Vrac vendredi midi
Disparue sur place

Désentélévisée

today, "au bord du soir", en sous-sol, quelque part

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Il prévient qu'il ne peut s'attarder - d'habitude il le fait volontiers -, qu'il convient qu'il se repose avant une émission de télé qui aura lieu en direct dans quelques heures à peine. De celles où les invités, surtout ceux pour les livres, se font généralement aligner, mais voilà, pour qu'un livre survive il faut qu'on le vende pour qu'on le vende qu'on en parle alors les auteurs dont en d'autres temps ce ne fut pas le métier vont sans fleurs ni fusils au casse-pipe médiatique.

Je pense qu'il a les qualités d'humour et de répartie pour s'en tirer mieux que pas trop mal. Pour lui je ne m'inquiète pas.

La conversation collective vogue vers les noms de différents présents prévus ou pressentis. Je m'aperçois que je connais ceux des artistes invités mais à part le chef de bande, et un ou deux qui par ailleurs publient, rien des animateurs.

De retour, sur l'internet, je tente de me renseigner un brin, au moins pour comprendre même tardivement les bribes restées mystérieuses de la conversation. Demande autour de moi si l'émission est suivie. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

La plupart des gens que je fréquente et connais ne regarde pas ou plus la télé. Ce n'est ni délibéré ni coordonné : on s'aperçoit simplement au détour d'une conversation qu'on n'est pas la seule personne qui ne suit plus rien, qui ne l'allume pas.

Ce n'est que lorsque la question me revient, Mais et toi, tu vas regarder ? que je m'aperçois que c'est effectivement de l'ordre du possible, que je dispose d'un appareil chez moi et que la chaîne fait partie de celles que nous recevons (je crois). Qu'il est donc techniquement parfaitement envisageable de tenter de suivre la prestation annoncée.

Et que ça ne m'avait pas même effleuré. Exactement de la même façon que s'il avait dit devoir filer à l'aéroport pour être le soir-même dans une ville lointaine où aurait eu une rencontre dans un lieu spécifique au public limité. Et que je ne fais partie ni de ses habitants ni des sélectionnés.

Enfant de banlieue et du siècle dernier qui s'apprêtait à s'achever en quelques lots d'années, j'ai été pourtant éduquée pour partie par le poste, seule ouverture sur le monde, avec la radio (très rationnée) et les livres (moins), qu'à domicile on avait. La télé fut pour moi petite l'amie des jeudi fin d'après-midi.

Mais à présent, étrangement, c'est un monde étranger. Au point d'avoir intégré le fait de n'y avoir plus accès.

Alors qu'il reste parfaitement possible.

Bon courage à celui qui doit s'y coller.

[photo : in situ, et pour une fois un peu bidouillée (par discrétion, pas pour faire joli)]

 

Nabis sine cortice

 

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