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Au voisinage du bonheur, tout près

vendredi, à Paris

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On pourrait dire qu'il y a des jours comme ça. Seulement ça tombe que depuis presque 5 ans je n'en avais plus connus.

Un jour doux, en forme non seulement moi mais les miens, sans l'ombre d'un souci majeur (1), sans aucun tracas digne qu'on s'y arrête.

Un jour où l'on avance correctement dans son travail. Mais sans non plus s'y surmener.

Un jour où l'on fait ce qui est devant être fait sans pour autant que ça pèse.

Un jour où l'on gagne au loto (49,90 € hélas, pas de quoi aider qui j'aimerais ni racheter le violon volé l'an passé).

Un jour où l'on a au téléphone une amie qu'on espère revoir bientôt. Un jour où le chagrin qu'on porte et qui a succédé à un ou deux autres qui nous minaient, consent à rester calme. Où il nous laisse les tripes en paix. Où il se contente de teinter nos heures d'une forme de nostalgie de ce qui pourrait être, mais sans empêcher qu'elles soient ce qu'elles sont.

Un jour où après un hiver qui tenait au zéro, on voit enfin réapparaître en plus du soleil quelques bons degrés.

Un jour avec un moment de grâce, offert par un ami.

C'est de cette magie-là,  dont je voudrais parler. Un concert à l'Opéra Comique en tout début d'après-midi. Depuis que mon temps est mien, je déplore souvent qu'ils aient lieu le soir. Bien évidemment je n'ai pas oublié que c'est le seul moment possible pour qui a ses journées professionnellement occupées et une fort bonne façon à leur fin de décompresser. Seulement pour les musiciens comme pour le public des heures de journées seraient plus propices en terme de ce qu'ils peuvent offrir et ce qu'on peut capter (2).

J'avais accepté avec joie la place sachant les bons goûts mélomanes de qui me la proposait. Puis m'étais empressée d'oublier de qui ou quoi il s'agissait. Longtemps causé par le manque de temps et les surmenages, cette habitude m'est restée de finalement me contenter de me souvenir d'une date, d'un lieu, d'où j'ai mis mon ticket (3) et puis une fois sur place de me laisser embarquer. Et sur l'œuvre ou ceux qui la portent me renseigner après.

C'est une excellente façon de capter la grâce lorsqu'elle apparaît. On n'attendait rien, on est à l'écoute. On se laisse ainsi beaucoup mieux convier.

Ce fut le cas ce vendredi. Le pianiste était parfait : pour accompagner un chanteur, une cantatrice, être excellent ne suffit pas. Il faut également la capacité et qui n'est pas offerte à tous de se mettre au service du chant. Ce mélange de hautes qualités et d'abnégation est rare. Stéphane Jamin l'a.

Quant à la jeune femme qui chantait (4), et si de fins limiers de la moindre faute trouveraient éventuellement à pinailler sur quelques pianissimi imparfaits ou une respiration parfois trop présente, bon sang quelle générosité et quelle présence et quelle bonne voix. Elle ne s'est pas contenté de chanter, elle nous a présenté en quelques mots chaque pièce, ce qui pour des personnes comme moi est parfait - j'aime la musique, j'apprécie le chant classique mais je manque d'une réelle culture -, et puis surtout elle les a jouées. Comme elle était drôle la vieille dame consolante du "Savoir attendre" de De Beauplan. Et si douloureuse la plainte de Madame Tastu (relayée par Saint Saëns). Et belle la Venise d'Alfred. À vous faire oublier un chagrin d'amour - et, plog, je m'y connais -.

Je ne crois pas du public avoir été la seule à m'être sentie séduite. Il y a eu des rires, des frémissements, dont celui de joie anticipative à l'annonce des "Berceaux" de Fauré en bis tant espéré. On se croisait ensuite avec de grands sourires puisqu'en plus du concert un petit verre était offert après. Je ne crois pas avoir entrevu une seule personne déçue.

Désormais je vais tenter de suivre quand elle participera à un concert ou mieux, un opéra.

