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Pour Roberto - Firma per Roberto Saviano

   

Désolée par le temps pour l'instant d'écrire un vrai billet digne (de ce nom), mais j'ai prévu mercredi d'écrire un peu ici (et ailleurs aussi) et de tenter d'écluser tout le retard partout accumulé.
Je comptais le faire après avoir lu au sujet de Robert Saviano un émouvant portrait dans Libé (pas le temps chercher le lien, pardon). Il y disait entre autre qu'il ne connaissait plus le plaisir d'aller boire un verre au café ou se choisir un livre dans une librairie et si bien des gens vivent sans l'un ni l'autre et ne s'en plaignent pas, moi qui fais partie des privilégiés auxquels ces deux éléments sont des respirations vitales, je n'ai pas pu ne pas m'en sentir concernée.

Pour résumer de façon lapidaire, Roberto Saviano c'est cet auteur italien du livre dont a été tiré le film Gomorra
L'un et l'autre étant trop réussis, ont un peu fâché les principaux décrits, qui s'y seraient reconnu trop bien en malfaisants et voilà que l'écrivain se retrouve avec sur le dos un contrat qui n'a plus rien à voir avec l'édition mais tout avec une fin anticipé possible de sa propre vie ; un équivalent catholique et crapuleux à une fatwa.

Il ne s'agit hélas pas de faire changer les commanditaires d'avis par une simple signature (1), mais simplement de tenter de rappeler à un état européen du XXIème siècle qu'il y a certains trucs qu'il serait temps de faire se replier au fond des oubliettes d'un passé douteux. Et puis au moins pour celui qui est menacé lui faire savoir que même si on n'est pas concrètement en mesure de faire quoi que ce soit pour le défendre, au moins 'on pense à lui.

C'est tout bien mieux expliqué chez Impasse Sud.


Et pour signer, n'ayez pas peur, c'est ici.

Mode d'emploi (merci Impasse Sud) : Pour signer, il faut descendre au bas de la page en lien, remplir les cases "nome" avec votre prénom, "Cognome" avec votre nom de famille, et "città" avec le nom de votre ville et éventuellement pays (ces précisions s'adressent, bien évidemment, à ceux qui ne comprennent pas l'italien). Ensuite il suffit de cliquer sur "INVIA".


Si j'ai eu l'air de plaisanter, c'est parce que ceci et tant d'autres choses en ce moment m'affligent. J'utilise désespérément la seule arme à ma disposition.

(1) quoique un titre de journal sur le mode

"100 000 200 000 signatures pour Roberto Saviano, la camorra annonce qu'elle renonce à le trucider en échange d'un monopole parfait sur tout le marché du recyclage des ordures d'Europe Occidentale" , ma foi, ça serait beau.

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Petit prince School

Ce week-end, chez nous

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Stéphanot conclut une explication qu'il m'a fait d'un Plog absolument parfait.  Ce  mot de ponctuation est entrée dans nos paroles et tout semble indiquer qu'il ne s'agit pas d'un effet passager, mais qu'il convient si bien qu'il va s'installer.

Je me souviens alors d'en avoir récemment causé à Viviane Hamy lors d'une soirée en librairie organisée par l'une de ces personnes admirables qui offrent tant de leur temps pour un profit mineur mais la plus grande joie de ceux qui comme moi ne sont plus capables de rester à engraisser face à leur télé.

Je raconte donc à Stéphanot qu'elle a bien ri et m'a appris que nous n'étions pas les seuls à l'avoir adopté.

Ce qui lui fait plaisir. Puis il réfléchit et soudain me demande :

- Mais, Viviane Hamy, c'est le même nom la dame et la maison d'édition ?

Je lui dis que oui. Voilà que ça le gêne, il trouve que ça prête à confusion, que c'est bizarre aussi pour un être humain vivant d'avoir une entreprise à son nom.
Forte de ma vaste (!) expérience je lui explique que ça se fait, qu'en édition s'est comme une tradition ;  lui parle de P.O.L. et de Christian Bourgois    (1) .

Le garçon réfléchit sur ce qu'il vient d'apprendre, puis se marre et dit :


- N'empêche, même noble,  j'aurais pas aimé m'appeler Lécole.



