One day in a life - face A -
Des âges de la vie (billet bref)

Samedi "au bord du soir"

yesterday, entre Bonne Nouvelle et Satin Lazare

24072010(002)

Je quitte pour une fois une librairie amie sans y avoir acheté le moindre livre. Effet probable d'une mauvaise nouvelle que j'étais passée y recueillir.

 

- C'est pour quel film cette file ?

Elle s'étend jusqu'à hauteur du voisin Monoprix dans lequel je persiste à voir la Fnac (musique) qu'il fut.

- Leonardo di Caprio répond l'un des surveillants rangeurs - toujours se sentir de trop à cette heure de replier les étals -.

En repartant, je passe devant le cinéma. Effectivement "Inception", joue les winners qui takes it all (1), ne laissant plus une miette de spectateurs pour "Tournée", "Yo tambien" et "Tamara Drewe" dont Fauvette parle si bien (mais y aller seule ne me dit rien). Pour avoir vu et apprécié les deux premiers, je sais combien il est injuste que ça soit si déséquilibré.

Parvis de l'opéra Garnier : ils ont tout pigé les quatre danseurs de hip hop qui devant les touristes répartis sur les marches font leur spectacle. Le lieux et sa fréquentation s'y prêtent à merveille. L'un d'eux exécute des mouvements d'acrobate avec une forme de lenteur étonnante : grand et fort (2) il se déplace avec une amplitude qu'ont rarement les danseurs généralement plus toniques, plus fins. On dirait quelqu'un qui a trop grandi mais su conserver ses aptitudes de petit.

Aux commentaires mi-moqueurs mi-ébahis qu'ils font, je comprends que les hommes qu'en montant dans le bus j'avais aperçus répartis au fond sont en fait ensemble.

Devant l'un des cafés de la rue Auber où deux femmes en terrasse prennent un apéritif, l'un d'eux émet une théorie du verre de bière sur lequel on peut lire le nombre de gorgées. J'ai envie d'en rire mais me dis La prochaine fois j'essaierai.

Comme j'ai essayé au sortir de la danse de prendre un vélib en jupe. Belle et simple jupe noire que j'avais, longueur parfaite pour être à l'aise sans trop dévoiler - je n'ai ni l'âge ni les attraits -.

Ils quittent le 20 à l'angle des grands magasins et je comprends à l'empressement que ses copains pour la descendre y mettent que la poussette vide qui gênait le passage à l'un d'eux appartient. Il tient tout contre lui un bébé sage de 3 à 5 mois. Quatre hommes et un couffin. Pour autant pas tout jeunes. L'un d'eux d'ailleurs ressemble vaguement à George Clooney ou du moins à son âge. Comme dans le film à un de moins, ils semblent ne pas savoir s'y prendre. Un peu comme si les trois copains étaient venus chercher le jeune père à son domicile, Allez, c'est samedi soir, on ne te voit plus, viens ! Et qu'en l'absence de la jeune mère il se soit laissé faire, OK mais je prends le petit.

J'eusse aimé pouvoir les photographier et envoyer l'image à Coline Serreau.

Ils m'auront divertie de la mauvaise nouvelle qui ne me concernait pas mais à laquelle je pense pour l'amie qui l'est, et aussi de l'attente d'un message. Je rêve d'un regret ; qu'il soit exprimé.

Aux Boules Parisiennes, un homme âgé, en tenue d'ancien tennisman qui est supposément celle de ces boulistes aussi, prépare l'un des terrains avec soin. J'aime son geste ancestral un peu celui, d'amples va-et-vient, de qui fauchait des foins.

Le message espéré survient mais je ne le lis qu'après : heure de rangement, de dîner, d'écriture. Le lire une fois la paix revenue. L'esprit disponible. Rassurée quoi qu'un peu triste, je me sens ensuite bien. Il ne libèrera (cependant) pas les larmes que je contiens.


(1) Les habitués d'ici auront compris.

(2) et non pas gros, ce n'est pas Obélix.

[photo de téléfonino : in situ]

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