à l'ombre d'un marronier (fin - provisoire (j'espère) -)
De Louis la maison

Du principe de l'histoire du jockey qui entre dans sa salle de bain appliqué à tout autre chose

Il était une fois un jeune gars d'une treizaine d'années que sa mère en vue d'une période proche où l'usage en serait nécessaire décida de pouvoir d'un téléfonino.
Elle était peu fortunée et l'appareil rustique, mais néanmoins pourvu de toutes les fonctions de base des téléphones portables et l'abonnement quoi que léger offrait la disposition de quelques services fort utiles.
Par exemple on pouvait en cas de non décrochement de l'appareil à temps laisser un message pour expliquer le but de l'appel qu'on avait tenté.
Ce téléphone n'était pas très original.

Soucieux du bien-être de ses interlocuteurs ultérieurs, le garçon entreprit de personnaliser l'annonce du répondeur possible. Une présentation enfantine et légère lui semblait exclue. Il avait 13 ans que diable. N'était plus un bébé.
Une injonction autoritaire donné du ton de celui qui ne répondra à rien, "Répondeur de Stéphanot, laissez un message" lui était étrangère.
Il estima raisonnable et judicieux de laisser les mots sans grande originalité mais courtois et efficaces et qui commençaient par "Vous êtes bien sur le répondeur de Stéphanot, si vous voulez laisser un ...".

On ne sut jamais la suite. Car telle l'histoire du jockey qui entre dans la salle de bain (1), elle ne fut pas articulée. Conscient de jouer au grand, qu'il n'était pas déjà, version voix d'aéroport, qu'il n'aurait jamais, il éclatait systématiquement de rire avant la fin des phrases prévues.

Alors il se dit qu'après tout, ceux qui d'un téléfonino connaissaient l'usage sauraient déposer leurs paroles sans l'information complète, et il laissa sans l'effacer son rire vainqueur annoncer le bip que l'appelant devrait guetter pour causer.

Sa première victime fut sa pauvre maman. Retardée à l'usine, elle tenta d'appeler pour prévenir son fiston. Las, ce dernier, concentré sur un jeu en ligne risqué et passionnant avait provisoirement éteint le petit appareil.
Elle tomba donc sans préparation sur le début d'annonce et l'éclat de rire ; qu'il avait ce jeune bougre fort communicatif.

Elle en rit aux larmes et ne put donc rien articuler. Même après deux tentatives et une préparation psychologique sévère en vue de la troisième.

A une amie un peu découragée par quelques revers de fortune professionnel, elle indiqua le souverain remède. Appelle donc mon fils, tu verras.
Elle appela puis rit. Se sentit mieux ensuite.

Aux lecteurs de son blog, qu'elle souhaitait réjouir, et comme le garçon donna son accord, être appelé pendant les vacances d'été ne le dérangeait guère, elle indiqua la bonne affaire.

L'une et les autres, après avoir si bien décoincé leurs zygomatiques, s'empressèrent d'en parler à leurs meilleurs amis.

Un tournant décisif autant qu'irréversible fut franchi lorsque simultanément Lomalarch et Florence Aubenas qu'avaient prévenus respectivement et au même moment Anna Fedorovna,  Monsieur KA, Labosonic,
Franck Paul et Anita, Sorj Chalandon, Philippe Jaenada, Marie Desplechin, François Reynaert et Sophie Calle,  ne purent résister à l'envie d'adapter  la même technique pour leur propre annonce de téléphone portable. L'un comme l'autre étant souvent contactés au moins pour leur travail et leurs rires étant de qualité bien supérieure à celle du commun des mortels, plus personne après les avoir entendus ne put enregistrer d'annonce pour son propre répondeur sans s'esclaffer en cours de route.

C'était l'été, il faisait beau, on souhaitait renouveler son message pour que les interlocuteurs tentant leur chance pendant nos vacances ne tombent pas sur un accueil trop austère alors que le téléphone gisait au fond du sac de plage qu'on avait délaissé le temps de quelques brasses, et voilà qu'on riait.
Après tout, autant laisser ...

Au 15 août, ne restait plus intacts et sérieux sur tout le territoire national, que les répondeurs des personnes incapables de s'en servir et dont la famille était déjà partie, ceux des entrepreneurs de pompes funèbres (respect des clients) et ceux de ceux qui ne s'en servaient vraiment jamais.

Je m'abstiendrai de tout commentaires concernant ceux des ministres ou bien de l'Elysée. On dira qu'il y a des porte-paroles pour ça.

Quant aux quelques morts de rire, ce qui survint parfois, ils furent imputés à quelques jours de canicule que la mi-août apporta. Qu'ils ne nous en veuillent pas.

(1)  Bourvil évidemment

 

Pardon à ceux dont je n'ai pu m'empêcher de citer les noms dans cette mini-fiction hasardeuse sans prendre le temps de leur demander leur avis avant (en fait c'est aussi que je suppose un peu tout le monde un peu loin de connexions).
Qu'ils me fassent savoir si ça les afflige et je remplacerai par d'autres que ça fera marrer.

Que les blogueurs émérites ne se formalisent pas du voisinage de non-blogueurs ou néophytes. ;-)

Que ceux qui savent rire, vraiment et pour de vrai, ne m'en veuillent pas d'avoir divulgué que j'aimais qu'ils sachent le faire. :-)

Et que vous sachiez que seul le point de départ (un message hilare en répondeur) est vrai.

Ci-dessous petit supplément gratuit pour les âmes sensibles. Parce que Bourvil. Fraternité.


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