(1) (encore vivant il n'y a pas si longtemps)

[photo : à la librairie Folies d'Encre à Montreuil ces jours-ci]

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La mort lente du second degré

Ici et maintenant,


Depuis un moment j'ai remarqué qu'à des informations qu'on me rapporte, jusqu'à des réactions en commentaires de blogs, ma première impulsion est de rire à ce que je crois être une plaisanterie, certes souvent un peu lourde, mais volontairement émise à cet effet.

Et puis on me dit, Non, non c'est vrai. Ou bien, je t'assure c'est la vraie personne. Voire même on s'offusque, Ce n'est pas une blague, voyons.
Et moi qui pourtant après avoir été sévèrement bousillée en temps de peine par ceux que j'aimais et leurs efforts non coordonnés mais simultanés, ne devrait donc plus m'étonner de rien (1), je me surprends quand même à être surprise encore :
- Il (ou elle) a vraiment fait (ou dit) ça ? Euh, tu n'aurais pas plutôt vu ça aux Guignols ?
Et mon informateur presque fâché :
- Mais puisque que je te dis que c'est pour de vrai.

Ce matin un billet d'Entre mer et maquis ... vient enfin m'éclairer sur cet étrange malaise et me rassurer : je ne serais donc pas la seule à en être gênée. Elle exprime un souci fort proche avec beaucoup plus de subtilité que je ne l'aurais fait :

La satire usurpée

Merci donc à la maquisarde (et pour d'autres choses d'il y un an (ou deux ?)).



(1) previously on Traces or elsewhere and as a kind of résumé : Tu es ce qui m'est arrivé de mieux. Je te flingue, je peux ?
alternate take : Depuis 15 secondes minutes jours semaines mois trimestres semestres ans siècles j'aime quelqu'un d'autre.
PS pour les amis perplexes : vous voyez, plus j'essaie d'expliquer moins ça devient compréhensible. Je suis souvent cryptique par nécessité et pas seulement pour m'amuser. Sans parler des risques que Brad Pitt, dévoilé, ne m'intente un procès ... 


Au secours Simone

Ce matin, cuisine, jusque-là tout tranquille

   

Heureuse d'un Nouvel Obs qui titrait sur Gainsbourg, ce qui change de ceux qui font l'ordinaire des magazines depuis tant de mois, je le parcourais à l'ombre d'un croissant fort et d'un café frais.
La chronique de François Reynaert est toujours un régal, je cherche un article de Florence Aubenas, rigole d'un excellent dessin de Wiaz ("Vous savez quoi ??, dit un homme au comptoir en contemplant sur un journal un graphique boursier, je me demande si, finalement, on n'avait pas raison d'être de gauche") et de la privatisation de la poste remise sine die (1).

Et puis en pages littéraires, hé oui il existe encore des journaux qui en ont, les ringards inconscients ils perdront des clients, un long article sur Louis Ferdinand Céline, ses années de prison. Et une phrase de lui citée qu'il m'est arrivée d'écrire, mots pour mots, quand j'étais au plus mal. Comme elle n'est pas de type "Ce matin il fait beau" ou "Cette nuit la lune luit", mais un peu plus précise et sinistre et moins élémentaire, j'ai beau être une super princesse du plagiat par anticipation, c'est absolument effrayant.


J'évite (de justesse) un demi-tour intempestif et conjoint du café et du croissant. Me dis que ce n'est peut-être pas partageable d'à quel point c'est flippant. Aurait compris immédiatement mon assassin préféré, mais qui n'est plus là depuis qu'il m'a tuée. Inextricable situation de qui survit à une pire perte infligée par qui l'on aimait, se retrouve à écrire comme un type odieux et qu'on déteste (3) dont les valeurs et les idées sont à l'opposé de celles qui nous font tenir, et se fait sauver par l'oeuvre d'un autre qu'on tient quand même pour un gars malfaisant, quoique très génial.

Je rêve soudain désespérément d'un monde béat où j'aimerais mon âme-soeur qui me le rendrait (toujours) bien, mon mari présent et quelques tendres amants (pour faire bonne mesure), et serais au plus loin de cette bande de méchants. Au lieu de ça, devoir éprouver de la reconnaissance pour l'un d'eux, de la proximité pour l'autre, mais bon sang qu'est-ce que je fais là. Je n'ai rien émis qui le méritait, ne crois pas au destin et ne laisserai, malgré la faim, ni les haineux ni les tueurs m'enrôler dans leur camp. Non mais.

