"C'est le début de quelque chose mais de quoi ? (un amour, un naufrage, un roman ?)"
Une recherche de Noël

Le complot des cafetières (et autres machines à café)

ou La redoutable Erreur Neuf

 

Ici et ces jours-ci


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D'accord, je le confesse, la mienne je l'ai surexploitée, lui ai fait subir l'affront d'affirmer que nous l'avions depuis deux ans seulement alors qu'elle en compte trois parmi nous et ne la nettoie sans doute pas aussi souvent qu'il le faudrait - mon côté sorcière du logis aux pouvoirs en panne -.

Mais elle ne semblait pas mécontente de son sort, me causait même en italien, me saluait d'un doux Buongiorno tous les matins et Arrivederci quand je l'éteignais.

Tout juste si parfois elle réclamais un rincage ou une petite toilette quand elle en avait marc d'être encrassée.

Alors voilà qu'un triste matin de la semaine passée, alors que je cherchais quelque réconfort dans le chaleureux breuvage qu'elle me confectionnait, sans prévenir, au débotté, elle a sombré dans l'Erreur 9 et plus moyen après de la ramener à la vie normale. Malgré différentes tentatives bienveillante, le café ressortait par là où il était censé ne pas s'évacuer, l'eau coulait sous la coque et le grain résistait.

Je m'en serais simplement remise à la fatalité qui depuis 3 bonnes années m'affectionne un peu trop, si dans le même temps les gros distributeurs qui à l'usine équipent un local près de la cour où les fumeurs peuvent fumer et les buveurs (de café) boire, ne s'étaient également mis en rideau avec des symptômes tournants (plus d'eau, plus de café, plus de gobelets, pièces recrachées ...) qui les rendent inefficace depuis une longue semaine.

Une conversation me fait souvenir que pareille mésaventure, le café malade au domicile comme sur le lieu de travail salarié, est arrivée tout récemment à une amie. Quelqu'un d'autre parallèlement m'a rapporté que sa machine Whatelse l'a définitivement lâché il y a une quinzaine et un copain trouve que la sienne depuis quelque temps fabrique un breuvage d'un goût douteux quand à peine avant il était délicieux.

Les cafetières surmenées par tant de gens qui travaillent de plus en plus pour gagner presque rien, auraient-elles décidé d'organiser une séditieuse sécession ? Broieraient-elles du noir à force d'en fabriquer ?

En attendant que ce mystère ne soit élucidé, ma cuisine semble toute vide, bien que réintégrée pour ma part laborieuse.

Eugène (1) par sa présence fidèle tente de me rassurer, mais moi qui ai fait mien l'adage de Daniel (2), je me sens (prise au) dépourvu(e). 

[photo : en août dernier, du temps où elle aimait me taquiner en remplissant parfois mes verres à ras bord]

(1) dragon domestique, voir parmi les tous premiers billets, ceux d'une époque où la fantaisie me seyait.

(2) Le meilleur lieu pour écrire c'est le plus près possible de la cafetière (mais lui le dit mieux).

Spéciales dédicaces à Kozlika et à Martin Winckler.


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