Réconforts
Pour une fois j'y pense à temps

Gallimard (l'expo)

Aujourd'hui, à la BNF

 

Je leur dois quelques belles lectures, du temps même où le sexe ne me faisait pas souci, des auteurs majeurs, des bonheurs inouis.

Tout récemment encore et grâce à Jean Mattern, la découverte de Jon Kalman Stefansson via sa traduction par Éric Boury dont on sent bien qu'elle contribue au charme fou du bouquin (1), le charme fou de l'auteur n'ayant, lui, besoin d'aucun intermédiaire pour s'exprimer.

Bref, tout ça pour dire que je ne voudrais pas avoir l'air de cracher dans la soupe,

 

mais

 

voilà qu'étant sur place (3) je me suis rendue à l'expo. Gallimard, bien sûr une expo de type commémoratif puis qu'il est question d'un centenaire à fêter. 

On ne peut donc s'attendre à un fleuron de modernité, ni à des conceptions d'anticipations. Je ne m'y attendais pas.

Quand bien même :

Que de grands vieux messieurs bourgeois et poussiéreux, de beautés fanées, d'entre-soi et d'illisibles suranés !

L'ordinateur et l'internet en permettant une écriture et mise en ligne immédiate aura grandement libéré l'accès aux lecteurs des femmes. Il était plus que temps.

Cela dit, à part mon appétit personnel d(e r)évolution, j'ai aimé entrevoir un manuscrit de Daniel Pennac et quelques-uns de ses courriers (4), qu'Hervé Guibert ait traité Antoine Gallimard (5) d'"éditeur le plus sexy", beaucoup appris de certains échanges (je n'imaginais pas que les grands éditeurs se soient débauchés à ce point les écrivains en leur temps rentables sur un mode petite guéguerre vulgaire de dégainage de gros sous), adoré le "excellent" de Queneau sur le premier Duras et la façon dont les fiches de lectures d'en ce temps démarraient par un bref résumé de l'histoire, lequel, écrit par quelqu'un qui avait de la plume, pouvait être un régal.

Et puis, si jamais quelqu'un met en jour en doute le travail que c'est d'écrire, se rappeler de lui coller sous le nez le "plan fait au Verger en mai 1920" par Roger Martin du Gard pour ses Thibault.

Mais bon, nous sommes enfin au siècle vingt-et-un, et

vive la pillule contraceptive, l'internet et l'ordi. !

 

(1) Une fois de plus je n'ai pas eu le temps de le chroniquer mais c'est dans la zone découvertes (2) mon grand coup de cœur de ces derniers mois.

(2) Par opposition au pays déjà cartographié des livres des amis ou des auteurs déjà suivis qu'il s'agisse des "Bords du lac Baïkal" de Christian Garcin ou "Des clous" de Tatiana Arfel.

(3) à la BNF

(4) Ça doit quand même faire bizarre d'avoir de son vivant des courriers qu'on avait adressé personnellement à quelqu'un (fût-il éditeur), dévoilés et exposés.

(5) J'ai soudain un doute de s'il s'agissait bien de lui. Mais pas le courage de remonter vérifier.

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