Allez, on dira que c'est l'air clichois, porteurs de certains mots (2) qui retombent sur qui passent. Nous aurions à 70 ans d'intervalle, croisé la même fournée et pris la peine, allant mal, de la poser sur du papier. Comme ça pouvait.

Et c'est humain. D'être fou de chagrin.

   


(1) on a parfois l'humour qu'on peut 
(2) avec ou sans jeu de
(3) sauf pour une part de son travail, mais ça ne console pas

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Je vais pouvoir enfin mettre à jour mon CV

L'éclat de rire, si bon et si bienvenu, en ce matin tout gris, dés en me connectant (1), je ne peux pas m'empêcher de le citer intégralement. J'espère que Xavier Gorce ne m'en voudra pas, je n'ai pas trouvé sur son blog par où pouvoir lui laisser un mot plus discrètement qu'un commentaire.

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(1) Il serait vraiment grand temps que je mette à jour les liens qui figurent ici.

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Décousu(e)

ici et maintenant, c'est à dire où et quand ?

Pour la première fois depuis quelques semaines et depuis que j'écris sur blogs un peu sérieusement (1), l'écriture de textes plus longs assèche celle-ci.
Non pas tant qu'elle épuise l'idée de billets, j'ai plein de bribes en brouillons, la période étant de plus favorable à l'observation, mais elle raccourcit le temps et l'avale et le dévore.

Je souffre plus que jamais des heures contraintes et coincées.

Depuis fin août j'ai retrouvé la vision des couleurs (2) et suis sortie du noir et gris. Mais ce n'est pas si simple car  rien n'est stabilisé. Et puis c'est fatigant de retrouver ses facultés. On utilise davantage d'énergie. Or celle-ci n'est pas encore revenue à son niveau d'antan. Accélérer sans disposer de carburant n'est pas forcément intelligent.
Seulement une impulsion a été donnée à laquelle je ne peux pas résister.

Pour la première fois également j'hésite sur un chantier. D'habitude je n'ai aucun doute sur le sujet et une forme de départ, comme s'ils arrivaient appariés. Les choses se mettent à fluctuer après par l'effet du travail même, mais le fond du projet, d'emblée est stabilisé.
Là ce n'est pas le cas. J'éprouve des réticences. Mes transpositions ne me satisfont qu'à moitié. Je me refuse pour autant à autofictionner, ne serait-ce que pour une raison très concrète : un des thèmes principaux étant les disparitions, comment demander leur accord aux personnes concernées ?
(non, non, l'ami, je n'écouterai pas ton conseil rigolard sur le mode au moins comme ça ils reviendront, d'autant que de certains j'ai cessé de souhaiter la réapparition). Je n'ai aucune vengeance à prendre juste des chagrins à assécher comme un mauvais marais dont la proximité m'épuise de fortes fièvres.

Pour autant ça avance ; quelque chose.

Et puis j'écris pour partie en français d'il y aura 50 ans, et c'est un exercice qui n'est pas sans plaisirs.

Alors pardon d'ici ne plus venir qu'en pointillés.

J'espère boucler un premier jet, et donc pouvoir souffler, pour vers la Noël.
Mais ça ne sera pas un conte (3).
Et pas immédiatement de très grande qualité.



(1) février 2005 en fait

(2) Ce qui est très très beau c'est d'en avoir pris conscience par une lecture, "Montmartre, mont des martyrs" de Chantal Pelletier où ça arrive à l'un des personnages (mais de façon neurologique). De mon côté tout s'est passé sans m'inquiéter (pour ça), je savais l'origine purement psychologique et je devais voir en couleurs quand même (mais atténuées ?), je n'étais pas à une séquelle près. Le rouge, fulgurant, est revenu en premier et je connais quelqu'un que ça fera marrer.

(3) Te voilà rassurée ?


Votre projet d'allaitement est-il sociétal (ou non) ?

Ce matin dans la cuisine

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Sachant que depuis l'interruption brutale d'une certaine émission, je suis un peu distante de France Inter, l'homme me demande le plus souvent si ça ne me dérange pas qu'il allume le poste afin d'y écouter les informations.

- Non, non, c'est bon, tu peux y aller.

De toutes façons quand je suis concentrée sur ce que je fais, seul un marteau piqueur, un grave incendie, un tremblement de terre, un tsunami, ou autre catastrophe issue de la fusion ou la fission du noyau nucléaire ou de la guerre civile, pourrait m'interrompre (1).

