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"Nous y voilà, nous y sommes ..."

Ici et maintenant,


Alors que je m'apprêtais à terminer cette année civile sur un billet probablement (trop) introspectif, voilà que déboule devant tout le reste un texte de Fred Vargas que j'ai découvert grâce à Cultive ton jardin.

Le reste attendra.

Je n'aime pas reproduire un texte sans l'accord de son auteur, qui que celui-là soit, mais là je crois qu'il est bon de ne pas tarder et que plus large en sera la diffusion mieux ça vaudra.

Il a donc été écrit pour le numéro 59-60 de la revue Le Croquant dont le thème est "Homo detritus : du rejet au projet"

sommaire détaillé déniché par ici (blog de Joël Clerget)

site de la revue par là (mais hélas pas tout à fait à jour ?).

blog qui m'a permis de trouver d'où le texte venait : Bernard Gensane

et enfin, le texte lui-même :

    


"Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance.
Nous avons chanté.
Nous avons dansé.
Quand je dis « nous », entendons un petit quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones.
Franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.
On a réussi des trucs épatants, très difficiles, comme de faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s’est marrés.
Franchement on en a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.

A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.
- On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié.
Sauvez-moi, ou crevez avec moi - à l’exception des fourmis qui nous survivront, car très résistantes, et peu portées sur la danse.
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux.
D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue ! Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, - attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille, récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés !).
S’efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d’échappatoire, allons-y.
Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grands spécialités de l’homme,
sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième Révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore."

Fred Vargas



O ma ligne 13, ô ma bien aimée

      


Aujourd'hui plus qu'hier (et bien moins que ...)

   


Il a pensé à me prévenir, que la ligne 13 ce matin panouillait sévère. Je ne crois pas être une femme (trop) exigeante, mais j'apprécie qu'on me dise si un transport ne fonctionne pas et qu'on m'y précède. Cela permet parfois d'envisager des alternatives.

Hélas ce matin, les trains non plus, n'allaient pas bien, du moins sur la ligne qui dessert Clichy - Levallois.

Et pour les Vélibs, il faisait trop froid (en tout cas pour moi). Je crois que l'an passé j'étais plus courageuse. Ou que j'avais moins de scrupules à arriver à "l'usine" encore prise d'une bonne suée (1). Et que j'avais la tension moins basse, ce qui ne se contrôle pas.

Entre attendre longtemps sur un quai extérieur et attendre longtemps sur un quai abrité, j'ai donc choisi le moindre mal et suis finalement parvenue à atteindre sans trop d'encombres mon lieu de travail salarié.

On sentait les touristes un peu décontenancés, sauf peut-être les citadins japonais que j'imagine aux pousseurs accoutumés. Pardon me dit la grosse dame qui commettait l'erreur de se lever d'avance ce qui quand les sardines sont soigneusement tassées ne sert à rien d'autre qu'à accroître la compression, sa présence même empêchant que quiconque puisse se faufiler pour profiter immédiatement de la place libérée. Je fis signe que je ne pouvais bouger, ce qu'elle sembla comprendre.

Une autre moins volumineuse me demanda avant la station d'après inquiète des 150 personnes qu'il lui faudrait franchir avant de pouvoir atteindre le quai et dont je constituais le plus proche maillon, Vous descendez ?

Pas de panique ma bonne dame, tout le monde descend et ceux qui doivent remontent après. (J'ai juste fait oui de la tête, pas le courage de me lancer dans les explications, ni non plus de faire mentir la légende du parisien peu amène, question de standing ?,  perspective de la journée ? chagrins qui m'ont trop minée pour que je me soucie désormais de l'effet fait ?)

C'était une rame ancien modèle (2), et j'ai pu lire ; comme ça pouvait, mais éviter ainsi de perdre ce temps contraint dans sa totalité. Je n'étais pas la seule. Seulement aujourd'hui on sentait les regards, légèrement surpris, des touristes qu'un tel acharnement étonnait. Comment pouvaient-ils se douter que l'avarie annoncée qui retardait les rames et nous concentrait encore davantage nous était coutumière et d'être si comprimés ?

[photo plus tard : je blogue d'un cyber-endroit, c'est la pause déjeuner]


(1) inévitable sur la montée de la Porte de Clichy jusqu'à La Fourche.


