Pour les livres
La fille millésimée

La Plog Attitude

Hier et aujourd'hui mais bien moins que demain, ici.

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Stéphanot, grand Prince de Motordus (1), raffole des mots baromètres, ceux qui changent de sens selon la pression de l'air du temps ou de la conversation.

Aussi quand il a vu sa maman sourire en cours d'une lecture   
(2) qui la ravissait et qu'elle lui a expliqué que c'était à cause du mot Plog qu'un des personnage avait adopté comme expression de ponctuation, il a  mis de côté son un peu usé "C'est dard", pour aussitôt ploguer.

Le hic c'est que  Stéphanot  sait être contagieux et que je suis assez éponge et pas seulement "au bord du soir".  Au bout d'une soirée où de fort judicieux Plogs furent par lui employés, j'étais contaminée.

Il m'a surprise ce midi à ponctuer d'un Plog son passage en cuisine, qu'il fit en chantonnant un tubedelété de rythme sud américain et de mélodie sucrée, tout ça pour danser, et se tourner vers moi en fin de numéro :

- Tu m'imagines en maillot et que je suis une fille et tu as le clip.

- Plog. ai-je donc dis, rigolarde et admirative (l'imitation d'une danse de clip était fort bien faite)

Il m'a regardée à son tour, scrutateur et constatatif comme le soignant qui chez son vieux patient décèle un nouveau symptôme. Puis s'adressant à un public imaginaire, à qui il se devait d'expliquer ce mystère, l'air de Vous comprenez :

- Ma rem a attrapé la Plog Attitude.

J'ai achevé ma lecture, pour mon plus grand regret et malgré tous les efforts de lenteur que j'ai fait pour la savourer et qu'elle me dure plus de deux soirées (3). Pour autant le petit mot n'a pas quitté mon champ sémantique. Quand je pense à la persistance qu'avait eu "Pas glop" dans mon vocabulaire, j'appréhende pire que dab mon prochain jour d'usine. Trop Plog.

      

(1) On se souvient encore du Centre Nautique Michel Thermos de Montreuil

(2) "Un lieu incertain" de Fred Vargas pour ceux qui n'auraient pas suivi.

(3) pour moi un exploit, cette longue durée.

[photo : rue du Faubourg Poissonière, hier ou aujourd'hui, rien à voir, donc. Encore qu'elle soit très plog]

       


Fred Vargas est quelqu'un que j'apprécie et admire sans réserve. Pour son travail avant tout.
Pour sa constance dans le soutien, quand tant d'autres auraient renoncés.
Pour sa grande discrétion concernant sa vie privée. Elle concède le minimum vital de divulgation à sa notoriété.
Alors quand un(e) journaliste sous couvert d'expliquer pourquoi elle a refusé une proposition d'exhiber quelques confidences sur ses liens familiaux en écrit un peu trop (article "Frères et soeurs, secrets de famille" de Béatrice Gurrey dans le Monde daté du 13/07/08), ça me gêne et me fait penser à "la presse qui minaude" dont parlait Akynou.
Et pas seulement pour elle.
Et même si l'article est fort bien documenté.
Non mais.

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