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Sur la ligne 13, on suit l'actualité

Station Satin-Lazare, cette nuit-même

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Je ne crois pas aux lendemains qui chanteraient, je sens même l'avenir sombre, en attendant j'ai aimé l'ambiance communicative et un brin exaltée que la révolution tunisienne glissait dans ma ville.

Ça fait toujours du bien même si c'est temporaire, de recouvrer sa dignité ; le peuple tunisien l'a fait.

[photo : dans un couloir du métro à Paris]


La conversation matinale absurde et (semi-)automatique

This very morning, sur mon téléphone


Même si je suis sans illusion sur la suite (rappelons-nous l'Iran) et que lorsqu'un pays se trouve à feu et à sang, les victimes sont nombreuses inévitablement, j'eusse aimé démarrer tout autrement la journée qui a vu la veille un dictateur fuir son pays sous la pression populaire, autrement dit une révolution, que par une absurde conversation de bourgeoise européenne exaspérée par l'invasion publicitaire :


de 29002 à mon numéro, 9h31 : ORANGE Info : vous etes abonné(e) au 88882 Club Jamba Musi. + d'infos, rubrique Mon compte Orange [suit une adresse de site] (connexion gratuite France métro)

de moi à 29002, 9 h 34 : STOP

(dans l'espoir, puisque je n'ai sollicité aucun abonnement complémentaire, que ce stop soit bien compris comme : dégagez-moi de vos listes d'envois, foutez-moi la paix)

de 29002 à mon numéro, 9 h 32 : Pour vous désinscrire d'un service, vous devez répondre STOP suivi du numéro du service. EX : STOP 48001

de moi à 29002, 9 h 36 : STOP 29002

de 29002 à mon numéro, 9 h 34 : Pour vous désinscrire d'un service, vous devez répondre STOP suivi du numéro du service. EX : STOP 48001

de moi à 29002, 9 h 43 : STOP 88882

de 29002 à mon numéro, 9 h 41 : Club Jamba Musi : Votre désinscription est confirmée. Vous ne recevrez plus de SMS payants du 88882

de 88882 à mon numéro, 9 h 41 : Jamba Sonnerie. Ta demande de désinscription n'a pu etre pris en compte. Essaie encore ou contacte le service clientèle : [numéro de tél en France] (cts stds) / infos@jamba.fr

[Bizarrerie horaires incluses, peut-être que mon téléphone avance et que c'est son heure pour les messages sortants ? Ou peut-être que je vis vraiment dans un monde parallèle où l'on reçoit les réponses des questions qu'on pose après ?]

J'ai laissé tomber car si j'avais pris mon téléphone c'est que je m'attendais à recevoir un vrai texto d'un réel humain et qui compte pour moi, ce qui est advenu. J'avais donc autre chose à faire que de discutailler avec un robot mal disposé.

Sur mon téléphone précédent j'avais fini par trouver le paramétrage qui me permettait de me débarrasser des sollicitations publicitaires de mon propre opérateur. Sur celui-ci, plus sophistiqué, impossible de m'en débarrasser. Et tenter de le demander directement à Orange, dont les séries de SMS au moindre franchissement de la non-frontière belge m'exaspèrent, jusqu'à présent a été vain.

Vais-je devoir, comme me le proposait un ami sur twitter, signaler mon opérateur, dont les services téléphoniques sont par ailleurs corrects, comme un spam ?

Pendant ce temps, le monde bouge, à défaut d'avancer. Alors désolée, les as du marketing, mais pour vous j'ai zéro temps disponible.


Mémoire

Ici et maintenant

 

Pour un truc un peu moins farfelu que dab et que je tente d'écrire, me voilà amenée à replonger dans des billets ici où là, des autres ou bien de moi, répartis en gros sur les cinq ans écoulés. Le résultat m'impressionne.

Des miens, j'ai beaucoup oublié.

