Petite collection de coïncidences
Un peu trop "école belge"

Un petit parfum d'antan

aujourd'hui, Bibliothèque François Mitterrand, Paris

28122010

 

Après une nuit éprouvante - avec les copains des VRB nous formions une sorte de gang de type Bonnie & Clyde et mettions un vaste pays à feu et à sang (1) ; à un autre moment je retrouvais l'Homme Réconfortant cette fois-ci avec du temps ; bref le genre de réveil par après où l'on est épuisés par une nuit trop active ... rêvée -, j'ai eu un mal fou à émerger.

Dès lors suis arrivée quelques minutes trop tard pour pouvoir profiter pleinement de ma réservation à la bibliothèque : j'ai pu entrer en salle, une autre place au moins restait disponible mais les ouvrages que j'avais réservés étaient repartis se promener.

L'occasion où jamais d'aller enfin voir l'expo. Depardon sur sa France d'autant qu'elle ferme au 9 janvier donc il était temps de se dégrouiller, puisqu'elle était sur place et juste moi aussi.

Bonheur.

Il a capté comme pour sauvegarde, et avec une technique ancienne qui rend les clichés curieux si précis pour l'immobile et flous pour le vivant, si élégamment si grands, il a capté, donc, ici et là en France des endroits tellement quelconques qu'ils en sont remarquables. Du quelconque pas n'importe comment : du quelconque comme on n'en fait plus.

J'eusse aimé venir avec Stéphanot afin de lui montrer le pays(age) de "Quand j'avais ton âge". Hélas précisément il est à celui où l'on se fout de tout sauf d'un jeu video et pour les plus dégourdis d'un(e) petit(e) ami(e).

C'est curieux comme au fond ce qui a changé c'est principalement la corpulence des gens, leur rare présence témoigne de XXIème siècle, pour le reste le photographe semble avoir travaillé pour un cinéaste pointilleux qui s'apprêterait à tourner une histoire se déroulant dans les années 60.

Seul autre indice, à Chambéry le café Enjoy est un cybercafé.

Saisisante cette image de passants regardant vers le haut de leur village une maison flamber. J'ai d'ailleurs mis un temps à comprendre : vers quoi sont-ils tous retournés ?

Admiration aussi pour la conception de l'expo : une première salle les seules images sans dates ni lieux, puis, une seconde et leur reproduction en petit format si net qu'il en ferait mal aux yeux, cette fois on apprend où ; enfin une zone comportant des explications sur le projet lui-même, les références aux illustres prédécesseurs d'Eugène Atget à Andrew Wyeth, les travaux préludaires, un très joli itinéraire de la vie, étapes et intersections ("1987 rencontre de Claudine Nougaret" - pensée - : pourquoi faut-il que chacune des rencontres déterminantes de ma vie tournent au chagrin majeur, fors une seule pour l'instant ; qu'est-ce que je ne fais pas comme il faudrait ou que je fais comme il ne faudrait pas ? -), des cahiers de repérages, des polaroïds gondolés, à Berck-Plage les premiers essais, pour les amateurs éclairés de bons détails techniques.

Bref, une belle bouffée d'intelligence et de réconfort. J'ai, je crois, bien fait de me lever trop tard.

 

[photo : les cahiers de repérages, trouble exprès]

(1) Pas besoin de quoi que ce psy, c'est juste la lecture de "A good man is hard to find" de Flannery O' Connor, sur les conseils hier de mon amie Claude qui m'a fait trop d'effet et l'inclusion d'un commentaire associé à un statut facemuche qu'à ce sujet j'avais tapé.

J'étais trop bien comme tueur, il faudrait que je songe à tueur à gages pour ma reconversion. Libraire, c'est trop mal payé.

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