Comme si exprimer nos craintes les faisaient arriver
Le cumul des perplexités

J'avais un frère, je l'ignorais

Entre jeudi et tard cette nuit, dans ma banlieue, parfois dans Paris

Saint Malo_P5120215


Il y a parfois des romans dont on sait avant même de les avoir ouverts qu'ils vont tout changer.

On ne connaît pourtant pas ou très vaguement leur sujet.
Généralement on suit leur auteur depuis plusieurs années. On sait déjà qu'on a pour son travail une sensibilité.

Ces livres ont leurs facultés propres. S'y ajoute qu'il surviennent à point nommé.

Un peu comme un poison ou un médicament dont on sait que pris au réveil ou au contraire le soir il feront beaucoup plus d'effet.

Le dernier pour moi était aussi en janvier.

2003.


Et curieusement sa fin et celle de celui-ci sont en fraternité et ressemblent au doux réveillon de 31 décembre qu'il m'a été donné de vivre cette année : on est quelques humains à se vouloir du bien et s'accorder une trêve, on sait les lendemains promis difficiles, mais on se serre les coudes en cet instant privilégié qu'on souhaite savourer. Malgré les menaces de soi et du monde.


L'un m'a jetée dans l'écriture, celui-ci me balance là où je refusais stoïquement de m'aventurer. J'ai soudain un jeune frère pourvu de grâce et de grandes capacités de travail et de maturité qui vient de me dire, Vas-y, il faut y aller, c'est possible tu sais. Et il écrit pour moi et défriche le chemin, puis reprend le sien propre et me souffle, le reste c'est ta vie, personne d'autre ne peut, vas-y.

Il n'est pas le premier a avoir tenté de m'entraîner vers ces falaises qu'il me faut vaincre ou parvenir à contourner pour accéder enfin à d'autres paysages qui seuls pourront me sauver. Quelqu'un déjà m'a pris la main et accompagnée comme il le pouvait, mais je n'ai pas pu tenir et me suis effondrée, épuisée, incapable de faire un pas de plus, terrorisée par les conséquences possibles.
La chute guette sans arrêt les chemins escarpés. Et la peur épouvantable d'entraîner ceux qu'on aime ou qui nous ont aimé(e).

Entre temps j'ai repris des forces, malgré quelques vents secondaires d'arrière-garde ridicules et mauvais.

Il faut y aller, j'irai. Je dois retraverser ma première mort pour retrouver la vie. Let it be.

Merci Olivier(s).


[photo : Saint Malo, kayak orange]

  


Comment ça ils sont cryptiques mes billets ?, mais ils viennent directement de Lutèce, mes billets ! (et ils sont limpides comme un ciel de banlieue)
 ;-) (plaisanterie privée, pardon à ceux qui ne sont pas concernés)

Commentaires