Le seul ennui c'est qu'en quittant la pièce, à tous les coups il oublie d'éteindre.

Ce matin le micro-agacement suivant sa sortie me fit entendre ce qu'on y disait.

Il était question d'une manifestation destinée à promouvoir l'allaitement maternel. Du coup l'agacement est devenu grand. Je n'ai rien ni pour ni contre, chaque personne concernée vit la grossesse et l'allaitement de façon différente, ce qui est très bien c'est d'avoir le choix. De quel droit certain(e)s se permettent-ils de tenter d'imposer leur façon de voir à d'autres quand c'est de vie intime et personnelle qu'il s'agit ?

Sans compter que dés qu'on regarde un peu en arrière, on s'aperçoit que ce qui est jugé comme meilleur pour la santé à une époque est considéré comme dangereux à la suivante (2). Alors foutez la paix aux mères et aux enfants et laissez chacune des premières faire comme elle le sent ou le peut en fonction aussi des contraintes extérieures (3).

Le reportage inclus, comme on le fait de nos jours où l'on craint si fort que l'auditeur soit incapable de suivre une explication subtile, un épisode de type radio-trottoir, réel ou simulé, avec en fond sonore de jolis bruits de bambini réclamant leur à-manger, et voilà que le journaliste de service demande à la jeune maman-représentative-d'un-échantillon-de ... :

- Et vous, Carine (4), comment comptez-vous mener votre projet d'allaitement ?

Voilà que quelque chose d'absolument naturel (un enfant qui nait et le corps dans lequel son développement a été amorcé enchaîne sur la production de nourriture adéquate), devient un projet.

Carine, aviez-vous pensé à l'étude de marché ? L'élément conçu sera-t-il rentable ? A partir de quel âge espérez-vous toucher un retour sur investissement ? Quel était votre budget prévisionnel ? Aviez-vous envisagé la location-vente du ventre d'une mère-porteuse ?

Et pour le plan de lancement ? Avec l'eau du bain ?

 

Je me suis souvenue non sans amertume que nous vivions dans un monde où tout se gérait, des amours aux décroissances négatives, et que si Wytejczk était sorti si étrangement de ma vie, c'était probablement un problème de non-anticipation de besoin de cash-flow dans la marge arrière de la période de drawback engendrée par l'obtention d'un nouveau marché amical international lors de l'extension, début 2005, de nos activités conjointes à une cible extraterritoriale en territoire troublé (mais quelle victoire !).

J'aurais dû émettre un swap adossé à la limite orientable des valeurs éternelles. De ma part quelle imprévoyance !  C'est balot quand j'y pense.
Et dire que j'ai failli me jeter par la fenêtre, comme les banquiers d'antan.

Alors que ça n'était qu'une erreur de gestion.

A ce point-là de mes regrets, j'ai aperçu sur la gazinière, une casserole inconnue qui y semblait à l'aise avec son fort bel intérieur gradué afin que du liquide remplisseur la quantité puisse être précisément mesurée. Depuis combien de temps était-elle entrée ?

En six quatre deux, je me suis levée afin de contempler cet élément nouveau de notre parc matériel, preuve concrète de mon incapacité à manager le moindre élément d'électro-ménager (en plus du reste).

Quel voyage en train pourrait donc me sauver d'un tel coefficient de dysfonctionalité ?

 

[photo : la casserole en question]

(1) cf. un des nombreux billets resté dans les limbes, mais que je ne désespère pas de publier un jour.

(2) exemple classique : celui des positions préconisées pour éviter que les bébés ne meurent en dormant. Depuis ma naissance, ils ont en quelque sorte effectué un tour complet.

(3) J'ai allaité mes deux enfants et ça ne fut pas une partie de plaisir (ceux qui me connaissent peuvent sans peine deviner pourquoi) ; aucune grande théorie de ma part à ce sujet, si ce n'est que puisque c'était fait pour et que le lait y était, autant que ça serve. En plus que les bébés avaient l'air repus et contents. Cela dit, je ne l'aurais sans doute pas fait sans la possibilité de disposer d'un congé maternité longue durée qui me permettait de prendre le temps d'un sevrage en douceur.

(4) Je n'ai plus souvenance du prénom, je sais seulement qu'il y était.

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