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Grands-parents patients

Samedi puis dimanche dernier

PICT0010 Je sors du cours de danse. J'ignore si c'est ma démarche fatiguée de qui s'est dépensé au delà de ses forces mais la grand-mère que je croise avec son petit-fils (l'air de parenté est de toute évidence) éprouve alors le besoin de lui dire :

- Dis donc tu as rudement bien couru, ça a duré longtemps.

J'imagine qu'ils reviennent d'une festivité d'avant Noël où l'on fait essayer de nouveaux jeux aux enfants, et je me trompe peut-être mais je pense à une console incluant une part sportive.

Le gosse, 8 ans peut-être, se rengorge et proclame :

- J'ai couru un quart d'heure et demie.

Et alors que j'en suis encore à tenter d'évaluer à quel nombre de minutes ça peut bien correspondre, la grand-mère a déjà enchaîné :

- C'est bien ce que je disais, tu as couru longtemps.

Puis en souriant comme quelqu'un qui sait que le compliment détourné va porter :

- Je commençais presque à m'ennuyer.

   


Le lendemain matin c'est à la piscine que j'allais. Il neigeouillait des flocons si peu nombreux et légers qu'on les sentaient tentés par la chute ascensionnelle. Ils n'impressionnaient même pas l'appareil photo.

Mais il y avait un grand-père (ou un oncle un peu âgé), et un enfant petit, garçon ou fille fort bien emmitoufflé, et le vieux monsieur dans un élan d'optimisme soudain s'était exclamé :

- Regarde, il neige, on va pouvoir faire un bonhomme de neige.

L'enfant qui n'en avait sans doute jamais crée aucun, il avait 5 ans tout au plus et les hivers furent presque cléments (j'ai un souvenir de neige en janvier 2005 et un autre en novembre 2006 mais elles furent à Paris brèves et je peux me tromper), le regardait avec des yeux mi-admiratifs mi-inquiet.

- Tu vas voir, insista le grand-père d'un air entendu et tout réjoui d'avance.

J'ai peur qu'il n'ait rien vu et que le climat ne leur ait donné tort.

Pour ma part, je ne m'en plaindrais pas, je supporte si mal les frimas depuis ces trois dernières années. Eût-il habité Bruxelles (1), le gosse eut gagné son bonhomme, mais à Paris il n'a cette fois pas fait assez froid.


(1) chez Mitternacht.

[photo : in situ du dimanche, way to swimming pool]


His name is Stanišić, Saša Stanišić



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"Le soldat et le gramophone"  (chez Stock)

en V.O. "Wie der Soldat das Gramofon repariert"

(Je ne dispose pas des caractères accentués nécessaires à la bonne écriture de son nom, pardon - Merci Renaud,

mais son prénom se dit Sacha, tout simplement -)

rajouti du 1er décembre vers 21 heures et quart :

A propos de la rencontre elle-même, un joli compte-rendu sur le blog littéraire de l'Attrape Coeur là où elle avait lieu. Vous y apprendrez entre autre de quelle façon la littérature peut créer un lien soudain entre un auteur Germano-Serbon-Bosniaco-Croate et le Lapin Agile.


C'est le cadet

Le côté Vermot de l'Almanach qui sommeille (ou plutôt veille ?) en moi, ne résiste pas à l'envie de diffuser celui-là des papiers de verre d'Hervé Le Tellier, tout frais cueilli de ce matin :


Hervé Le Tellier
Adieu, thon rouge. Les ministres n'écoutent pas les scientifiques, les pêcheurs ne respectent pas les quotas. Quant aux Japonais, si l'espèce disparaît, c'est le cadet de leurs sushis.

Peut-être est-ce aussi parce que je comptais demain soir me rendre à la soirée consacrée à Caradec_n579748744_1632498_4552 François Caradec et qu'appelée ailleurs je ne pourrai pas (qu'est-ce que je peux être nulle en ubiquité, moi !).
Alors on dirait que c'est comme pour prier ses amis de m'en excuser.


Comme d'habitude, quoi.


Tout à l'heure, dans notre cuisine

   


"Comme d'habitude, quoi" me fait Stéphanot après qu'à sa demande je lui ai exposé la cause de mon air joyeux.

Il a tout de suite repéré, en sortant de sa douche et en venant me rejoindre dans notre pièce favorite que je n'avais pas mon air usé des soirs "d'usine". S'il m'avait cueillie dés mon arrivée, il m'aurait pourtant sans doute vue essuyer une larme. Je supporte de moins en moins cette sorte d'enfermement, d'autant que j'avais aujourd'hui une journée sans pause possible et que tout semblait mal tourner.

