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Curiosité

Tout de suite maintenant, de ma fenêtre

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Les petites maisons que ma cuisine (et celles de mes voisins) surplombe sont depuis quelques années atteintes de crises de croissance estivales. Les unes après les autres elles se mettent à pousser, d'un étage environ.

Cette année c'est malheureusement (pour nous) au tour d'une de celle qui est juste à notre hauteur de cuisine. Un mur de plus en vue, là où je pouvais encore (entr-)apercevoir des jardinets. Mais bon, notre avis n'est pas demandé.

En attendant, je me demande bien comment ils font faire pour les cheminées. Pour l'instant elles semblent incluses sans être surélevées dans le mur préparé. 

Je regretterais les anciennes, qui étaient fort jolies.

[photo : in situ]



Surprenante courtoisie

Tout l'heure en rentrant

Les voisins du dessus en face ont donc depuis plusieurs semaines entrepris d'importants travaux que des ouvriers effectuent. Rien redire : ils respectent des heures dcentes et cette rfection intervient aprs plusieurs annes d'occupation, elle devait tre ncessaire.

l'heure o je rentrais chez moi, il se trouve que sortait de l'ascenseur un de ceux qui y travaille. Il portait un sac de gravats destin tre dpos aux encombrants dont c'est la soire.

Je l'ai salu et vice-versa et aussitt le voil qui se confond en excuses :

- L'ascenseur est tout poussireux pardonnez-moi, ds que j'ai termin je nettoie.

Surprise, je ne sais plus ce que j'ai bredouill, probablement quelque chose comme :

- Mais il n'est pas si sale que a. (ce qui tait effectivement le cas, certains jours de vie normale mais de mto mdiocre il est beaucoup plus sale que la vague trace de poussire que l'on voyait l).

Puis j'ai souhait Bonne soire et renvoy l'ascenseur une fois arrive.

Mais de qui ou de quoi avait-il donc peur ?

Avec l'olibrius de la veille, a faisait une moyenne.

 

 

 

 


Singin' seventies

ce matin, là

N'ayant guère le pouvoir de changer quoi que ce soit au délire swinging 40's (1) du gouvernement du pays où je vis et en attendant que les jeunes se décident enfin à faire la révolution (2) et dans le peu d'espoir qu'en 2012 les gens votent moins cons,

pour aussi enrayer le vague à l'âme consécutif à l'annonce d'un décès de plus parmi ceux dont le boulot mettait du baume au cœur et qui semblaient (3) être des humains honorables et réconfortants, 

pour se consoler de ne même plus pouvoir le faire par usage d'humour noir, parce que l'info en fait désormais toute seule,

je propose ce matin un antidépresseur musical, venues d'années qui de loin paraissent d'une insouciance folle (4). 

Have a rather nice day.

Malgré tout.


(1) Appelation Le Roncier contrôlée, mais c'est hélas tellement tout à fait ça.

(2) C'est pas l'envie de la faire moi-même qui me manque, mais les forces si.

(3) Je ne connaissais pas André Geerts personnellement (ni non plus Bernard Giraudeau) d'où l'emploi de ce verbe (trop) prudent, à cause de la vie qui m'a appris certaines choses assez rudement. Mais je devrais en l'occurrence écrire "qui étaient". Honte à certaines pratiques journalistiques, circonstances et personnes qui m'ont rendue si circonspecte. 

(4) Suis assez vieille pour me souvenir qu'elles ne l'étaient pas tant que ça. Mais au moins on croyait aller vers davantage de liberté et moins de morale répressive et de préjugés.



Lire la suite "Singin' seventies" »


Où il se confirme que les beaux quartiers sont les plus mal famés (mystère postérieur)

Dans le XVIme, quai du RER C, au bord d'une fin d'aprs-midi de juillet

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Le coup n'tait pas port pour faire mal (ou alors c'est rat) ni pour dsquilibrer. J'ai d'ailleurs mis 2 secondes au moins me rendre compte qu'on m'avait envoy ce qu'il convient d'appeler un coup de pied aux fesses. Par dfinition je tournais le dos. Comme j'attendais paisiblement mon tour de monter dans le RER j'tais simplement attentive ceux qui descendaient afin de prendre place ds qu'ils auraient fini.