Alors que je n'écrivais pas du tout dans cette intention là, je constate in fine que la pratique du blog, y compris si l'on cherche à en faire autre chose qu'un journal intime, est d'une grande utilité pour conserver notre mémoire de façon structurée et moins risquer de perdre repères et les pédales face aux coups durs ou, plus rares, trop exquis, de la vie. Fors une absence persistante (et définitive, probablement) et un chagrin précis je traverse en ce moment l'une des plus heureuse période de ma vie. Lire ce que j'écrivais quand j'étais en plein brouillard, et que quand même ça se tenait, m'est à présent d'un grand réconfort et un encouragement puissant.

Pour tout ce qui s'ensuivra.

Bien sûr j'écris moins dans les périodes chargées alors qu'elles seraient sans doute les plus intéressantes à partager, il n'en demeure pas moins que je me vois mal, sauf incapacité concrète, arrêter.

Et je ne parle même pas de la force offerte par les belles rencontres que l'écriture par ici aura autorisées.

Enfin, je dois avouer combien je suis émue, à la relecture chez certains entre temps devenus amis, de billets remarquablement sensibles ou écrits.


Le don qui est le sien

Ce dimanche, ces jours-ci

 

PICT0010Ce qui est génial avec la lecture, dès lors qu'on a le goût des images mentales nées des mots alignés, c'est qu'on ne sait jamais quel miracle surgira.

N'est-ce pas ce qui est le plus proche de l'amour, dont l'un des grands inconvénients est qu'il faut être au moins deux et assez en forme quand les livres, pour être lus, sont toujours consentants et tolèrent la faiblesse physique mieux que tant d'activités ?

  

Trois livres m'ont tenu compagnie en ce début janvier. 


De l'un (1) j'attendais beaucoup et il a tenu, me rendant éperdue d'admiration. Son défaut est sa qualité : il traite de la souffrance en entreprise, avec un dispositif narratif et littéraire d'une belle intelligence. C'est un sujet qui me reste douloureux même deux ans après que je me sois sauvée. Alors j'ai apprécié le travail formidable et je ferai tout pour qu'il soit lu, mais je ne peux parler de coup de cœur. C'était si bien fait et mes souvenirs si fuligineux de cette confiscation de soi qu'on subit dans certains cas, que j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour pouvoir le lire. Chapeau bas.

*    *    *

"Parfois évidemment, le récit de la guerre me cause des élancements, des névralgies brèves et vives, l'évocation des combats m'est une brutalité mais je m'efforce alors de ne pas m'attarder [...]"

*    *    *

De l'autre (2) j'attendais trop, heureuse d'un silence et d'une abstinence longue que l'auteur enfin rompait. J'en espérais sans doute des réponses à une question qui m'abime depuis bientôt deux ans, toujours ces Pourquoi ? qui concernant les autres me mettent en souffrance. L'ouvrage est délicat, élégant, érudit, mais manque de chair et de cœur qui bat. La réponse traîne sans doute là. Qui n'est pas concerné(e) le lira avec un bonheur léger. C'est un bon livre court, un idéal compagnon de thé (3). Qu'il m'ait déçue n'obère en rien ses qualités.

*    *    *

"Je profite de ces journées vides de sa présence pour lire "Le diable au corps", ce qui est une manière de l'atteindre, de le tenir contre moi, et aussi de mieux le connaître, si tant est qu'un homme se révèle dans une fiction. Il me semble, ici ou là, oui, retrouver des traits de son caractère, entendre des inflexions de sa voix, ou deviner la véracité d'un épisode et m'en amuser secrètement mais c'est presque malgré moi car je ne le cherche pas entre les lignes, je ne suis pas de ceux qui suivent à la trace, et je me méfie des hypothèses faciles, des déductions hâtives. J'ai simplement l'envie de toucher du doigt le don qui est le sien pour raconter une histoire, agencer des phrases, et celle de me laisser conduire, emporter."

*    *    *

Pour avoir un peu et par tristesse oublié ce dernier point qui à l'ordinaire me correspond bien, je suis passée à côté de ce second livre dont une part du plaisir m'a été confisquée.