(2) Les nouvelles, résolument de droite dans leur conception même (3), permettent plus de confort aux rares assis vu la largeur des sièges et sans doute un coefficient d'entassement global supérieur, mais beaucoup moins de partage de l'espace disponible. Ainsi sont moins nombreux les coins où se caler, debout, dans l'idée de pouvoir malgré tout bouquiner ou au moins en partie des remous se protéger.

(3) En gros : les privilégiés le sont davantage et les autres peuvent crever, comme s'il existait un quelconque mérite a être premier installé.


Monsieur Hulot manquait

       

Samedi dernier, entre Paris et Angers

 

Le train qui jusque-là filait à vive allure a ralenti. Il devait marquer un arrêt à Angers. Mais je sens bien qu'il est encore trop tôt pour y être arrivé.
Quelque chose s'est passé.

PC270259

La voix un peu pâle le commandant de bord nous annonce que l'avion a été détourné le communiquant de  service nous annonce que le train précédant a fait l'objet d'une collision. Avec une voiture. Vide de tout occupant. On soupçonne un acte de sabotage ajoute-t-il en signe d'allégeance à l'air du temps.
Nous allons nous arrêter au Mans et serons sans doute détournés sur Rennes. Le retard à prévoir pour Nantes sera d'une heure et demie. Les personnes qui devaient aller à Angers sont invitée au Mans à prendre la correspondance avec le TER numéro xxxx. Nous vous tiendrons au courant dés que nous aurons de nouvelles informations.

Je dégaine comme presque chacun mon téléfonino. Me contenterai d'un ou deux brefs textos, personne à l'arrivée ne nous attendait, le retard ne nous privera s'il ne se prolonge pas que d'une demi-matinée de tourisme. J'appréhende un peu une éventuelle correspondance forcée : j'ai prévu de travailler, pris mon ordinateur, et du coup suis un peu encombrée.

Le train s'arrête au Mans. Je pense à l'ami Marc dont la chaleureuse présence depuis quelques temps s'est faite plus distante. J'espère qu'il n'est pas atteint à son tour par de lourds soucis. Je sais combien il peut devenir difficile par période de maintenir un lien avec nos bons amis, accaparés comme adulte on peut l'être entre travail densifié, famille, difficultés surgies, et éventuel changement de vie.

Pendant que je pense nos hôtes ne chôment pas. Une puis une autre annonce pour les passagers à destination d'Angers. Correspondance mise en place TER numéro xxxx quai X. Quelques personnes prennent leurs bagages et filent sans tarder.

D'autres (r)appellent leur parentèle. Aux premiers efforts de téléphoner des plateformes ont déjà succédé la lassitude et de le faire sans bouger. Il est amusant de constater combien certains avaient mis en place des organisations élaborées afin de venir les chercher. Enfin, amusant pour qui n'est pas concerné.

Et combien les parents qu'on devine un peu vieux, l'appelant n'est pas si jeune, il parle en criant de peur qu'on l'entende mal, "C'est pas la peine de partir maintenant, non c'est pas la peine, non je sais pas quand j'arriverai mais toi, là, reste à la maison", et d'une incompréhension, et insiste "Tu laisses ton portable allumé, hein, je risque de te rappeler.", demandent du ménagement. On voit un paquet cadeau dépasser de son sac.

Une dizaine de minutes passent que j'écoule à songer. Jadis j'eusse appelé Wytejczk, nous eussions plaisanté, il m'aurait dit ce qu'aux infos sur l'incident on racontait.

Je me contente d'un mot à Stéphanot, de peur qu'il ne s'inquiète s'il capte une info parlant d'un train accidenté dans la direction où l'on allait. Et d'un texto à un ami qui a subi récemment semblable mésaventure - un cerf leur avait-on dit avant d'envoyer en prisons quelques êtres humains -.

Soudain, nouvelle annonce, hésitante et qui tente maladroitement de le masquer. Finalement nous irons jusqu'à Angers où nous marquerons l'arrêt. Mais pour la suite, c'est incertain. On sent celui qui parle agacé de recevoir des instructions contradictoires, mais sommé de coûte que coûte communiquer.

Je regarde par la vitre. Je m'attends à voir des personnes arriver remontant du quai où l'on vient de les envoyer. Mais le TER est sans doute parti et eux avec, ignorant qu'ils auraient finalement pu rester.

Je souris en songeant à celui des films de Jacques Tati dont un semblable mouvement forme une scène d'ouverture. Le train repart. Je reçois d'un ami un message sympathique et me rendors en partielle vigilance afin de ne pas manquer les prochaines instructions.

