La petite chanson de deux gags tristes
Quel chauffe-eau !

Serais-je devenue trop âgée ?

Depuis un moment déjà, mais flagrant hier soir

 

Depuis un moment déjà, lorsque je vais voir expositions, films courants, lorsque je le lis certains romans qui ont un large succès (pas tous), ou comme hier au théâtre, j'ai l'impression d'accompagner mes enfants encore petits ou pré-ados à un spectacle pour eux, sauf que les enfants n'y sont pas.


J'ai le sentiment que les concepteurs de l'œuvre ou, pour les musées, installateurs de leur présentation, s'adressent à des collégiens à qui il faut tout expliquer tout bien afin qu'ils comprennent, et insister encore en revenant sur certains points. Au lieu que les choses soient subtiles, on s'attache à ce qu'elles aient l'air marrant (1) ou bien tragique mais grossièrement. Quand est prévu un suspens je le devine bêtement 6 km avant la fin et me sens dès lors comme quelqu'un à qui on raconte une blague mais qui la connaissait déjà et donc ne rit pas.


Parfois je suis accompagnée par quelqu'un qui pense comme moi, concède que c'était un peu lourd, mais se sera néanmoins plutôt amusé(e). Souvent, j'ai le sentiment d'être la seule à réagir ainsi, déçue dans une exigence de subtilité et de qualité ; alors je pense que je suis tout simplement devenue vieille, trop exigeante, et encombrée de mes quelques zones de non ignorance, fatiguée qu'on me prenne pour une bille, pour un bébé.


Je ne sais pas quoi penser. Est-ce le niveau culturel qui s'est à ce point effondré qu'il faille désormais tout souligner (2) ou moi qui suis tombée snob en devenant plus âgée ? 


 

(1)Le côté "apprendre en s'amusant" m'exaspère particulièrement. Et le plaisir d'apprendre en faisant un (petit) effort et d'être ensuite content d'en avoir été capables, où est-il passé ?


(2) Un peu comme dans un billet de blog où l'on mettrait un lien pour expliquer chaque terme un peu hors du commun (ce que je fais quand je suppose que j'emploie une référence particulièrement générationnelle et que les moins de vingt ans ne peu-vent pas connaî-treuh ; mais sinon j'évite sauf demande de quelques-un(e)s)


 

Billet écrit après avoir lu celui-ci chez Didier Da dont la déception au sujet de Melancholia semble être pour partie de cet ordre-là et avoir été dépitée par "René l'énervé" donné au Rond-Point, même si par moment de la première partie j'ai ri, et que les interprètes étaient remarquables.

Dans ce dernier cas s'ajoute aussi le fait d'un humour bridé, qui n'ose pas jusqu'au bout, on fait un brin de satire mais avec un élément d'atténuation, lequel s'avère pesant - le bouffon du roi ne le fâche surtout pas -. Desproges, Coluche, revenez !

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