 

Du troisième (4) je n'attendais rien, si ce n'est d'agréables retrouvailles avec un auteur qui a beaucoup compté dans ma vie un certain jour de février, il y aura cinq ans de cela, mais que pour autant je ne connais pas de façon intime. De cet homme j'ai profondément aimé un ouvrage, "Son frère", dont Patrice Chéreau a fait un film qui lui aussi m'aura bouleversée. Bien aimé plusieurs autres, puis par les suivants été un peu laissée à quai : certes je passais à les lire un bon et doux moment, le style fluide et sans gras me plaisait, me plaît toujours, mais je les trouvais trop séduisants. Ils brillaient un instant, seulement ne tenaient pas ensuite compagnie très longtemps. J'éprouvais pour eux le petit regret d'un professeur pour l'un de ses élèves les plus prometteurs mais qui se contente de rendre de bons devoirs sans trop y laisser d'implication, alors que s'il consentait à y mettre autant de cœur et d'âme que certains camarades plus besogneux il voisinerait la grâce et le vif du sujet.  Sa vie non-scolaire a davantage d'importance que l'étude. Le professeur s'est résigné.

Et puis voilà que non, que cet opus-là, reprenant un narrateur jadis quitté à regret tape en plein dans des types de deuils qui furent les miens ces dernières années. Qu'il les exprime avec les mots justes. Comme toujours quand une œuvre est ce qu'elle devrait, elle parle à chacun d'entre nous de sa propre existence, y compris si protagonistes, époque et circonstances en sont éloignés. J'ai été moi aussi coupée de ma vie par une ou deux ruptures ou deuils, et fus le proche fantôme d'un être très doué, sans réelle place dans sa vie officielle (5). La personne invisible chez qui l'on va pleurer. Ou pour un autre, puisque moi aussi sujette aux rencontres qui comptent, la correspondante (presque) inlassable qu'on veut désincarnée (et qui à force, l'est).

Il se trouve aussi que je savais déjà quelques choses sur ceux qu'il vient à évoquer et que tout se recoupe à merveille, est plausible à mes yeux (6), que l'arrivée à Ellis Island est un bel hommage à celle de Perec (7) et au film qu'il avait fait avec Robert Bober, bref que j'ai pu vraiment "me laisser conduire, emporter". Bien sûr j'eusse préféré un livre plus long, plus quotidien, plus attardé, moins en survol de mois et d'années (8), mais on est en 2011 et il convient de faire preuve de cette efficacité.

Le coup de cœur est là, le sommeil absolu à peine la dernière page tournée (9). Merci encore à Philippe B.

Par dessus le marché, alors que je parcourais du regard quelques piles dans l'espoir d'y retrouver "En l'absence des hommes" afin de m'y replonger, j'ai les "Espèces d'espaces" de Geoges Perec qui se sont signalés. Je vais donc pouvoir continuer à me délecter.

Ô 2011, continue pour les lectures comme tu as commencé !

 

 

(1) "Des clous", Tatiana Arfel chez Corti / (2) "Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver", Francis Dannemark (R. Laffont) / (3) C'est dimanche fin d'après-midi ou un jour de semaine où du travail vous êtes sorti(e)s tôt, l'hiver ou l'automne. Vous décidez d'un thé. Vous êtes seul(e)s. Rien n'était prémédité. Un livre convient pour accompagner ce temps calme de solitude, ce répit dans la vie, et une partie de la soirée. Le plus formidable à cet usage parmi mes lectures de cette année est le "Parle leur de batailles de rois et d'éléphants" de Mathias Énard. Ce sont ce que j'appelle les "livres de thé". Une de leur caractéristique, on l'aura deviné, est d'être peu épais afin de s'y plonger d'une traite et d'en ressortir ensuite reposé(e)s comme après un bon rêve. / (4) "Retour parmi les hommes" de Philippe Besson / (5) D'autres ont eu dans le genre personne de l'ombre, infiniment plus de mérites que moi /(6) Contrairement à une trop gentille sœur de Rimbaud lors d'un précédent opus / (7) J'aime quand les livres citent à la fin ceux sur lesquels ils se sont appuyés, surtout ils m'ont offert la petite fierté préalable de les avoir repérés. / (8) Goût personnel désuet pour les romans énormes de type "Les Thibault" où l'on accompagne sur de longues périodes la vie de tous les jours, avec ses longueurs et ses temps fastidieux, comme si on y était. La littérature moderne préfère les raccourcis efficaces, ne décrire que les scènes qui vont compter et résumer le mou par des phrases de synthèses ("Les jours, à nouveau. Les jours sans lui, où la pensée n'est occupée que par lui. Pas tristes, néanmoins. Non, pas tristes. Car pleins du joli souvenir [...]" p 199) / (9) Chez moi un signe qui ne trompe pas : le livre m'a fait trop d'effet mon corps impose un sas entre la lecture et reprendre le cours de ma vie.