 

 

ma droite deux touristes asiatiques qui furent aussi sinon plus berlues que moi. Nous avons chang un regard de parfaite incomprhension, la mimique signifiant "Mais qu'est-ce qui lui prend ce type ?" tant internationale. Le type venait de la gauche, probablement qu'il descendait de la rame la porte suivante et son forfait accompli il s'tait loign grande enjambes, hors de ma porte. Il s'tait nanmoins retourn, index en l'air comme quand on met un mme ou un chaton en garde d'une btise ne pas faire

"Attention, attention" a-t-il avertit ou menac (je ne sais), puis il a fil sans rpondre mon geste de perplexit ; j'espre vers la sortie plutt que vers la victime d'aprs. J'espre que ce n'tait pas le dbut d'une phase dlirante chez un grave dsquilibr. J'espre qu'il n'tait pas arm d'autres choses que ses chaussures (propres, en rentrant j'ai vrifi, mon pantalon n'tait pas marqu par son forfait).

Il ne paraissait ni ivre ni sous l'emprise d'un produit aux effets redoutables. Ne semblait pas non plus de ces fous furieux comme on en croise parfois et qui expriment une haine de l'univers entier. Soit il m'avertissait d'un danger, mais sur un mode fort trange (et de quel danger ? Aurais-je mcontent un dieu inconnu ?), soit il tenait marquer que quelque chose que j'avais fait lui dplaisait.

Il tait plutt grand, moyen de corpulence, rien dans son allure ne signalait quoique ce soit de particulier, pantalon sombre, veste claire d't. Il ne ressemblait pas aux strotypes qu'on attribue aux "Roms" (comme ils disent) (je prcise pour calmer les ardeurs lgifratroces de certains). Pas de signes religieux ostenstatoires. On pourrait presque dire qu'il avait l'air calme.

De mon ct, je rentrais d'un rendez-vous li potentiellement un futur travail, j'tais donc habille sans aucune provocation, ni bustier (1), ni jupe courte,  rien de ni trs large, ni chancr, ni trs moulant. Rien de griff, que du discret.

Mon vieux sac main dos ; un sac plastique de magasin avec dedans une bote de rangement et trois bouquins ou plutt deux et un la main (2).
 

Je ne suis ni jeune ni le moins du monde sexy, il ne peut donc pas s'agir d'une technique de drague muscle.

Il tait seul et sans appareil d'enregistrement, il ne s'agissait donc pas d'un plan la je tape, je filme et je diffuse.

Rien ne m'a t vol, il ne s'agissait pas d'une forme brutale (mais efficace) de diversion.

Je ne crois pas avoir rencontr cet homme avant (5). Suis certaine de ne pas l'avoir bouscul : au moment de l'arrive du RER ma hauteur de quai j'tais seule avec les deux touristes. Puis j'attendais donc sur le ct des portes et immobile que les gens descendent.

Je ne me connais pas d'ennemi suffisant pour qu'on me mette un contrat d'intimideur gages. Je ne me connais mme pas d'ennemis du tout ce qui est sans doute signe d'une belle insignifiance : ni en travail ni en amour il ne m'est arriv de prendre la place de quelqu'un d'autre. Des personnes se lassent, s'agacent, malentendent et me quittent parfois, mais rien de plus. Et je peux supposer que s'en aller rsout le problme que je leur posais.

Il n'avait pas l'air de tirer une satisfaction particulire de ce qu'il avait fait, ni moquerie ni fiert, ni soulagement. Plutt un sens du devoir, prvenir, se faire respecter.

Rien de ce que je portais sur et avec moi n'exprimait d'engagement politique ou de socit. Rien qui puisse tre, je crois, pris pour une mauvaise dclaration.

