Le métro dont on ne descend pas
"Peuplée de lumière, et peuplée de fous "

Le retour des vieilles choses (étrangement coordonné)

Ce lundi et le week-end ou la semaine qui précédait.

 

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Ce n'est amusant que parce qu'involontaire et sorte de négatif d'un de mes petits chantiers timidement entamé (1), mais voilà que ces derniers jours ont ressurgi en ma proximité des objets quotidiens utilitaires que je croyais disparus du commerce alors qu'ils continuaient à exister.

 

Ils étaient apparus je dirais dans le courant des années 70 ou peut-être avant mais le temps qu'ils redescendent jusqu'aux gens comme moi en produits d'usage courants c'était peut-être même l'orée des années 80. Très vite ils furent copiés, imités par des sous-marques vendues bien moins cher, et quand bien même on souhaitait rester fidèle à l'original, auquel on trouvait certaines qualités que les semi-clones n'avaient pas, devenus presque difficiles à trouver.

Y aurait-il eu rachats et relances (2) ? Où simplement n'étaient-ils plus en vente dans les boutiques où je passais ?


Coup sur coup j'ai donc au gré d'achats vite faits retrouvé :

- des Kleenex, de ceux qui ont laissé le nom aux mouchoirs en papiers, l'équivalent pour nos nez du frigidaire pour la cuisine. J'avais oublié qu'ils étaient si solides et plus doux que la plupart des tout-venants (3). Ça tombe que je les ai trouvés parce qu'ils étaient de la seule marque dans un petit supermarché de quartier à être proposée par lots de deux paquets au lieu des cargaisons familiales d'au moins huit sachets et qui ne sont pas l'idéal quand on est seule, pas à côté de la maison, et qu'on a simplement besoin de se moucher alors qu'on n'a plus un seul mouchoir en poche.

 

- un Ball Pentel bleu

À la mémoire (je peux me tromper), ils furent les premiers "feutres à bille" et qui détrônèrent peu ou prou l'usage des stylos-plume du moins en milieu scolaire. Je suis en effet de la génération qui a appris à écrire au stylo-plume, alors que les stylos-billes étaient d'usage courant mais méprisés pour les usages "nobles" comme le port du jean peut l'être dans un établissement financier. Au collège les profs les plus cools acceptaient qu'on utilise ces derniers, mais d'autres les réfutaient, ou par exemple toléraient qu'on prenne nos notes personnelles au bic mais exigeaient que nos devoirs sur tables soient écrits au plume. L'irruption des feutres à bille dont certains permettaient d'imiter assez joliment le glissé d'une plume, avait mis fin à ces complications protocolaires.

Comme j'avais eu un mal fou en tant que gauchère, à dompter l'usage du stylo-plume, j'y étais restée plutôt fidèle. Je n'allais pas si rapidement renoncer à un art douloureusement acquis. Mais j'aimais beaucoup, et j'aime toujours, le bleu-noir inimitable du Ball-Pentel.

 

- un Stabilo jaune, un vrai

L'usage du surligneur avait révolutionné la pratique étudiante. C'était si facile de réviser vite fait un cours dont les éléments essentiels étaient surlignés. Ou plus tard, en entreprise, sur un document imprimé généralement fastidieux, marquer l'essentiel pour n'avoir plus à s'attarder sur ce qui n'était que du liant, de l'excipient. Mais très vite les usages de bureau virent se multiplier les couleurs fantaisies, parfois si fortes qu'elles en engloutissaient le texte au lieu de le lisibilifier. Et quand bien même on parvenait à pécho le dernier jaune restant de l'économat, les sous-marques qu'économies obligent, les secrétariats commandaient, ne tenaient que quelques jours avant de dessécher.

Prise d'une bouffée d'envie organisationnelle ce lundi, après une conversation qui m'a redonné courage, c'est donc vers un Stabilo jaune, puisqu'il y en avait dans la papeterie où je me trouvais, que je me suis tournée. Il n'en restait d'ailleurs qu'un.

 

Cela dit, je ne tiens pas, mais vraiment pas, à retourner vers le Minitel (4), mon ordinateur et l'internet l'ont très avantageusement remplacé.

 

(1) que je gagne au loto, que je puisse être rentière, j'ai de quoi m'occuper sans travail extérieur, à longueur de journées. (soupir ; sachant que je ne suis pas à plaindre, déjà)

(2) Un peu comme pour les Moleskine que des petits malins ont fait revivre pour leur plus grand succès

(3) Ce billet n'est en rien sponsorisé, de toutes façons ce ne sont pas mes quelques lecteurs qui vont changer quoi que ce soit à leur consommation

(4) Même si j'ai appris récemment que certains services allaient perdurer jusqu'en 2012. Ça alors, je le croyais mort de sa belle mort depuis au moins dix ans. Mais que font donc encore avec les gens ?

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