 

Les extraits proviennent donc du livre "Retour parmi les hommes" de Philippe Besson, pages 200 et 201 pour les deux plus longs.

   

[photo : une des piles d'où j'ai récemment retrouvé une pépite enfouie par mégarde 7 à 9 ans plus tôt]

 


C'est rare mais pour une fois

... j'ai vraiment aimé (1) ces publicités, alors que globalement j'en ai tellement assez d'être sans cesse par de la réclame visuellement agressée :

(sans compter que par dessus le marché, le froid n'y était pas - si seulement ça pouvait durer -)

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(1) À propos, comment dit-on à présent que "kiffer" est passé de mode ?

[photo : station Bonne Nouvelle, aujourd'hui]


Un vendredi, 6 ans après

Ici et maintenant

 

La vie parfois ressemble à un film ou bien un roman, c'est banal de le dire, mais quand on le vit souvent secouant. Car sauf coup de foudre amoureux réciproque c'est rarement pour du bon. Et pour du bien rude, généralement.

C'est une narration classique : le petit personnage vit sa petite vie, plus ou moins chouette mais très quotidienne (1). Survient un truc et le voilà qui bascule dans une tout autre dimension et rien pour elle ou lui ne sera plus comme avant.

J'ai vécu ça il y a 6 ans. Comment ça, 6 ans, où est donc passé tout ce temps ? Oui, six, exactement. Dont deux de brouillard, mais c'est déjà une autre histoire.

C'était un vendredi aussi, d'où cette année mon trouble particulier. Je prenais le métro pour aller à "l'Usine". À l'époque ma hiérarchie directe s'incarnait dans une personne normale et plutôt sympathique, malgré que ma demande de passage à mi-temps l'embarrassait, et mes collègues quotidiens étaient des personnes agréables et censées. Le boulot n'avait déjà plus grand intérêt, un rachat d'entreprises était passé par là pour le vider de sa substance. De toutes façons et depuis novembre 2003, autre chose m'appelait.

Le trajet en métro était mon dernier moment de penser à mes propres affaires avant plusieurs heures où je me retrouvais confisquée à moi-même : plus le travail était fastidieux plus il me demandait d'efforts de concentration.

Généralement je préférais consacrer ce dernier répit à un livre d'autant que la première partie du trajet s'effectuant souvent en ligne 13 par heure de pointe m'en privait.

Mais ce matin-là, j'ignore pourquoi, ce fut le "20 minutes", un gratuit distribué. Et il y avait cet entrefilet, là, qui signalait, accompagné d'une photo d'elle, que le journal Libé était depuis mercredi après-midi sans nouvelle de son envoyée spéciale en Irak, Florence Aubenas.

Mon cœur a manqué un battement ou deux, ou les a fait en plus et en a profité pour sauter de sa cage et tomber dans mes pieds - quand une nouvelle (bonne, mauvaise) me touche c'est l'effet que ça me fait -. Il me faut ensuite de longues secondes pour me et le recueillir.

Et je ne l'ai bien sûr su qu'après, mais j'étais la boule de flipper que le ressort vient de propulser.

There has been no way back.