Je n'tais ni en train de tlphoner (ce qui peut exasprer certaines personnes autour) ni de chanter ou fredonner.

Je ne venais pas de prendre une photo (3). a faisait mme un moment que l'appareil tait rang : en attendant le RER, je lisais.

La seule explication que j'ai pu trouver est qu'il m'aurait prise pour quelqu'un d'autre avec qui il avait un vieux compte rgler.

Ce n'est pas trs rassurant : a signifierait que je ressemble fort quelqu'un envers qui d'autres personnes n'prouvent pas un solide amour.
 

 Ou bien : l'une des touristes aura pris une photo et lui se croyant dessus et nous croyant ensemble aura manifest sur moi sa violente dsapprobation. Ce n'est pas exclu : j'avais un peu leur gabarit, mes cheveux, encore noirs d'impression gnrale taient attachs en queue de cheval pour une fois plutt disciplins et nous tions trs proches elles et moi cet instant l, du fait de s'tre mises d'un mme mouvement sur le ct afin de laisser les voyageurs descendre. Comme je lui tournait le dos, il ne pouvait rien deviner de mon type normand (!).

a expliquerait aussi qu'il n'ait pas jug utile de parler part les deux mots prononcs et eu recours un geste qui se voulait loquent.

L'ultime hypothse serait que ma chaise prcdente, mortifie d'avoir t mise (temporairement ?) de ct pour cause de fessier et coxxys douloureux, se soit ainsi fait venger par un fauteuil de ses anciens amants rincarns. L'avertissement serait alors pour me dire de ne surtout pas la laisser tomber (4).

En attendant je constate une fois de plus que les anicroches dsagrables et qui pourraient dgnrer surviennent presque toujours dans les beaux quartiers et des heures sages. Ma vie doit faire mentir beaucoup de statistiques.


 

(1) dont je dcouvre ce soir qu'il peut tre dommageable d'en porter.

(2) "Les derniers amants de Bombay" de Siddharth Dhanvant Shanghvi ; qui dmarre de faon ma foi sympathique et bien rythme.

(3) Les ractions sont de plus en plus hostiles. En deux mois, je me suis fait reprocher trois fois d'en prendre par des personnes qui n'y figuraient pas, sur le mode Ici c'est interdit. Dans un cas, un lieu priv mais ouvert au public, dans les deux autres de simples rues mais o (trafics ?) un(e) photographe gnait - quand bien mme je ne prenais pas en photo les personnes mais un objet urbain -, "le guetteur" intervient, relativement poliment. Et sans doute relativement moins si l'on obtempre pas.

(4) Je vous laisse en guise d'exercice d'atelier d'criture inventer la suite de cette petite (science-)fiction.

(5) Non, non, il ne s'agissait pas de celui de la dernire fois que mon refus d'alors aurait vex.

[photo : en arrivant la station, tout juste auparavant]

addenda du 30/07/10 0h48 : En fait il m'a probablement prise pour un fantme et aura ainsi voulu tester de mon existence relle. a expliquerait les grands pas pour s'loigner, l'air peu flambard, les "Attentions" prononcs tout en reculant et en y rflchissant plus apeurs que menaants. Et qu'il n'ait pas frapp fort mais seulement "pour voir". Je dois ressembler quelqu'un qu'il connaissait et qui est mort. Peut-tre Hati pendant le tremblement de terre (?)

 



Des âges de la vie (billet bref)

ce matin, dans mon agrégateur

Ce billet de Marloute et qui me touche beaucoup : je n'ai en effet compris que très tard cet effet de désertification qu'entraîne le grand âge (1), alors qu'elle qui est au bord d'être jeune maman a tout saisi. Merci à elle.

Il y a cette similitude d'une correspondance, mais qui, de mon côté, c'est faite comme ça sans intention, s'est établie, s'est mise à compter.

Me reste à parvenir de "faire avec" le racisme révélé de ma propre mère, que si longtemps je n'ai pas voulu voir et qui à présent me rend incapable de la fréquenter.

