"Nous y voilà, nous y sommes ..."
"Ce qu'offre le bain de mer quand [enfin] il fait beau ..."

A Paris cette fois-ci et pour nous douce fin d'année civile

     

Hier au soir ou bien cette nuit, entre banlieue et Paris même


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Je suis un poète du bitume proclame le garçon, un tantinet présomptueux, à ses camarades auxquels il vient de faire une lecture commentée du journal qui sur la banquette du métro traînait.

Ils chahutent, oscillent entre respect et irrévérence, frontière de la provoc.
Débarqués parmi un lot de bienveillants, ils offriront le versant joyeux.

Plus tard dans la soirée, sans doute ça va dégénérer. Trop d'énergie, l'envie d'en découdre, de rappeler qu'ils existent qu'on le veuille ou non. Je viens d'où ils sont et si ma propre place au monde, quoique calme est incertaine, je ne l'oublie jamais.

Nous étions tous au summum de notre plénitude, dit-il après avoir (un peu) (trop) bu d'excellents grands crus avec bulles et aussi sans.

Alors voilà 2009 c'est ça, des collants par terre dans la rue, mais c'est n'importe quoi, clame au bord d'une larme la très jeune femme pourtant bien accompagnée, à la vue de cette pauvre pièce d'habillement abandonnée au pied d'un arrêt de bus.Je me demande quelle peine ce collant catalyse et comment cet objet noir a pu atterrir là.

Le clochard s'est installé sur le large trottoir tout près des voies glacées. Son campement contrairement à d'autres dont on sent que de quelques détails ils sont restés soigneux, comme un zeste de conscience préservée, montre qu'il a entièrement renoncé. On dirait qu'il attend que le froid le délivre. Je me souviens de mon enfance, quand n'étaient à la rue que ceux qui d'une façon ou d'une autre pour partie le choisissait. A présent il est si rapide, si aisé de dégringoler.

Nous croisons quelques personnes, naïfs dans notre genre qui ont cru que le métro plus tard se prolongerait. Bonne Année, bonne année dit l'un des hommes. A la réponse émise, il explique à l'enfant qui auprès de lui vaillamment avance malgré l'heure si tardive, Tu vois, ce soir, les gens sont gentils, c'est un jour de fête.

Est-ce qu'aux autres on ne peut pas ?

Le périphérique marque la frontière entre plusieurs mondes. J'aime toujours autant jouer la contrebandière et faire circuler liens, langages et denrées. Aux bons moments, aux bonnes années être de nulle part et l'éternel transfuge offre des havres partout et les meilleurs partages de chaque humanité.

Aux temps sombres qui s'annoncent, il faudra s'en rappeler.

[photo : rue de Rome, la nuit dernière]


spéciale dédicace à Florence et Luc  à qui nous devons une si belle soirée (dont j'ai choisi de ne pas parler, ce lieu-ci étant public et plutôt l'endroit des trajets, mais je tenais à remercier).


 

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