What have you done on Obama's day ?
13 + 3 + 9 + 13 - 6 (ou mardi moins six)

De prosopagnosie et pompiers (accès, présence)

aujourd'hui (quelle journée !)

PICT0010

 


Je non-fume en compagnie d'un collègue survivant que soumet la nicotine. S'approche une personne qui s'abrite sous l'auvent. Et me salue chaleureusement.
Bien sûr nous ne nous étions pas vues depuis fort longtemps (peut-être 5 ans), bien sûr elle est enmitoufflée (mais je le suis aussi et de bien pire façon) ; n'empêche elle n'a pas changé et j'ai pourtant un temps blanc avant de l'identifier et de me réjouir.
D'ailleurs nous n'allons pas tarder à nous revoir, exprès.
J'en suis heureuse.

Mon vide n'était pas lié à la personne mais au lieu. Il m'empêchait - cerveau et souvenirs personnels abandonnés à l'entrée, méthode Levi (Primo) pour tenir quand c'est nécessité -.
Deux fois en à peine plus d'un mois que l'effacement est (trop) efficace et qu'il concerne qui ça ne devrait pas. Veiller à ne pas perdre toute humanité à force d'encaisser.


Retour maison. Le bord du soir est dépassé depuis longtemps, j'ai tardé sur un travail - souci technique subi, pas de mon fait - et aussi la nuit tombe à l'heure du goûter. Alors forcément, passé 19 heures ...
Devant chez moi, une voiture de pompiers, "intervention sur risques chimiques et radiologiques". Les lettres peintes sur un véhicule de taille ordinaire sont plus flippantes que la grande échelle si elle était dressée.
Je me précipite dans le hall. Aucune odeur, pas d'incendie. Faire comme à l'ordinaire, mais sans s'attarder. Où sont les enfants ?
Trois étages plus tard, je suis rassurée.
Dans l'immeuble pourtant sonore, aucun bruit particulier.
Que faisait-donc là ce véhicule ? Il est en double file. Une autre adresse eût-elle été concernée, il aurait double-filé à côté.

La soirée très vite me happe par ses nécessité. Le seul avantage d'être coupée du monde de l'internet aux heures usinées, c'est l'appétence qu'en rentrant ça crée. Que sont devenus les amis ? Vont-ils bien ? Qu'ont-ils écrit ?

Plus tard, je prends une douche. Crois sous l'eau qui coule entendre sonner à l'entrée. Devine la voix de Stéphanot et le bruit de la porte. Sans doute un voisin. Nous nous entendons bien et l'entraide est courante. Pas un des moindres charmes de cette habitation. Comme ce fut le cas avec la plupart de ses vagues successifs d'habitants (1), je pourrais presque croire à un sympathique sortilège dû à la construction.
Fatiguée, je suis lente. Mais finalement lavée. Détendue. Un peu triste : c'est l'heure où la pensée des ami(e)s éloigné(e)s tenue tout le jour en respect revient s'infiltrer. D'autant plus qu'aujourd'hui, pas le moindre courrier. J'ai toujours un vague espoir que la période des voeux aux signes de vie soit favorable.
Stéphanot me confirme que ça a sonné. Il dit sans émotion, C'était les pompiers.
Devant ma question muette, teintée d'inquiétude, s'empresse de complèter, Pour les calendriers.

Raté pour cette année - il a peut-être ouvert mais n'avait pas d'argent et personne d'autre que nous n'était dans la maison -. N'empêche, ce ne serait pas plus mal que la tournée ait lieu en décembre et sur un véhicule un peu moins inquiétant, ni traineaux, ni rennes, mais juste un camion rouge et sans trop d'inscriptions. 
 



(1) A notre arrivée, il y a plus loin que 17 ans, beaucoup de personnes d'un grand âge, et nous les benjamins, en plus pourvu d'enfant. Puis peu à peu les remplacements par des jeunes couples. Compte tenu de la taille des appartements, ils s'attardent rarement au delà de deux descendants en bas âge. Puis s'envolent vers des mètres carrés plus abondants et arrivent les suivants.


[photo : les traces qui peuvent rester - ou pas -]


   


Le titre choisi n'est pas sans rapport avec celui-ci :

pareidolie

merci François (pour changer !, de même que pour KMS il me semble que je pourrais indiquer en ces lieux un merci permanent)

Commentaires