J'ai beau avoir acquis de l'âge, tout ce qui concerne le rejet d'un groupe d'autres et les aveuglements religieux dangereux, quels que soient les dieux, me laisse incapable d'affection pour qui les émet. Et comme je ne sais pas faire montre de cette hypocrisie qui consiste à voir les gens par convenances, me voilà vis-à-vis de certains dans des impasses sans fin. Elles tendent à le rester puisque depuis ces quatre dernières années si peu de personnes me manquent quand elles ne sont pas ou plus là.

J'espère que l'âge venant, je ne ferai pas honte à mes propres enfants.

(1) à ma décharge je n'ai pas eu ou si peu de grand-mères. Et puis la vie sans être des pires loin de là, n'a pas fait de cadeaux. C'est seulement depuis un an un peu plus qu'au lieu d'être la tête dans le guidon et concentrée sur tenir tenir tenir jusqu'à la fin d'étape, je peux regarder le paysage, les alentours, et ses habitants.


Samedi "au bord du soir"

yesterday, entre Bonne Nouvelle et Satin Lazare

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Je quitte pour une fois une librairie amie sans y avoir acheté le moindre livre. Effet probable d'une mauvaise nouvelle que j'étais passée y recueillir.

 

- C'est pour quel film cette file ?

Elle s'étend jusqu'à hauteur du voisin Monoprix dans lequel je persiste à voir la Fnac (musique) qu'il fut.

- Leonardo di Caprio répond l'un des surveillants rangeurs - toujours se sentir de trop à cette heure de replier les étals -.

En repartant, je passe devant le cinéma. Effectivement "Inception", joue les winners qui takes it all (1), ne laissant plus une miette de spectateurs pour "Tournée", "Yo tambien" et "Tamara Drewe" dont Fauvette parle si bien (mais y aller seule ne me dit rien). Pour avoir vu et apprécié les deux premiers, je sais combien il est injuste que ça soit si déséquilibré.

Parvis de l'opéra Garnier : ils ont tout pigé les quatre danseurs de hip hop qui devant les touristes répartis sur les marches font leur spectacle. Le lieux et sa fréquentation s'y prêtent à merveille. L'un d'eux exécute des mouvements d'acrobate avec une forme de lenteur étonnante : grand et fort (2) il se déplace avec une amplitude qu'ont rarement les danseurs généralement plus toniques, plus fins. On dirait quelqu'un qui a trop grandi mais su conserver ses aptitudes de petit.

Aux commentaires mi-moqueurs mi-ébahis qu'ils font, je comprends que les hommes qu'en montant dans le bus j'avais aperçus répartis au fond sont en fait ensemble.

Devant l'un des cafés de la rue Auber où deux femmes en terrasse prennent un apéritif, l'un d'eux émet une théorie du verre de bière sur lequel on peut lire le nombre de gorgées. J'ai envie d'en rire mais me dis La prochaine fois j'essaierai.

Comme j'ai essayé au sortir de la danse de prendre un vélib en jupe. Belle et simple jupe noire que j'avais, longueur parfaite pour être à l'aise sans trop dévoiler - je n'ai ni l'âge ni les attraits -.

Ils quittent le 20 à l'angle des grands magasins et je comprends à l'empressement que ses copains pour la descendre y mettent que la poussette vide qui gênait le passage à l'un d'eux appartient. Il tient tout contre lui un bébé sage de 3 à 5 mois. Quatre hommes et un couffin. Pour autant pas tout jeunes. L'un d'eux d'ailleurs ressemble vaguement à George Clooney ou du moins à son âge. Comme dans le film à un de moins, ils semblent ne pas savoir s'y prendre. Un peu comme si les trois copains étaient venus chercher le jeune père à son domicile, Allez, c'est samedi soir, on ne te voit plus, viens ! Et qu'en l'absence de la jeune mère il se soit laissé faire, OK mais je prends le petit.

J'eusse aimé pouvoir les photographier et envoyer l'image à Coline Serreau.