Plus tard des contrôleurs, visiblement soucieux de ne pas mécontenter, viendront nous délivrer un cours express sur la circulation en voie unique qui sera notre lot jusqu'à destination. Les gens somnolent, s'occupent et s'accommodent. Un homme jeune deux rangs non loin, dissimule mal son amusement d'échapper au déjeuner prévu avec belle-maman. Son allégresse me divertit qui exaspère sa femme.

De l'accident préalable il ne sera plus question. On peut juste espérer que personne ne fut blessé.

[photo : in situ ou peu après de l'arrêt à Angers]


"Si j’ai depuis perdu tout espoir (mais non mes convictions) [...]"

       


Alors que je me souciais de son auteur, voilà que je tombe ce matin sur un texte datant d'octobre, pour quelqu'un comme moi un splendide cadeau de Noël, je me sens moins seule après l'avoir lu (1), alors je partage, sait-on jamais :

Mai 68 et après  (Dominique Manotti)

Ce qui est amusant c'est qu'il n'est pas totalement sans rapport avec les photos publiées ici hier. Ces petites cités de pavillons tous identiques selon deux ou trois modèles étaient en effet typiques de quelque chose de ces années-là, même si le type qui les avaient conçues, l'idée étant que les gens pas riches puissent quand même accéder à la petite maison (2), se révéla un peu d'un escroc (3). Les barrières étaient basses, il existait des lieux communs, une réelle convivialité que la configuration des lieux favorisait.
Ces quartiers sont mornes à présent : vieillissement des habitants, le renouvellement étant relativement faible, haussement des clôtures, abandon des équipements collectifs, plus de gamins dans les rues, seulement quelques personnes et qui promènent leur chien.


(1) et ça me confirme plus que jamais ce sentiment d'appartenance permanent à la génération de mes légers aînés (5 à 10 ans de plus que mon âge calendaire) et qui participe de ma solitude - car cependant je ne peux partager de souvenirs concrets, et auprès de ceux de mon âge je n'apparais que comme une soixante-huitarde attardée -. Je mourrai décalée. 

(2) Les normes de construction n'étaient pas ce qu'elles sont, et d'ailleurs les habitants d'HLM anciens peuvent encore en témoigner, les murs mitoyens étaient en carton et l'insonorisation quasi inexistante. Les gens rêvèrent donc très vite d'une maison à soi.

(3) Je n'en trouve que très peu de traces à présent (cet extrait d'un livre dont ce n'est pas le principal sujet), mais pour résumer ce que j'en ai retenu, mais que j'aurais bien voulu pouvoir consolider (ou infirmer) : pour accéder à ces petits pavillons il fallait adhérer à une association, l'ACGIS, dont Marcel Barbu était le dirigeant. Or il semblerait et à l'époque il en fut question dans les médias nationaux, que d'une part le pourcentage qu'il s'octroyait était un peu plus que confortable et d'autre part que des fonds propre de l'association avait servi à financer sa campagne électorale pour les présidentielles de 1965.

Cela dit, l'idée était belle, de permettre ce type d'accession au logement (4) et je crois me rappeler, du moins où l'on habitait, que les gens quand ça s'est su, ne lui en tenaient pas (trop) rigueur, un peu comme pour les dirigeants d'équipe de foot qui magouillent et permettent à l'équipe de gagner. Alors ils disaient, il a abusé mais n'empêche grâce à lui on a pu se loger.

(4) Je pense que la plupart des familles n'aurait pas obtenu de crédits bancaires immobiliers classiques, pas assez d'apport personnel, revenus pas assez élevés. Les familles étaient pourvues d'enfants, certaines nombreuses, les femmes travaillaient peu à l'extérieur et les messieurs tenaient souvent des emplois entre ouvrier qualifié et cadre inférieur. En seconds achetants, une dizaine d'années plus tard sont apparus des jeunes couples d'enseignants.


Une recherche de Noël

 
Aujourd'hui, sur l'outil de statistiques associé à l'un des blogs annexes de celui-ci


Un grand remerciement à celui (1) qui est arrivé "chez moi" en cherchant dans la nuit de dimanche à lundi :

« mon amour tout ca pour que tu sache que tu peux tout me dire ne crains rien je suis avec toi »

Même si, déçu de mon peu d'empressement à apporter une quelconque solution de secours dans l'expression, il ne sera resté qu'une page et zéro seconde.
Et si ma perplexité est grande quant à savoir que celui-là de mes blogs arrive parmi la 161 ème et la 170 ème recherche sur 23200 que l'on trouve en l'effectuant.

