Tentative d'épuisement d'un épuisement profond
"C'est le début de quelque chose mais de quoi ? (un amour, un naufrage, un roman ?)"

Ces grèves pourtant durables dont on ne parle pas

Ce matin mais depuis un moment déjà

02122008


  

Piégée, bêtement prise au piège (et non pas en otage, j'y tiens), par le peu de souci de qui me précédait et aurait pu prévenir, un texto "Prends le métro" n'est pas si cher, par la mention sans doute trop rapide qui en fut faite aux infos radio du matin même et que je n'ai pas du tout entendue, voilà que croyant terminée la grève qui sévit depuis plus d'une semaine (voire deux) sur le réseau Paris Saint Lazare, je me suis pointée à  l'heure d'usine sur un quai qui ne risquait pas de voir s'arrêter le moindre train avant 27 minutes plus tard.

Sur un trajet total qui en fait une quarantaine (je suis privilégiée, je sais) et une fréquence habituelle de 10 à 15 minutes, 27 ça fait long. Je suis en trop basse tension ces temps-ci pour filer en lib, me voilà donc contrainte à l'usage lent du bus. J'arrive tard au bureau en m'étant pourtant levée à l'heure dite afin d'éviter ça.

La veille : une amie dans le métro et qui connaît le métier, me parle des grèves de novembre. Sur le coup je crois voir, ce n'est que plus tard, chez moi, que je me dirais que Ah bon c'était donc ça le mois dernier sur sa ligne les ennuis récurrents. J'avais cru à "des problèmes de signalisation".

Le courrier par ailleurs connaît d'étranges irrégularités. Un certain jour du mois dernier, alors que je patientais dans l'attente d'un paquet, et qu'un autre citoyen exprimait une colère au guichet voisin, on lui a répondu, C'est à cause de la grève, vous savez. J'ignorais totalement qu'il y en avait une en cours, et qui durait. L'air étonné d'autres personnes me fit comprendre que je n'étais point seule.

Je ne parle pas des grèves dans les collèges, les IUT, les lycées. Celles-là sont très visibles ... Certains cours ont pourtant lieu.

Alors j'ai peut-être tout faux, puisque j'exprime quelque chose de ressenti, que c'est sans doute extrêmement parisien  (1), peut-être aussi que c'est la poste de par chez moi qui est en pointillés et seulement celle-là. N'empêche j'ai comme une impression qu'un filtre fort est appliqué dans les médias classiques entre les arrêts volontaires de service dont il convient de parler et ceux qu'on doit taire, dans le premier cas afin d'excuser le retrait ou le report d'une ou l'autre réforme bâclée (3), dans le second afin que l'ensemble de ceux qui ne sont pas directement concernés ignorent que ça proteste, et que peut-être mais sans qu'on le sache, une grande partie du pays en ce moment ne fonctionne pas.

Je serais curieuse de savoir si vous éprouvez la même impression ou si ma situation salariale et géographique me fait jouer de malchance.

En attendant pour ce soir j'hésite sur le trajet retour à envisager. Peut-être le vélib en espérant ne pas chuter (4).

 


(1) J'ai toujours pensé lorsque sur un média national on annonçait les grèves de transports de la capitale, que ça devait sembler  bien pesant à l'ensemble des Français  (2).

(2) au sens de : personnes vivant et travaillant ou chômant en France (pour les distinguer des touristes ou  professionnels de passage)

(3) ce qui évite le ridicule et le danger d'une mise en oeuvre pratiquement impossible.

(4) La ligne 13 quand on se sent fragile, n'est pas exactement optimale, en plus de ses propres avaries.

[photo : le quai, les voies déserts pris au téléfonino au début du mois, pas spécialement un jour de grève, d'ailleurs - comme quoi les apparences peuvent se révéler trompeuses]

    


 


Je tiens à préciser que je ne suis pas contre le droit de grève, trop bien placée pour voir les effets redoutables de son absence là où il est quasiment proscrit (sous peine de gros ennuis). C'est juste que quand il y en a une, j'aimerais savoir quand et pourquoi, afin au moins de pouvoir m'organiser pour éviter d'en subir de fâcheuses conséquences. Et que le traitement médiatique sélectif qui en est fait me semble insidieux.


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