Monsieur Hulot manquait
"Nous y voilà, nous y sommes ..."

O ma ligne 13, ô ma bien aimée

      


Aujourd'hui plus qu'hier (et bien moins que ...)

   


Il a pensé à me prévenir, que la ligne 13 ce matin panouillait sévère. Je ne crois pas être une femme (trop) exigeante, mais j'apprécie qu'on me dise si un transport ne fonctionne pas et qu'on m'y précède. Cela permet parfois d'envisager des alternatives.

Hélas ce matin, les trains non plus, n'allaient pas bien, du moins sur la ligne qui dessert Clichy - Levallois.

Et pour les Vélibs, il faisait trop froid (en tout cas pour moi). Je crois que l'an passé j'étais plus courageuse. Ou que j'avais moins de scrupules à arriver à "l'usine" encore prise d'une bonne suée (1). Et que j'avais la tension moins basse, ce qui ne se contrôle pas.

Entre attendre longtemps sur un quai extérieur et attendre longtemps sur un quai abrité, j'ai donc choisi le moindre mal et suis finalement parvenue à atteindre sans trop d'encombres mon lieu de travail salarié.

On sentait les touristes un peu décontenancés, sauf peut-être les citadins japonais que j'imagine aux pousseurs accoutumés. Pardon me dit la grosse dame qui commettait l'erreur de se lever d'avance ce qui quand les sardines sont soigneusement tassées ne sert à rien d'autre qu'à accroître la compression, sa présence même empêchant que quiconque puisse se faufiler pour profiter immédiatement de la place libérée. Je fis signe que je ne pouvais bouger, ce qu'elle sembla comprendre.

Une autre moins volumineuse me demanda avant la station d'après inquiète des 150 personnes qu'il lui faudrait franchir avant de pouvoir atteindre le quai et dont je constituais le plus proche maillon, Vous descendez ?

Pas de panique ma bonne dame, tout le monde descend et ceux qui doivent remontent après. (J'ai juste fait oui de la tête, pas le courage de me lancer dans les explications, ni non plus de faire mentir la légende du parisien peu amène, question de standing ?,  perspective de la journée ? chagrins qui m'ont trop minée pour que je me soucie désormais de l'effet fait ?)

C'était une rame ancien modèle (2), et j'ai pu lire ; comme ça pouvait, mais éviter ainsi de perdre ce temps contraint dans sa totalité. Je n'étais pas la seule. Seulement aujourd'hui on sentait les regards, légèrement surpris, des touristes qu'un tel acharnement étonnait. Comment pouvaient-ils se douter que l'avarie annoncée qui retardait les rames et nous concentrait encore davantage nous était coutumière et d'être si comprimés ?

[photo plus tard : je blogue d'un cyber-endroit, c'est la pause déjeuner]


(1) inévitable sur la montée de la Porte de Clichy jusqu'à La Fourche.


(2) Les nouvelles, résolument de droite dans leur conception même (3), permettent plus de confort aux rares assis vu la largeur des sièges et sans doute un coefficient d'entassement global supérieur, mais beaucoup moins de partage de l'espace disponible. Ainsi sont moins nombreux les coins où se caler, debout, dans l'idée de pouvoir malgré tout bouquiner ou au moins en partie des remous se protéger.

(3) En gros : les privilégiés le sont davantage et les autres peuvent crever, comme s'il existait un quelconque mérite a être premier installé.

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