Le petit surcroît de plénitude comme la vie en offre parfois quand elle y est décidée est que les lieux où le concert était donné sont juste en face de l'ancienne bibliothèque (à présent une salle des ventes :-( ) où j'avais rencontré pour la première fois quelqu'un qui écrivait grâce aux bibliothécaires qui l'avaient invité. Il s'agissait de Nicolas Bouvier. Peu de mots échangés, à l'époque j'étais si loin de me douter qu'un jour j'aurais la prétention de me lancer dans l'aventure de l'écriture, et si timide aussi. Mais elle a beaucoup compté.

Et puis ce qui m'a permis de mesurer la distance intersidérale accomplie depuis ma libération tout ça se passait à une encablure des locaux où j'ai tant peiné et trop subi quand je devais y travailler. Je n'en doutais pas, seulement ça n'est pas rien. Beaucoup de travail m'attend mais enfin ma voix est libre.


[photo : en flânant sur les Grands Boulevards ce jour-là, n'y pas voir de rapport avec le chant] 

(1) Passé un certain âge ça devient de plus en plus rare ne serait-ce que parce que si notre propre santé ne se dégrade pas, la probabilité d'avoir un vieux parent durement malade s'accroît.

(2) et d'ailleurs lu ceci aujourd'hui :

"Où diable est née cette convention qui veut que les spectacles aient lieu le soir ? Un concert de grand matin, ne serait-ce pas une magnifique façon de commencer la journée ? Myriam est matinale. Et spécialement les jours où elle joue. Aux premières lueurs de l'aube, elle bondit littéralement hors du lit et craint à chaque fois d'être ensuite fatiguée au moment d'entrer en scène. Si elle pouvait jouer à neuf heures du matin, elle mettrait le public en transe, c'est sûr."

in "Ceux qui marchent dans les villes" de Jean-François Dauven (ed. Flammarion page 151)

(3) et qui me l'a offert s'il s'agit d'un cadeau. Encore merci.

(4) Isabelle Druet.


De l'effet Zahir étendu (une variante sonore)

Jeudi après-midi, La Défense et plus loin

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Afin de surseoir au coup de blues inévitable qui du fait de solitude me saisit désormais après chaque heureux moment entre amis, j'avais décidé après un doux déjeuner joyeux et bien accompagné, d'explorer la zone vers Nanterre préfecture et qui est depuis un moment en chantiers.

Il pleuvait mais j'étais équipée et dès lors que le froid est supportable, la pluie ne me dérange pas. Je me suis donc accordée une bonne chasse photos, malgré la météo défavorable. Je tentais en vain de me souvenir de ce qu'il y avait là avant.

Certains immeubles de bureaux montraient des signes tangibles d'occupation. Lumières aux étages. Grappes de fumeurs malheureux à leurs pieds. Ici ou là un point de restauration plus ou moins rapide. Rues désertes et droites. Seuls les véhicules qui passaient rapidement sous l'averse semblaient vraiment vivants. Perdus dans les zones en travaux, quelques relativement vieux immeubles tentaient de surnager. J'ignore si on peut le dire encore de leurs habitants auxquels je trouve bien du mérite d'ainsi résister. Je suppose qu'ils n'ont pas le choix. Me souviens des temps où Nanterre était constituée pour partie de bidonvilles pour les abrités desquels une HLM toute récente était un progrès social et quotidien immense.

Je retrouvai sans l'avoir voulu  le bâtiment sinistre et très préfectoral où j'avais fin 2005 croisé Wytejczk pour l'une des dernières fois avant qu'il ne sorte entièrement de ma vie. Cette étrange réponse qu'il avait eue "Je n'y peux rien" quand je lui avais donné des nouvelles de mon aînée alors malade et que sur le moment je n'avais pas comprise mais 6 ou 7 mois plus tard lors d'un déjeuner avec une amie qui m'avait rapporté les mêmes propos tenus par quelqu'un d'autre sur un problème de boulot. Et combien j'avais été à Nanterre ce jour-là si préoccupée que je n'avais pas su prendre en compte cette petite alerte ou au moins lui demander ce qu'il entendait par là.

Ce qui était à présent curieux était que tout, tout autour, avait totalement changé. D'anciennes friches étaient devenues d'orgueilleux immeubles. Des chantiers mettaient de la vie dans tout ce gris. La démolition d'un vieil immeuble pièces par pièce ajoutait de la mort.