La disparition de Wytejczk se fait alors insupportable. Il n'y a plus personne pour percevoir sans que j'appelle qu'il faut venir me secourir à la sortie parce que trop d'absurdité m'aura entamée. Plus personne avec qui pratiquer la transmission de pensée, mon mode de communication préféré. Plus personne et je ne sais même pas pourquoi. Je sais seulement que je ne lui en veux pas. Mais que de désespoir je pourrais tuer le monde entier en commençant par moi.

Ce soir ça n'était pas le cas. Passé le premier épuisement, je m'étais ressaisie, j'avais filé sur l'ordi, avais tout ouvert en même temps (1) dans ma hâte, ce qui fait que Janu m'a prévenue en même temps qu'une alerte que j'avais pris soin de paramétrer sur ma messagerie. Mais je préfère penser que c'est Janu qui m'a dit.

Rarement l'attribution d'un prix m'aura tant réjouie. J'espère bien passer une partie des jours qui viennent à répondre aux amis, Vous voyez, je vous l'avais bien dit. Quand les récompenses sont à ce point méritées, elles sont sources de fierté.

Quant au fiston en vieil habitué, ou se voulant tel, mi-rigolard, mi-admirativo-blasé, il me fait, en insistant sur les derniers mots :

- Et c'est qui cette fois ?

Puis à l'énoncé de son nom, qui lui est forcément familier, je lui ai déjà dit qu'il y aurait par là de bons livres à lire quand il aurait pris un peu d'âge et beaucoup d'envie.

- Et je la connais ?

Pour être un peu déçu de la négative, en bon petit parisien mondain (2) qu'il est.

En attendant, après une sale journée, j'ai passé une bonne soirée. Et j'espère garder l'élan jusqu'à la fin de la semaine. Il serait fort bienvenu.

(merci Emmanuelle)

 
(1) meilleur moyen pour tout ralentir, pas très malin. En plus que je le sais bien. Mais l'usine aconit.

(2) J'écris ceci uniquement pour le faire enrager s'il me lit. Ce qui est vrai en revanche, c'est qu'il aime bien connaître mes amis, même si à certaines heures stupidement il leur préfère la télé. 

[j'aurais voulu mettre une photo de nuit orange pour illustrer mais suis trop fatiguée pour chercher, mercredi peut-être, quand je pourrai enfin chez moi, un peu me pauser]


Et la mention au splendide Bastard de Céline Minard, ce n'est pas moi qui m'en plaindrais


J'aime pas Noël

   A l'orée de décembre    

J'aime pas Noël, où plutôt je n'aime plus. Au temps jadis du siècle dernier, peut-être parce que j'y fus gosse, qui sait, je trouvais l'idée plutôt chouette. C'était une des deux trois (1) occasions de l'an où l'on avait des cadeaux, l'  une autre étant l'anniversaire. On y pensait longtemps à l'avance, on effectuait des choix, qui étaient exaucés ou pas. Je me souviens de savants arbitrages élaborés en mon fort intérieur entre la crainte de trop coûter et mes désirs d'alors.

A présent pour ceux pour qui la vie ne se joue ni encore ni déjà en termes de survie économique, les cadeaux c'est un peu tout et n'importe quand. Un Tintin ou un Astérix constituaient des cadeaux dignes. Un manga, des cartes Yu-Gi-Oh, un livre pour les plus courageux sont à présent de l'ordre du tout-venant. Et l'on trouve ses parents petits joueurs si l'on n'obtient pas la méga-top-jeux-machine.
Entre adultes, tellement on a déjà tout de ce qui est abordable et que nos maisons regorgent d'objets, on en vient parfois même à s'échanger de l'argent. En gardant chacun ses euros on gagnerait du temps.

Bref, Noël me semble devenu une absurdité d'accès obligé de consommation.


A côté de nous tous ceux, et nous demain peut-être, qui peinent à s'en sortir et assistent en bord de route à cette débauche de dépenses dont certaines insensées.

Sans parler de la fête elle-même qui tient à l'écart tous les sans-famille ou mal appariés, ceux qui sont nés là où ils n'allaient pas, ceux qui ont perdu en route leur famille élective et s'en sentent orphelins.

Ceux aussi qui s'entendent bien mais parmi lesquels un deuil récent ou moins laisse une place béante qu'accentue la fête requise.

Pour toutes ces raisons, Noël me rend triste, Noël je n'aime plus.


Raison de plus pour saluer une belle initiative, et qui apparemment fonctionne (pardon si j'ai tardé pour relayer, la vie m'a rendue sceptique (très)), parce que si je n'aime plus la fête obligatoire, j'aime toujours autant ceux qui ne baissent pas les bras :


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Comme je ne suis pas chez moi au moment de ce billet je n'ai pas su insérer une image sur laquelle il suffit de cliquer. Le lien est donc
et c'est grâce à Pénélope Jolicoeur via Satsuki.