 

(1) Bel exemple paroxysmique de ça dans le film récent de Fred Cavayé  "À bout portant", vu sans réel déplaisir au festival d'Arras

Lire la suite "Un vendredi, 6 ans après" »


Et une de plus (petite indignation quotidienne)

Hier, au courrier (postal)

 

C'est une enveloppe banale, de celles qui peuvent contenir nos relevés bancaires ou peut-être une facture, peu d'indications dessus. Quand on attend par ailleurs divers papiers sérieux on se retrouve à l'ouvrir.

Et puis :

il s'agit d'une offre de crédit. "Mise à disposition d'un prêt personnel" c'est écrit. Comme si un accord préalable avait déjà eu lieu. Il y a même un numéro de client (comment se fait-il je ne suis pas, n'ai que je sache jamais été, cliente chez qui l'envoie), un code privilège pour donner l'illusion que ce n'est pas offert à tout le monde.  Zones préremplies de mes noms et prénoms. Il ne sont pas au courant de ma situation maritale ce qui pourrait presque me permettre de trouver d'où provient la source du fichier - j'ai un peu autre chose à faire qu'à chercher -.

Est affiché en très rouge en très gros le TEG ... mensuel. Ce qui le rapproche en chiffre d'un taux de rémunération de livret A. Autrement dit inoffensif.

D'un point de vue juridique, le papier est sans doute irréprochable, les tableaux d'amortissement fournis à titre d'exemple pour différentes sommes indiquent bien le coût total du crédit, avec et sans assurance et on ne peut reprocher l'affichage d'une colonne bien mise en évidence de "frais de dossiers = 0 €". Le document à remplir comporte les informations que demanderait un banquier sérieux sur la situation de l'emprunteur. Sauf qu'une banque une vraie les demanderait avant.

En tête de la première page figure en gros cet irréprochable avertissement "Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager", suivi d'un exemple concret pour un emprunt de 5000 € sur 12 mois. Rien à redire, le destinataire ne pourra prétendre n'avoir été pas prévenu.

Rien non plus n'empêche l'envoi de documents publicitaires en tout début du mois de janvier, quand dans bien des familles, ou plus encore : des parents qui élèvent seuls leurs enfants, qui auront voulu que les gosses aient un beau Noël, les finances sont au plus bas et une part des cadeaux pas encore revendue sur E-Bay, parce que c'est bien beau les cadeaux mais il faut du cash pour bouffer. Et puis le loyer. Et puis le CDD c'était jusqu'au 31/12 et il ne sera pas tout de suite renouvelé.

D'accord, c'est à chacun de n'être pas trop con, de réfléchir pour cézigue. Le cerveau s'use d'autant plus vite que l'on ne s'en sert pas. Ce n'est pas parce qu'on nous prend pour des imbéciles à longueur d'année qu'on est censé le devenir. Cessez d'obéir à l'injonction de consommer. Si tu n'as pas de quoi finir le mois, laisse tomber le désir (!) d'écran plat.

Et bien sûr, l'offre est correcte, bien présentée, tout y est.

Sauf le respect des gens en difficulté et un peu de décence, voire d'humanité.

 

PS : Le bordereau permet d'obtenir jusqu'à 9500 € (pour un coût total du crédit de 3223 € avec assurance si 1 emprunteur et sur 60 mois). Pourquoi alors qu'on légifère de nos jours sur tout et n'importe quoi n'existerait-il pas un plafond raisonnable aux sommes proposées pour ce qui est des emprunts sans contrôle préalable des capacités de remboursement ? Le smic mensuel brut étant de l'ordre de 1400 à 1500 €, il faudrait ne pas pouvoir s'endetter sur plus de la valeur d'un trimestre - ça ne résoudrait pas le problème du cumul des crédits, mais au moins -.

 

 

 

 


Retrouvailles

Certains midi, certain quartier de Paris

 

C'était une remarque de Madama Abricot lors d'une file d'attente de l'automne : un cyberhall du quartier où elle avait l'habitude d'aller certains jours entre deux appels (1) venait de fermer.

Je me suis soudain souvenue d'un autre de la même enseigne où je réfugiais mes midi d'Usine et que j'y avais un abonnement probablement encore fourni : du jour où je m'étais auto-éjectée du lieu de souffrance je n'y avais plus non plus remis les pieds, à moins d'une ou deux fois très ponctuelles, pour relever des mails que j'avais cru urgents. J'avais tellement oublié cette vie antérieure qu'à ces occasions j'avais payé ma demi-heure comme un touriste de passage.