Et c'était un peu à l'image de ma vie, l'élément de tristesse qui avait peu bougé, ou s'était trouvé substitué, et le reste, tout le reste sauf mon lieu d'habitation qui s'était trouvé bouleversé. Et les travaux, tant de travaux, en cours. 

À un moment donné, la pluie qui commençait à travers mon manteau à percer eût raison de ma résistance. Je me mis donc en quête d'un endroit où prendre un café et autre escale technique.

Dans mon sac le livre "Feu" de Régine Vandamme que je relis en vue d'une chronique que je souhaite rédiger. Il m'a profondément touchée et j'aimerais le partager. Le temps de boire un café je repris ma relecture d'où elle en était.

La radio du vague mais accueillant estaminet où j'avais trouvé refuge distillait d'anciens tubes des années 80, et pratiquement à l'instant même où je reconnus d'Eurythmics "Here comes the rain again", si particulièrement adapté à la météo du jour, je tombais sur cette page  : P2250027

Et l'on a beau se dire qu'il s'agit des fruits d'un malicieux hasard, ça reste très troublant, comme si l'esprit des lieux avait quelque chose à me communiquer.

La lecture, hélas, n'en a apporté aucune clef.

Plus tard il fut temps de rentrer sans plus s'attarder.

[photos : in situ]

PS : sur l'effet Zahir, voir David Madore son inventeur.





Bon signe

Ce soir, in my chaotic but cosy kitchen

P2240001 C'est en rattrapant mon retard de lecture de quelques blogs amis que grâce à Xave je me rends compte que j'ai affronté sans même y accorder une pensée, la semaine passée une très difficilement oubliable date anniversaire.

Mais voilà, ce même jour cette année, alors que je suis libérée depuis plus d'un an du job qui me maintenait clouée au sol et comme enchaînée au chagrin, j'étais au Petit Palais, en train de parler osselets en fort bonne compagnie après avoir écouté pendant 1 heure et demi causer de littérature de façon simple et instructive, piaffant d'impatience de retrouver l'ordinateur afin de tester au plus vite la viabilité de quelques idées qui grâce à Dominique Fabre et Sylvie Gouttebaron m'étaient venues.

Merci à eux ainsi qu'à Éric Faye et Jean-François Dauven, dont il me reste à découvrir les livres.

La soirée de la veille je l'avais passée auprès de Bertrand Tavernier (merci à Michèle et Alain qui l'ont rendue possible). Et durant toute la semaine s'étaient succédés entre deux moments de travail, déjeuners amicaux délicieux, concert et théâtre, lecture en librairie et nager et chanter, expédition pour une expo.

C'est aussi le moment où j'ai pu lire "Le quai de Ouistreham" et comme un juste retour des choses, le réconfort qu'il m'apportait tombant à point nommé.

Chez moi tout le monde allait bien (1) et Stéphanot faisait libraire, à son initiative.

Ce n'était pas un choix consciemment volontaire, je n'avais pas délibérément décidé du calendrier, mais il m'aura permis de vérifier deux lapalissades :

- un chagrin frais peut servir à tout prendre à atténuer le précédent, surtout si qui l'engendre a très efficacement contribué au préalable à une part non négligeable de la guérison ; ça ne résout pas tout mais c'est toujours ça de pris.

- il est infiniment plus facile de guérir d'un tourment affectif même durable et profond lorsque l'on mène par ailleurs une vie de rêve. Étonnant, non ?


(1) fait remarquable, l'air de rien

[photo : ciel clichois, le 24 février, enfin bleu ciel]


La suite de la semaine sans

lundi matin, hall de l'immeuble

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Les anciennes n'étaient pas aux normes, et pas pratiques non plus. Je reçois souvent des livres et notre factrice devait me maudire à présent que leurs tournées sont quasi minutées d'avoir à perdre du temps à monter jusqu'à l'étage ou à attendre que je réponde puis dévale les escaliers.

Nous avons donc dûment payé de nouvelles boîtes à lettres de la vieille poste de sur la terre. Hé oui, le tout-numérique n'est pas encore possible.

Une date était fixée et une affiche apposée dans l'entrée de notre immeuble nous en avait prévenu : lundi 22 février les boîtes seront changées.

Elles l'ont été.

Première surprise, alors que la dépose des anciennes et la fixation des nouvelles devait quand même nécessiter l'emploi de perceuses ou autres appareils bruyants, je n'ai rien entendu du tout (?).

