Le retour des vieilles choses (étrangement coordonné)
L'être humain ne serait donc pas si irrationnel que j'avais fini par me l'imaginer

"Peuplée de lumière, et peuplée de fous "

this very morning, où que ce soit

 

 

Voyez-vous les enfants, il fut un temps pas si lointain où au lieu d'étriper son prochain avec des balles conçues pour pêter à l'intérieur des corps et y faire un maximum de dégâts, on tentait, certains tentaient, d'ouvrir un peu leur porte à qui venait d'ailleurs, on partageait comme ça pouvait et c'était pas bien grave si la peinture était écaillée.

On savait baiser, les maladies n'étaient pas si mortelles. Et s'il y avait de l'abus dans l'usage de substances psychotropes, c'était que certains cherchaient le monde plus intense (1) et non à se doper pour être plus performants.

On s'en foutait d'avoir des poils et des airs échevelées, des dents non alignées qui ne rayaient pas les planchers, des trucs de toutes les couleurs qui partaient dans tous les sens. Et dès qu'on avait trois sous c'était pour arpenter les autres continents.

Le retour de balancier aura été cruel, à croire que l'être humain moyen supporte mal de n'être pas violent et tant de liberté. La survie n'est pas une longue récré, et les forces irréductibles du pouvoir et de l'argent l'ont emporté.

Nous sommes devenus efficaces. Managérisés. Bardés d'objectifs et de projets. Tout n'a plus été qu'affaire de cash-flow et jusque dans nos lits (1bis) Merde alors il fut quand même un temps où l'amour, pour pas mal de gens, était encore gratuit, sans besoin de tout un arsenal, ni points de passage ou modes d'emploi.

Je ne prétends pas que ces temps furent parfaits, c'était rude pour beaucoup.

Et par ailleurs certains progrès techniques si l'on sait y goûter avec discernement, embellissent la vie. Je n'aimerais pas retourner aux vies d'avant les machines à laver, la pillule contraceptive et autres avancées médicales, sans oublier l'internet.

L'internet, c'est comme si ma vie d'avant était en noir et blanc. Un film muet accompagné par un pianiste fatigué. Désormais, j'ai la couleur et le son. Même si en noir et blanc on peut créer des chefs d'œuvres, et en dolby surround bariolé des navets, ça offre quand même bien plus de possibilités.

J'en tiens aussi pour l'illusion (?) que le sort global des femmes, malgré des horreurs et terreurs locales renforcées (2), s'est amélioré. Et qu'à part quelques vieux réacs attardés on (collectif) a enfin compris que l'orientation sexuelle n'était affaire ni de maladie ni de volonté.

Il serait bon avant qu'il ne soit trop tard, que revienne un brin le sens du bien commun, au lieu des haines si bien jardinées qui tôt ou tard en poussent certains au crime. Et que l'on cesse de prendre le profit et la rentabilité pour des valeurs suprêmes.

Alors cet article, découvert ce matin, certes très anecdotique, sur les lieux retrouvés qui inspirèrent une chanson si douce que nous l'avons usée, et qui m'a rappelé ces temps où nous n'étions pas aussi efficaces mais sans doute plus épanouis (3), cet article, donc, m'a fait un bien fou.

Je partage.

"Peuplée de lumière, et peuplée de fous

Elle sera la dernière à tenir debout."

 

 

(1) Il ne faut pas croire que ça rigolait, une partie du monde connaissait une des pires guerres, le Cambodge s'autodétruisait, le travail amorçait dans les sociétés occidentales une raréfaction que nous n'avons pas fini de subir, et bien d'autres choses peu réjouissantes. Les fous furieux ont toujours existé (un exemple parmi tant d'autres mais qui avait marqué ces années).

(1bis) Je n'ai pas d'avis plus éclairé qu'un autre sur le propos de ce billet de Sexactu qui concerne davantage la pratique du blog lui-même et sa frontière ténue avec la publicité, mais au passage de la discussion il se trouve qu'il énumère toute sorte d'éléments dont on se passait très bien dans nos moments sexuels d'antan. Je ne suis pas persuadée que nos orgasmes étaient moins intenses. J'ai plutôt, je peux me tromper, l'impression que les accessoires et efforts d'apparence sont venus pallier un manque de temps disponible pour les heures amoureuses et qui nous rendrait sujets d'un "plus haut plus vite" (citius, altius, fortius) obligé.

(2) Sont-elles pires qu'auparavant ou sommes-nous simplement davantage informés de leur existence ?

(3) Parce que oui, "être bien" peut être un but louable dans la vie. Et il peut même nous empêcher d'aller nuire à autrui, quand "être plus fort que lui", le plus souvent, conduit à des excès.

 

(billet non relu)

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