Mon cerveau lent par un jour sans vent
L'autre 11 septembre que je n'oublie pas 1/3

Lonely sort of sunday

Un dimanche de septembre, à Bruxelles en coup de vent.

 

 

Il y a le grand Jacques, qui s'appelle autrement mais m'a joué le même tour que l'autre a fait à une autre même qu'il en avait fait aussi tant qu'à faire une chanson, le grand Jacques je veux dire, et donc il, celui qui n'est pas Jacques, n'aura pas envie de remonter de ses quartiers pour me voir, c'est évident. Je ne suis pour lui qu'une sorte de partenaire de tennis pour l'écriture, sans la moindre contrepéterie.


Il y a celui qui aurait pu m'accompagner mais ne le souhaitait pas (et c'est souvent comme ça, mes mauvaise fréquentations ne l'intéressent pas et il préfère se consacrer à une ou d'autres ou son sport favori). Et puis c'eût été un tout autre budget. Il faut savoir raison garder.


Il y a le bien-aimé d'autrefois mais il habite en grande banlieue et le dimanche est le seul jour en famille et ils ne viendront pas tous de si loin pour moi.


Il y a celui qui est à Paris quand je suis à Bruxelles et vice-versa quand ce n'est pas à Lille. Je n'ai pas même pensé à lui demander pour cette fois. Ni pour si peu (le temps de partager une bière, au mieux).

Il y a d'ailleurs un lillois dont je n'ai plus de nouvelles - tiens au fait, c'est vrai ça -. J'ai dû le décevoir.


Il y a les amies d'atelier (d'écriture) mais elles ont charge de famille, n'habitent ni l'une ni l'autre à côté, un dimanche c'est raté.


Il y a les amis qui m'avaient annoncé leur intention de déménager vers cette ville que nous aimons, mais depuis, plus rien. Sont-ils ou non ici ?


Il y a une blogueuse que dont je suis les billets mais je ne la connais pas et je ne vois pas trop pourquoi elle aurait envie qu'on se voie.


Il y a l'homme courageux, celui qui d'avoir été un jour salement quitté au lieu d'en vouloir aux femmes a gardé une solide compassion pour celles qui subissent ce même sort ou le délaissement. Mais il n'est pas seul, je me sens trop maladroite, et je ne veux pas l'embêter pour si peu, un interstice entre deux trains.

 

Il y a ce deuil qui me serre le cœur depuis moins d'un mois et qui fait que même pour boire un coup, je ne me sens pas de très douce compagnie - alors en ..., non rien, ce temps-là pour moi malgré moi est terminé -.


Je crois que je vais boire seule ma bière-comme-on-n'en-trouve-pas-par-chez-moi.


Et peut-être même simplement un café. 


Et il y a aussi que je n'avais pas envie de faire un billet au sujet du 11 septembre 2001, même si 10 ans après je pense aux survivants, comment ils ont bien pu "faire avec", aux proches des victimes, comment ils ont pu faire sans ; et que par ailleurs j'écrirai sans doute ici ou là un billet sur ce que ce qui s'est passé ce jour-là a changé pour moi, car quelque chose a alors bougé qui n'aura ensuite cessé de s'amplifier jusqu'à ce que je quitte le boulot que j'avais.

Commentaires