Seconde surprise : on se retrouve bête devant une boîte à notre nom dont on n'a pas la clef (1).Ce qui m'a bien fait rire, tant ça complétait presque logiquement cette étrange "semaine sans".

(1) Elles étaient en fait dans les anciennes boîtes posées par terre, mais comme rien ne l'indiquait je n'y ai songé qu'après.

[photo : in situ, flouté]


Le vrai scandale de la (petite) restauration roubaisienne

aujourd'hui, à Roubaix

P2210172 Le tram est dans 20 minutes. Je suis frigorifiée de fatigue autant que de température extérieure.

Nous entrons dans le premier café voisin de l'arrêt. Un café brasserie tout ce qu'il y a d'habituel. Qui aurait pu s'appeler Le Balto ou le Narval ou Le café de la gare du tram, s'il n'avait pas eu un autre nom.

- Bonsoir.

- Bonsoir, deux cafés s'il vous plaît.

Le garçon acquiesce, se dit qu'on a des têtes de pas d'ici, ou en tout cas l'allure ou au moins la femme (moi) ; se sent alors tenu de préciser.

- Le café ici, c'est un grand.

- Ah oui, pardon, deux expressos alors.

Nous nous sommes souvenu que la Belgique est proche et qu'un café y est un truc dilué et mollasson servi dans des grandes tasses, qu'il faut préciser un expresso si l'on en veut un vrai.

- Non, en fait on en fait pas, le dimanche après 15 heures on ne sert plus que des grands cafés ; des expressos doubles si vous voulez.

- Ben alors un café pour deux, répond l'Homme que sa proverbiale radinerie pour une fois inspire, et avant même que j'aie eu le temps d'émettre le moindre son, occupée que j'étais à comprendre pourquoi diable.

Et le serveur zélé décarre fissa, pas la place pour un moindre "Pourquoi ?" et le dépose ensuite trop vite (sur son plateau, je crois, la commande d'une autre table à garnir juste après) pour que nous puissions poser la moindre question.

Nous avons donc obtenu et doucement partagé cet irréductible café. Il ressemble à un café de café français pas très fort, mais davantage que ceux à l'américaine ou des distributeurs automatiques, servi dans une grande tasse large comme celles des crèmes. Il coûte 2,80 €, ce qui nous laisse l'impression qu'il ne s'agit pas de faire du profit (ou bien sommes-nous déformés par nos prix de parisiens ?). Il n'est pas mauvais.

Il nous faut filer en laissant la monnaie sur la table parce que le tram arrive. Nous n'avons donc pas l'occasion d'entamer ou compléter un dialogue qui nous aurait éclairé.


Y aurait-il une coutume locale qui interdirait de toucher des petites tasses le dimanche l'hiver "au bord du soir" sous peine de malédiction transmissible à de nombreuses et ultérieures générations ? Un quelconque dieu que ça offusquerait ? Un sport nordiste dont elles seraient l'ustensile et dont les rencontres auraient lieu le dimanche en fin d'après-midi ?

La gentillesse fataliste et ferme du serveur semble écarter toute hypothèse de type canular ou moquerie envers les bourgeois franciliens de passage. À moins qu'il ne fût un très parfait comédien. Nous n'avons vu aucune caméra cachée.

Nous étions deux, le risque est donc faible que nous ayons mal entendu (et tous les deux mal entendu la même chose exactement).

Peut-être tout simplement que c'était notre semaine sans (1).

Et si le phénomène ne concerne pas que nous, il pourrait bien s'agir d'un nouveau scandale : le dimanche à Roubaix en fin d'après-midi, il n'y a pas moyen d'obtenir un simple vrai café expresso classique français.

[photo : fast-food Quick, Roubaix]


(1) Pour mémoire nous avions déjà eu droit plus haut dans la semaine à la boulangerie sans pain. Alors après tout le café sans expresso ...

J'espère que nous échapperons à la banque sans argent et surtout si nous tombons malades à la pharmacie sans médicaments.

PS : Cette anecdote étant 100 % réelle, je suis preneuse de toute explication rationnelle, à présent qu'il est un peu tard pour demander Mais pourquoi ? Le 15 heures nous laisse perplexes particulièrement. L'expresso de 14 h 55 doit être un rare délice.