Je trouve que c'est une très jolie recherche pour un soir de Noël et j'admire sa ténacité.
Navrée de n'avoir pas su aider.


(1) Je suis persuadée qu'il s'agit d'un garçon. Ces à-priori qu'on se découvre parfois et qui peuvent être faux.


Le complot des cafetières (et autres machines à café)

ou La redoutable Erreur Neuf

 

Ici et ces jours-ci


PICT0036

D'accord, je le confesse, la mienne je l'ai surexploitée, lui ai fait subir l'affront d'affirmer que nous l'avions depuis deux ans seulement alors qu'elle en compte trois parmi nous et ne la nettoie sans doute pas aussi souvent qu'il le faudrait - mon côté sorcière du logis aux pouvoirs en panne -.

Mais elle ne semblait pas mécontente de son sort, me causait même en italien, me saluait d'un doux Buongiorno tous les matins et Arrivederci quand je l'éteignais.

Tout juste si parfois elle réclamais un rincage ou une petite toilette quand elle en avait marc d'être encrassée.

Alors voilà qu'un triste matin de la semaine passée, alors que je cherchais quelque réconfort dans le chaleureux breuvage qu'elle me confectionnait, sans prévenir, au débotté, elle a sombré dans l'Erreur 9 et plus moyen après de la ramener à la vie normale. Malgré différentes tentatives bienveillante, le café ressortait par là où il était censé ne pas s'évacuer, l'eau coulait sous la coque et le grain résistait.

Je m'en serais simplement remise à la fatalité qui depuis 3 bonnes années m'affectionne un peu trop, si dans le même temps les gros distributeurs qui à l'usine équipent un local près de la cour où les fumeurs peuvent fumer et les buveurs (de café) boire, ne s'étaient également mis en rideau avec des symptômes tournants (plus d'eau, plus de café, plus de gobelets, pièces recrachées ...) qui les rendent inefficace depuis une longue semaine.

Une conversation me fait souvenir que pareille mésaventure, le café malade au domicile comme sur le lieu de travail salarié, est arrivée tout récemment à une amie. Quelqu'un d'autre parallèlement m'a rapporté que sa machine Whatelse l'a définitivement lâché il y a une quinzaine et un copain trouve que la sienne depuis quelque temps fabrique un breuvage d'un goût douteux quand à peine avant il était délicieux.

Les cafetières surmenées par tant de gens qui travaillent de plus en plus pour gagner presque rien, auraient-elles décidé d'organiser une séditieuse sécession ? Broieraient-elles du noir à force d'en fabriquer ?

En attendant que ce mystère ne soit élucidé, ma cuisine semble toute vide, bien que réintégrée pour ma part laborieuse.

Eugène (1) par sa présence fidèle tente de me rassurer, mais moi qui ai fait mien l'adage de Daniel (2), je me sens (prise au) dépourvu(e). 

[photo : en août dernier, du temps où elle aimait me taquiner en remplissant parfois mes verres à ras bord]

(1) dragon domestique, voir parmi les tous premiers billets, ceux d'une époque où la fantaisie me seyait.

(2) Le meilleur lieu pour écrire c'est le plus près possible de la cafetière (mais lui le dit mieux).

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"C'est le début de quelque chose mais de quoi ? (un amour, un naufrage, un roman ?)"

    

Ça date du 26/08/2003 à 19h15, c'est à dire deux mois après que le premier texte me soit tombé dessus et en gros deux avant que je ne tombe dans le piège pourtant connu du traditionnel VCGA, suivent des mots atrocement prémonitoires comme quoi avant le naufrage je n'aurais pas totalement manqué de lucidité.
Je n'avais juste pas su imaginer les enchaînements de circonstances inimaginables qui suivraient.

Rien qu'en ce qui concernait le travail, il y avait péril à s'y laisser entraîner et je l'avais perçu.
Si j'avais su me parler à moi-même, j'aurais écrit N'y va pas (1) ça va te tuer.
Curieusement, le "C'est" n'y est jamais explicité et plus de 5 douloureuses années après, j'en ai perdu la mémoire.