(1) Comme nous avons de la famille en Italie et que nous allions les voir une fois par an en été, nous avions droit enfants à une sorte de Noël en août.


Comme dans un film de Godard

dimanche passé, à Bruxelles





Lectomaton L'île aux musées Cecile Wajsbrot
envoyé par lectomaton


"Vous avez 1 minute à 1 minute 30 pour lire si vous le voulez devant la webcam un extrait de votre livre préféré."
Il se trouve que j'avais sur moi "L'île aux musées" de Cécile Wajsbrot, dont je me sens très proche et que dans ce passage, certaines phrases m'étaient hélas totalement naturelles.
Alors je me suis lancée, malgré la peur de desservir le texte et l'absence absolue de préparation.

Finalement le fond sonore était tel, dans le café où nous étions, qu'on se croirait dans un film de Godard, quand la mobylette passe précisément au moment crucial d'un dialogue.

Et puis cette encourageante constatation : à présent ça ne se voit pas ou moins, quand j'avoue certaines choses en saignant en dedans. Peut-être que mes efforts pour ne plus me laisser abattre finiront par payer.

PS 1 : Heureusement qu'avec Proust je m'étais entrainée.
Le baiser de la matrice


PS 2 : J'ignorais que le résultat se retrouverait sur Dailymotion, je pensais qu'il serait simplement sur le site de La fureur de lire.
Puisqu'il y est, autant assumer.

Copiez, collez, plagiez (je vous en prie, s'il vous plaît)

MISE A JOUR DE 22 H 06 : Un message arrivé en mon absence vers 20 heures m'apprend que monsieur Liu a été libéré (ainsi que d'autres personnes arrêtées lors du même contrôle).

Merci infiniment à ceux d'entre vous qui auront participé à son soutien.

à l'adresse de : prefpol.dpg-etrangers-secretariat@interieur.gouv.fr
ou de

prefpol.dpg-10eb-asie@interieur.gouv.fr
(les deux si vous voulez)

Monsieur Le Préfet,

 

Michel, 4 ans, est scolarisé à l'école maternelle Chaumont-Lepage à Paris. Il est né en France. Son père, monsieur Liu Yin Saui, y travaille et vit depuis 10 ans. Il est par ailleurs bien connu et apprécié des associations de parents d’élèves du groupe scolaire Bolivar dont il a le soutien ainsi que du

comité RESF Bolivar.

 

Nous ne voyons ni les uns ni les autres dans quelle mesure sa présence en France constituerait une menace à quoi ou qui que ce soit. Sa place, il l’a prouvé, est ici parmi nous et auprès de sa famille.

Que peut-on dire à son fils ? Qu’il n’a plus le droit de voir son père et qui est en prison pour le simple fait de n’être pas né là, d’être arrivé après ? 

 

Vous avez le pouvoir de faire cesser cette absurdité, qu’à cet homme soit délivré un titre de séjour en bonne et due forme, qu’il puisse mener une vie normale, cesser de se sentir de trop. N’hésitez pas.

Et faites, s’il vous plaît, qu’il soit libéré sans tarder.

En vous remerciant par avance, je vous prie d’agréer, monsieur le Préfet, l'expression de mon espoir.

+ signature

Si vous préférez, vous pouvez également téléphoner ou bien envoyer un fax aux numéros suivants :

RGPP 18 au 0149254970 (fax 0149254988) 
ou à la Préfecture de Police :
fax 8è bureau pref : 01 53 71 57 79
fax PP cabinet du préfet:01 53 71 67 23

 

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Les si beaux cadeaux (immatériels)

Tout ces jours-ci, à Paris, à Bruxelles, ici

 

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Depuis la mort de mon père je ne fête plus mes anniversaires.
N'y voir aucune explication compsychée, fors la première année : de son décès ma date de +1 n'était séparée que de trop peu de temps, je n'avais eu ni le coeur à ça ni la tête à fêter.
Jadis, j'invitais quelques amis, pas immensément car chez nous est petit et l'extérieur trop onéreux, mais il y avait repas de fête et gâteau et bougies. Et donc quelques cadeaux concrets.
J'en conserve souvenirs émus. Je savais à l'époque encore cuisiner et la cuisine encore être une cuisine plutôt qu'un bureau.

Ensuite, comme si le pli avait été pris, personne n'a pris la relève et j'ai soudain estimé qu'organiser soi-même son repas d'anniversaire, quand on ne vit pas isolé, est sans doute présomptueux.

On se contente donc de marquer le coup, un restau, un concert, un rien les années où les malheurs contre-attaquent plus fort que le petit bonheur de se dire que ce jour mérite une attention.