Une bouffée de fierté

hier "au bord du soir", dans le métro.

Exceptionnellement assise dans la ligne 13 au départ de Clichy, je lisais "Le Monde des Livres". J'ai senti sur moi un regard. C'était un monsieur des sièges d'en face qui m'observait avec une gentille attention inquiète.

J'ai alors compris qu'en silence je pleurais.


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Si le peuple n'a pas de pain qu'il avale un croissant

ce matin, cosy and chaotic kitchen ; intérieur jour


La mère [retour de piscine mais les cheveux secs] : - Bonjour mon gars.

Le fils [rivé à son ordinateur où il vient de triompher de quelque force du Mal] : - Bonjour Maman, tu étais où ?

La mère : - À la piscine.

[Elle file à la cuisine. Sur la table pas de pain mais un (et un seul) croissant]

La mère [retournant vers la salle où se trouve l'ordinateur fixe et donc le fiston] : - Tu as déjeuné ?

Le fils : - Non, pas encore.

La mère : - Il est pour toi le croissant ?

Le fils : - Ça dépend. Y a du pain ?

La mère : - Non, seulement un croissant.

[S'ensuit un échange de politesses pour savoir qui va manger le croissant, finalement l'enfant ; puis la mère repart dans la cuisine où du travail, mais pas de croissant, l'attend. Elle se contentera stoïquement d'une biscotte à la pasta speculoos (crunchy, l'air de rien)]

La mère [au fils qui vient la rejoindre pour prendre son petit-déjeuner] : - C'est quand même bizarre, ton père aurait été acheter un croissant sans acheter de pain ?

Bohort : - Je me demande comment vous faites, moi je serais incapable de trouver de quoi manger dans la forêt.

Le fils : - Je dormais, j'en sais rien.

La mère [en son fort intérieur, nuit] : - Quand même, il va pas bien, pourquoi acheter un croissant sans pain alors qu'on est deux, trois ou quatre ?

Fondu enchaîné

*        *        *

écran d'ordinateur, intérieur virtuel mais si lumineux, sous-fenêtre MSN

Le père : - Il faut acheter du pain ?

La mère : - Oui, il n'y en avait pas ce matin et je ne suis pas ressortie. Il y avait un croissant.

Le père : - C'est le four il était en panne à la boulangerie. Pas de four pas de pain.

Bohort : - C'est drôlement ingénieux !

Noir

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Tentative d'épuisement d'un lieu inexistant : l'invitation malencontreuse

Il y a maintenant plus d'un an après maintes hésitations je me suis inscrite à facemuche. Compte tenu du job qu'alors j'avais, je craignais passablement des usages détournés qui auraient pu à mon insu être faits. Mais plusieurs amis (de la vie "en vrai" ;-) ) m'avaient convaincue que pour certaines choses et notamment des événements auxquels ils souhaitaient me convier, c'était fort utile.

J'y suis donc allée à la fois sur la pointe des pieds, en laissant le moins possible d'informations strictement personnelles, mais néanmoins avec la grande curiosité de tester toutes les possibilités.

En particulier assez vite après les premières "pages" d'inscription, me fut proposé un croisement d'informations avec mon carnet d'adresses si d'aventure j'en avais un sur tel ou tel outil. gmail était cité.

Or j'ai un compte gmail. Je m'en sers comme zone de stockage / pour tester que ma messagerie principale fonctionne (aux jours de hoquets de celle-ci je me mets en copie puis peux supposer que si j'ai reçu mon exemplaire gmail mon destinataire l'aura aussi) / pour avoir une adresse à offrir en pâture aux sites qui le demandent.

J'avais donc été y voir. Comment pouvait bien fonctionner la mise en relation ? J'imaginais que viendrait à un moment donné un écran de confirmation et que je n'aurais pas besoin d'aller jusqu'au fond de la démarche ou pourrais au moins effectuer une sévère sélection.

L'écran existe peut-être (ou existait, les choses peuvent avoir changé), mais je ne l'avais pas vu. Mon carnet d'adresses sur gmail est lui aussi plutôt une zone de sauvegarde. Y figurent mes correspondants habituels car je dépose de temps à autre une copie de celui de ma messagerie. Y sont également tout bien répertoriés d'époque parce que c'était alors l'outil le plus efficace pour les envois groupés, les membres de l'ex-comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun.