Mais je suis bien décidée si un peu de temps m'est finalement encore accordé après tant d'échappées étroites et belles, à honorer au plus vite l'hypothèse trois et pourquoi pas retrouver la un, ses sortilèges et ses dangers.

Tout n'est pas perdu, seulement trois années. C'est bien assez.

(1) dans l'écriture

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Ces grèves pourtant durables dont on ne parle pas

Ce matin mais depuis un moment déjà

02122008


  

Piégée, bêtement prise au piège (et non pas en otage, j'y tiens), par le peu de souci de qui me précédait et aurait pu prévenir, un texto "Prends le métro" n'est pas si cher, par la mention sans doute trop rapide qui en fut faite aux infos radio du matin même et que je n'ai pas du tout entendue, voilà que croyant terminée la grève qui sévit depuis plus d'une semaine (voire deux) sur le réseau Paris Saint Lazare, je me suis pointée à  l'heure d'usine sur un quai qui ne risquait pas de voir s'arrêter le moindre train avant 27 minutes plus tard.

Sur un trajet total qui en fait une quarantaine (je suis privilégiée, je sais) et une fréquence habituelle de 10 à 15 minutes, 27 ça fait long. Je suis en trop basse tension ces temps-ci pour filer en lib, me voilà donc contrainte à l'usage lent du bus. J'arrive tard au bureau en m'étant pourtant levée à l'heure dite afin d'éviter ça.

La veille : une amie dans le métro et qui connaît le métier, me parle des grèves de novembre. Sur le coup je crois voir, ce n'est que plus tard, chez moi, que je me dirais que Ah bon c'était donc ça le mois dernier sur sa ligne les ennuis récurrents. J'avais cru à "des problèmes de signalisation".

Le courrier par ailleurs connaît d'étranges irrégularités. Un certain jour du mois dernier, alors que je patientais dans l'attente d'un paquet, et qu'un autre citoyen exprimait une colère au guichet voisin, on lui a répondu, C'est à cause de la grève, vous savez. J'ignorais totalement qu'il y en avait une en cours, et qui durait. L'air étonné d'autres personnes me fit comprendre que je n'étais point seule.

Je ne parle pas des grèves dans les collèges, les IUT, les lycées. Celles-là sont très visibles ... Certains cours ont pourtant lieu.

Alors j'ai peut-être tout faux, puisque j'exprime quelque chose de ressenti, que c'est sans doute extrêmement parisien  (1), peut-être aussi que c'est la poste de par chez moi qui est en pointillés et seulement celle-là. N'empêche j'ai comme une impression qu'un filtre fort est appliqué dans les médias classiques entre les arrêts volontaires de service dont il convient de parler et ceux qu'on doit taire, dans le premier cas afin d'excuser le retrait ou le report d'une ou l'autre réforme bâclée (3), dans le second afin que l'ensemble de ceux qui ne sont pas directement concernés ignorent que ça proteste, et que peut-être mais sans qu'on le sache, une grande partie du pays en ce moment ne fonctionne pas.

Je serais curieuse de savoir si vous éprouvez la même impression ou si ma situation salariale et géographique me fait jouer de malchance.

En attendant pour ce soir j'hésite sur le trajet retour à envisager. Peut-être le vélib en espérant ne pas chuter (4).

 


(1) J'ai toujours pensé lorsque sur un média national on annonçait les grèves de transports de la capitale, que ça devait sembler  bien pesant à l'ensemble des Français  (2).

(2) au sens de : personnes vivant et travaillant ou chômant en France (pour les distinguer des touristes ou  professionnels de passage)

(3) ce qui évite le ridicule et le danger d'une mise en oeuvre pratiquement impossible.

(4) La ligne 13 quand on se sent fragile, n'est pas exactement optimale, en plus de ses propres avaries.

[photo : le quai, les voies déserts pris au téléfonino au début du mois, pas spécialement un jour de grève, d'ailleurs - comme quoi les apparences peuvent se révéler trompeuses]

    


 


Je tiens à préciser que je ne suis pas contre le droit de grève, trop bien placée pour voir les effets redoutables de son absence là où il est quasiment proscrit (sous peine de gros ennuis). C'est juste que quand il y en a une, j'aimerais savoir quand et pourquoi, afin au moins de pouvoir m'organiser pour éviter d'en subir de fâcheuses conséquences. Et que le traitement médiatique sélectif qui en est fait me semble insidieux.