Ils m'auront divertie de la mauvaise nouvelle qui ne me concernait pas mais à laquelle je pense pour l'amie qui l'est, et aussi de l'attente d'un message. Je rêve d'un regret ; qu'il soit exprimé.

Aux Boules Parisiennes, un homme âgé, en tenue d'ancien tennisman qui est supposément celle de ces boulistes aussi, prépare l'un des terrains avec soin. J'aime son geste ancestral un peu celui, d'amples va-et-vient, de qui fauchait des foins.

Le message espéré survient mais je ne le lis qu'après : heure de rangement, de dîner, d'écriture. Le lire une fois la paix revenue. L'esprit disponible. Rassurée quoi qu'un peu triste, je me sens ensuite bien. Il ne libèrera (cependant) pas les larmes que je contiens.


(1) Les habitués d'ici auront compris.

(2) et non pas gros, ce n'est pas Obélix.

[photo de téléfonino : in situ]

One day in a life - face A -

en 2010, en juillet là où la connexion suivait

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Abandonnant lâchement ma maison aux mille travaux, non pas qu'ils aient lieu chez moi (il y aurait pourtant de quoi) mais dans le voisinage immédiat (1), j'ai choisi en ce juillet d'aller travailler au grès du reste où ça pouvait.


Nos machines modernes et le wi-fi (quand il y est) permettent en nomade de travailler et c'est quelque chose qui me va profondément, doit traîner en moi, hérité de mes parents, un gêne du migrant (2).

J'ai ainsi pu dépoter une part d'un ancien chantier urgent à force de traîner, commencer enfin la lecture d'un livre que j'étais impatiente de découvrir (3), me mettre enfin sérieusement à la compilation de mes participations au petit journal du Tiers Livre de François Bon, rédiger une nouvelle de max 10000 signes pour les amis de l'Astrée, et la relire (4), remettre à jour mon fotolog, un retard que j'avais dans le petit journal, entamer un bref roman, écrire ici et amorcer deux autres chantiers - mon côté Tout corps d'état ne sait avancer que comme ça -.

Force est de constater que je travaille deux fois plus fort quand il fait délicieusement chaud comme tous ces jours derniers. Me reste donc égoïstement à commander une canicule impitoyable pour août ou à écrire un best-seller qui me permettrait de me retirer en Toscane (5) dès que bon me semblerait.

PS : Toute proposition concernant Berlin (ils m'ont fait envie les amis qui cet été s'y succèdent) et Bruxelles est néanmoins la bienvenue ;-).


(1) Ces deux derniers mois, en travaux lourds perçants et percutants ça n'arrête pas : au dessus dessus, puis au dessus en face (compréhensible : ils ont déménagé et refont l'appartement pour le louer), puis l'ascenseur en panne et réparation grave et à présent comme l'été passé mais au lieu de derrière le mur juste devant ma fenêtre, une des petites maisons de la cité voisine qui voit son toit pousser. Je peux écrire dans des conditions mouvementées, mais là ça fait beaucoup.

(2) Façon de parler, loin de moi toutes théories de prédestination et prédétermination.

(3) et dont voilà le blog-journal d'accompagnement.

(4) Et comme dab j'ai repéré une fois le travail envoyé deux ou trois des "petits diables" dont Martin Page parle ici si bien, en plus que cette façon qu'il a de les désigner leur va si bien.

(5) En espérant que la Toscane de ma jeunesse dans l'intervalle n'a pas trop bougé / endroits de beauté, origine du monde, lieux de recueillement et CHALEUR


L'oubli

Ligne 2 un matin, en direction des gares


Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sentent bon le sable chaud, et ils montent dans la rame cheveux mêchés et sacs à dos. De ces sacs non pas de baroudeurs, mais de qui tient à voyager en sac, le bagage à roulettes, c'est fait pour les vieux.
Ils sont silencieux, tranquilles, en mode un train à prendre mais on a le temps.