Enfin s'y trouvent tout un lot d'adresses dont j'ignore comment elles ont atterri là. Peut-être expéditeurs de messages occasionnels qu'une option automatique que je ne maîtrise pas a sauvegardé là. Ou des destinataires compagnons de messages largement diffusés par des personnes que je connais (1). Bref, c'est quand même un peu le bazar dans ce coin-là.

Ce qui fait qu'en pratique, puisque je n'ai pas su freiner à temps, j'ai probablement envoyé involontairement des invitations facemuche à une part de monde entier bien supérieure à celle de mes amis proches que j'espérais y retrouver. Et ainsi aussi à d'autres amis proches dont je connaissais à l'égard de l'outil la grande méfiance voire l'hostilité et que je ne souhaitais pas déranger à ce sujet.

Cette malencontreuse manœuvre mal-maîtrisée aura sans doute contribué à éloigner définitivement de moi des personnes qui ne s'adonnaient aux usages internautiques qu'avec réticence et m'avaient déjà fait part de leur désapprobation quant à mon audace (!) dans ce domaine qui les effraie.

Elle m'a permis à l'époque de reprendre contact avec quelques autres - ça tombait bien puisque j'émergeais lentement d'années difficiles où certains s'étaient défaits malgré moi -.Et enfin de constater que bien plus de monde que je ne le supposais y était déjà. Et que de la même façon que nos blogs sont toujours plus (+) lus et moins lus qu'on ne le croit, ce ne sont pas toujours ceux qu'on s'attend à retrouver là qui s'y sont risqués.

Une quinzaine de mois plus tard, je ne regrette pas de l'avoir fait. Et quelques-uns qui m'ont suivie apparemment sont satisfaits.

Que ça n'empêche pas une saine vigilance.

(1) Il m'est arrivé plusieurs fois de souhaiter envoyer un message à quelqu'un de mes connaissances, taper le début de son nom, constater que j'avais son adresse et ne plus savoir du tout comment ni quand je l'avais obtenue. Je suppose par le biais de messages d'amis communs où ils furent en copie simple

PS grâce à Christine Genin : Et puis il y a aussi de belles utilisations de facemachin

Chez Boulet : Roméo et Juliette 2010  (Les parents comprène pas l'amour - Juliette Capulet aime ça)

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Une pub (recyclable et) pas trop mal réussie ... seulement à première vue

Aujourd'hui au courrier postal des boîtes à lettres concrètes d'en bas au rez-de-chaussée.


C'est une simple feuille blanche de format A4 à vu de nez du 80 gr, blancheur et opacité, glissée bien à plat dans les boîtes, et écrite en simple recto, donc chic alors je vais pouvoir recycler.

Moi que les réclames ridicules et menteuses agacent facilement, pour une fois je le suis moins.

Pas de présentation alambiquée mais claire propre et au plus simple les arguments d'appels. Il s'agit d'immobilier, un appartement de X m2 aurait été vendu XX0000 euros dans le quartier, mais "La publicité génère encore des appels d'acquéreurs potentiels dont vous pouvez bénéficier si vous avez le projet de vendre", les infos pratiques utiles, la précision que l'estimation du bien sera gratuite (1).

Deux éléments seulement sont énervants, la mention "responsable de votre résidence" - nanmého, qui es-tu monsieur pour oser prétendre à ce titre, l'immeuble n'est pas à vendre - et qu'il manque une adresse mail ou au moins le site d'une agence. Celle-ci n'ayant pas de nom précis, on peut légitimement supposer qu'il ne s'agit d'un particulier qui irait à la pêche pour son compte personnel.

En attendant, j'ai de quoi au moins imprimer un chapitre et comme il va falloir que je sorte un peu de mots sur du papier pour pouvoir les faire circuler auprès de ceux que les écrans fatiguent, voilà qui m'arrange bien.


(1) Je serai curieuse de savoir dans quel cas elles ne le sont pas. J'ai la chance de n'avoir pas été concernée depuis fort longtemps. toujours (en fait je n'ai jamais vendu de bien immobilier, il eût fallu que j'en possédasse ou sois mandatée)