Cette année, celui-ci nous a d'ailleurs la veille fait une forte poussée. Mais la vaillance de ma fille qui a refusé de se laisser submerger alors qu'un grand chagrin eût été légitime, l'a empêché de nous envahir plus que de raison. On fera de notre mieux pour réparer le préjudice. On ne se laissera pas démolir.

Comme par miracle se sont alors rassemblés, certains voulus pour l'occasion, d'autres fortuits en date mais néanmoins bien survenus, une succession de cadeaux tombés d'un ciel peut-être étoilé.

C'est un dîner festif mais dans un endroit chic, que Stéphanot transforme en un sketch diffus (1). Au point que j'ai eu droit à une bougie sur mon absence de gâteau (4 ans que je n'avais pas soufflé, ces 4 années ont-elles comptées ?) et que le champagne fut offert. Je suppose parce que les personnes qui s'occupaient de notre repas n'avaient pas tant ri depuis longtemps à leur travail.

C'est une rencontre littéraire, prévue de longue date et qui fera mon bonheur en un jour par ailleurs bien douloureux (2).

C'est un ami qui retrouve chez lui un CD de photos vieux de huit ans que je lui avais confié - je suppose pour une raison de sous-équipement domestique -. J'y retrouve des visages amis, mes enfants en leur eux-même de petits. Emotion.

C'est un probable prochain week-end offert dans une ville de la face atlantique. Je pourrais revoir une cousine, des amis et déposer une fleur sur la tombe de monsieur Louis. Comme si un bon génie m'exauçait un voeu. Peut-être une façon de demander pardon pour un pouvoir insuffisant à empêcher ça.

C'est un atelier Oulipien, qui me fait tant de bien. Pour la première fois depuis 2 ans 1/2 je parviens sur le sujet restant de tous mes tourments d'alors à sortir un texte qui ne soit pas que noir et sans aucune issue.

C'est un document que je lis pour rendre service et qui me fais prendre conscience du chemin parcouru. Je ne m'en rendais pas compte, malgré qu'on me l'ait dit.

Ce sont quelques messages, mots, textos si bienvenus. Même si l'un d'eux manque.
Peu importe après tout. Non, je ne suis pas (encore ?, déjà  ?, heureusement ?, seulement ?)  capable de me dire ça.

Et enfin aujourd'hui, au creux fatigant d'une journée d'usine, cette invitation pour le soir-même, un concert particulier de qui j'apprécie toujours autant. Sans sa "rencontre" au printemps 2006, et qui précédait de peu celle des 129H, je serais aujourd'hui en bien plus mauvais état que je ne le suis.

Si on m'avait demandé ces jours-ci : A quel concert rêverais-tu d'aller ? Allez, émet un souhait et il sera réalisé.

Je n'aurais rien répondu d'autre.

Comme c'est bon d'être exaucée ! Pict0004





(1) Il y a du Benigni en lui, avec plus de légèreté, une version intime et familiale je dirais.
(2) Le billet lié fut écrit il y a deux mois lors d'une première alerte presque fatale. J'espère de tout coeur que le sursis par sa vaillance accordé, n'aura pas été fait que de souffrances ou le moins possible.

 

[photo 1 : avril 2000, my flying kids ; commettrais-je même en photo des plagiats par anticipation (cela dit notre idée à nous c'était plutôt que la chute l'ascension) ?]

[photo 2 : l'affiche du concert, in situ]

PS : Merci aussi, je ne veux pas dire aux personnes qui m'ont offert deux ou trois réels présents ; ils m'ont aussi fait chaud au coeur ; merci plus particulièrement à ma fille au choix si attentif.

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Suppositions

       

A supposer qu'elle donne enfin de ses nouvelles, qu'elle consente au moins à ce qu'on se revoie, qu'elle accepte de m'expliquer pourquoi elle m'a bannie il y a trois ans de ça, après une période de silence qui elle-même n'offrait aucune clef ni accès concret au moindre motif de désaffection, en imaginant qu'elle me considère à nouveau comme son amie et que son regard vers moi retrouve cette chaleur que je savais bien lire, au lieu de la couleur insensible et vitreuse de qui considère une personne étrangère,

si aucune nouvelle catastrophe ne vient nous séparer, l'effrayer de moi, réactiver en elle les souvenirs de souffranceset qui l'oppresseront,
si par ailleurs l'envie de partager le bon à nouveau lui revient, les moments où l'on rit, ceux qui nous font grandir et éloignent la mort,

alors nous pourrons reprendre nos existences, notre labeur et ses progrès, la tendresse et sa sensualité et qui nous redonneront l'accès au meilleur de nous même.

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