Ma nouvelle vie présente peu d'interstices, elle manque d'un élément essentiel mais pour le reste est bien, fort bien, remplie. Seulement parfois entre un rendez-vous médical et un temps de travail je me trouve dans cet ancien de mes quartiers, avec un peu de minutes à passer. J'ai donc retrouvé le chemin de ce cyber-endroit où l'abonnement m'attendait, intact. Je n'avais plus souvenir de mon mot de passe mais mes doigts l'ont saisi, un peu comme lorsqu'on est pianiste on a à ce point intégré une partition qu'on la joue sans plus savoir le détail des notes carressées.

Je craignais la remontée de souvenirs pénibles, ce lieu fut ma bouée de sauvetage, je me souviens d'une façon très précise de messages reçus ou de conversations en lignes tenues en cet endroit et d'une mémorisation involontaire qui alors se faisait me permettant au cours de l'après-midi d'y repenser et de garder une part de moi en vraie vie (Pierre, Kozlika, Marie, Francis, Dominique, Satsuki, Milky, Ann, Anne et Anna, quelques (!) Sylvie et même une autre Gilda et sans doute quelques autres dont à l'instant précis le prénom n'est pas là mais qui sans doute quand j'aurais quitté ces lieux et repris le métro reviendront). En fait il n'en est rien, pour les sombres mémoires : c'est le bon qui revient ainsi qu'une douce jouissance : venir à présent sans menace, sans crainte des heures suivantes, sans épuisement particulier de celles qui précédaient.

Pouvoir presque flanner. M'amuser sans trop d'arrière-pensées des exclamations des gamers, dont la compagnie désormais me rappelle celle de mon fils, entre-temps devenu grand, au moins de taille et de voix.

Rien de tel qu'un point fixe pour mesurer soudain le chemin parcouru. Et en bien.

 

(1) Pour les rites de files d'attente à Bastille, voir un ou d'autres billets que je n'ai pas le temps d'aller rechercher. Pardon

 

PS : Il sort demain ou après-demain, si vous souffrez au travail au point de n'être plus vous-mêmes par moment, lisez "Des clous" de Tatiana Arfel (chez Corti). Ce n'est même pas de la réclame, c'est recommander un (bon) remède.

 

 


Réveils 2011 (ça commence bien)

Hier et aujourd'hui, Clichy

 

Ne disposant pas d'iphone pour m'empêcher de me réveiller, parfois la dèche relative a de bons côtés, j'entame l'année 2011 par des réveils curieux.

Ce fut hier, à une heure certes raisonnable, un conducteur qui peinait à faire démarrer son véhicule. J'avais sans doute achevé un rêve et mon cerveau s'ennuyait : le voici qui s'est mis, grand idiot, à compter les tentatives infructueuses.

Et c'est le décompte, bien plus que le bruit ou d'ailleurs son absence (puisque le moteur n'enchaînait pas), qui m'a réveillée.

Ce matin dès 6 h 30 ce fut le tour d'un engin de nettoyage des rues. Il était plus bruyant et matinal qu'à l'ordinaire - pourtant rien à déneiger ou déverglacer - et surtout au lieu d'effectuer un ou deux passages, il n'a pas tourné moins de 6 fois, après une interruption qui fut porteuse d'espoir mais annonçait simplement un redémarrage ultérieur.

Ça va qu'en bord de journées je n'aime pas trop traîner, moi animal du sud aux siestes délicieuses, mais je trouve bien étrange cette coordination et je préfèrerais qu'il n'en soit point ainsi pour les jours qui suivront.

PS : Il a démarré au 5ème essai.

PS' : Plus tard, quand je suis sortie dans la rue j'ai pu constater qu'elle ne semblait pas même nettoyée, toujours ces traces bourbeuses d'épandages sablés qui ont ensuite à la fonte de la neige séchés. Etrange ...