'ai perdu le sens du toucher.

La poésie, cependant, me fait toujours pleurer.

Et l'amour, quand il vient à passer.

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Bon voyage monsieur Dumollet

Ce matin, aux alentours de la BNF

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Cet espèce de juke-box à chansonnettes et comptines qui me fait office de cerveau me joue parfois des tours pendables.

Ainsi donc j'admirais cet élégant cycliste, j'ai tant besoin de printemps, lorsque s'est déclenché en moi cet irrépressible fredonnement.

Ce n'est qu'en "développant" au soir le cliché que j'en ai compris la cause.

(et dire que sur le coup j'ai cru que c'était à cause des voleurs dont la chanson recommande de se méfier et qu'il bouclait un antivol)


366 - Aujourd'hui le bien le mal

Ils s'en sont donnés à cœur joie ceux qui pensent qu'il est bien que le tueur soit tué - et moi sans doute une des minoritaires que ça interroge et l'une des seules qui doute, quand un coupable est trop parfait, je doute toujours, je ne peux m'en empêcher, même quand celui-ci avoue : je ne sais que trop bien qu'on peut, face aux apparences trompeuses, choisir d'optempérer car on se doute que leur force est inouïe, alors pourquoi ne pas saisir l'occasion d'une heure de gloire, et de passer pour un héros aux yeux de ceux que le mal tente (1) -.

Il se trouve qu'un hasard d'études lointaines fait que le père et grand-père de trois des victimes de l'assassin désormais mort n'est pas pour moi un pur inconnu. J'imagine sa détresse, ou plutôt non, je sais qu'elle est inimaginable. 

Il n'empêche que j'eusse préféré pour le coupable même confirmé, à une exécution dans l'action, une arrestation (2).

 

(1) Je ne dis pas que c'est le cas dans le fait divers du jour, je signale simplement que ça peut arriver. Moi la première, si souvent épuisée, je sais des moments où je pourrais avouer tous les crimes du monde dès lors qu'on me laisserait enfin somnoler en paix. 

(2) Je sais bien que les âmes guerrières me diront que c'était impossible, que l'individu était trop dangereux, qu'il aurait dû se rendre à temps.

PS : Et quelle étrange accroche d'un journal pourtant réputé sérieux "Revivez les événement de Toulouse depuis mardi", euh ... vous voulez dire comme si c'était un match de foot qu'on a gagné ?

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366 - Ce qu'il en restera dans un an

 

Ce qu'il en restera dans un an : probablement que ce pays était bien mal parti qui n'analysait un fait divers qu'à l'aune de l'origine d'un ses impétrants ou même des victimes, et se réjouissait d'une exécution laquelle succédait à une série de meurtres commis d'un sang froid de fou.

Dans ma propre vie : sans doute que je vivais une belle accalmie avant le retour des tourments (financiers et familiaux de santé) même si les chagrins ceux d'amour et celui d'amitié me voilaient le bonheur que pourtant je palpais.

 

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