Le plus artistement (dé)coiffé porte soudain la main droite sur l'une des poches de son pantalon, lui aussi de type Au-bout-du-monde-l'exploration et émet ce seul son :

- Oups.


Alors ils se regardent et vite ils redescendent à l'instant même où les portes sonnaient.


Pas un mot échangé, seulement la hâte d'aller, au plus vite, rechercher l'objet (un portefeuille ? un téléphone ? un document d'identité ? rien de ça mais qui comptait ?) oublié.

Oh why oh why can't I ?

à l'instant sur Paris / Clichy et sans doute toute l'Ile (de France)

P7210014 Il est loin, bien loin d'être le plus bel arc-en-ciel que j'ai vu par ici, et je n'ai pas su en photo lui rendre hommage.

Néanmoins la lumière, juste avant juste après fut si belle pour une tombée du soir, et parce que je venais de lire ceci, et je songeais au livre prochain au film ancien quand il est apparu, j'ai été bêtement émue, convertie (1), saisie et toute chantante.

Puis j'ai repris espoir (2).


(1) mais j'ignore à quoi ou à qui.

(2) mais j'ignore en quoi ou en qui.

D'autres photos par là, bien faibles par rapport à la lumière qui s'offrait. Disons que c'est pour se le rappeler.

Pour les plus jeunes ou les moins cinéphiles, l'extrait de film concerné :


Ça a vieilli, oui, je sais. Il n'empêche qu'en son temps, et moi enfant ou adolescente on pouvait encore y être sensible.

Et une spéciale dédicace pour Zvezdo qui, si j'ai bien compris, a fait ce que je n'ai pas osé (sortir voir tellement c'était beau).


Pickpockets patentés

Hier, ligne 13, station Plaisance entre 15 et 16

Je venais de prêter attention à l'annonce en me disant qu'elle m'agaçait (1). Variante des pickpockets susceptibles, celle-ci ordonnait "Pour ne pas tenter les pickpockets assurez-vous de bien fermer votre sac et gardez un œil sur vos effets personnels".

Qu'on se le dise, les pickpockets n'ont pas besoin d'être tentés, fors quelques cas de cleptomanie chic qui ne concernent pas les professionnels, ils viennent dans les lieux publics exprès pour exercer leur activité.

Grâce à la bonne compagnie d'une amie, j'avais passé quelques heures providentielles, comme je suis reconnaissante à ma vie désormais d'en offrir, alors je décidais volontairement de laisser tomber l'exaspération.

Ce ne fut pas le cas d'une personne dans mes âges, habillée et équipée en forme de femme active, et qui attendait sa rame assise sur l'un des sièges de l'autre quai. Elle pesta à voix haute et intelligible

"C'est infantilisant, ils prennent les gens pour des crétins !". Elle exprima qu'il y en a marre, puis reprit en même temps que son téléphone en main pour passer un appel, le cours plus personnel de son existence. Je m'estimais trop loin d'elle pour qu'un assentiment de ma part puisse être perceptible et gardais donc pour moi à ses propos l'accord, en plus qu'alors que l'annonce était répétée et toujours en français, j'eus la vision soudaine d'un visiteur étranger qui à la Buñel du "Chien andalou" (2) prendrait l'œil gardé sur le bagage au premier degré.

Une rame arriva de mon côté et tranquillement je montai.

(1) d'autant plus qu'on sait qu'elles n'empêchent rien, même si l'on s'efforce à de la vigilance. Il suffit simplement d'être seul(e)s, un peu chargés ou fatigués et dépourvus d'yeux dans le dos.

(2) Soyez rassurés, ce n'est que la bande annonce et l'œil n'y est pas. Néanmoins NSFFENPD (Not Safe For Femmes Enceintes Ni Petit Déjeuner)

*        *        *

Pendant ce temps ou presque, dans un bus 27. C'est chez Martine Sonnet et à la fois sensible du quotidien, et instructif au sujet de la façon dont nous nous laissons collectivement, comment dire, entuber.