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La peur soudaine qu'on se méprenne

ce soir, chez moi

Jusqu'à présent j'étais peu ou prou parvenue à éviter les écueils que croise qui blogue. Le ton de certains billets me paraissait trop personnel, le thème de départ s'était trouvée débordé par ma vie et j'ai souffert de voir ces lieux que j'avais conçus comme plutôt joyeux virer vers le triste, mais j'avais encore l'illusion de maîtriser la part de réalité et d'intimité que j'y confiais.

J'avais ce soir l'idée d'un billet amusant pour participer activement au bloug-fight lancé par Kozlika.

Mais compte tenu de circonstances probables et de lectures éventuelles, bref, là je crois qu'il ne vaut mieux pas (réalité, fiction ... tout ça). Du moins pour l'instant.

Je n'exclus cependant pas totalement qu'à cette même date, un jour, plus tard, apparaisse le billet manquant. Parce que je crois bien qu'il pouvait être drôle.
Et que je ne croise pas si souvent de sujet qui s'y prêtent.

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[PHOTO : entre envers et endroit une couleur indécise] 

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8 juin

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"Rien de plus justifié que de penser à juin en décembre ; sauf qu'il fait un petit peu trop frisquet aujourd'hui, presque comme si la mer de Brighton était à deux pas, passé le coin. Une de mes journées d'expédition aujourd'hui - la National Gallery ou j'ai retrouvé Clive - glaces chez Gunter - un vrai spectacle : une vieille dame en noir et blanc, accompagnée d'une confidente, observant les moeurs et coutumes avec bienveillance, amusée. Un jeune homme au dos semblable à une corde à linge à quoi l'on aurait accroché d'impeccable vêtements gris - souples jeunes femmes ou jeunes filles aux jambes vues en transparence lorsqu'elles pénêtrent d'un pas léger sous les voûtes remplies d'ombre - glaces sucées et sirotées dans le plus étrange des silences - deux jeunes dames en compagnie de leur mère mangeaient dans un silence total. Pas la moindre étincelle de vie, correctement habillées ; venant de la campagne peut-être. Mais ne parlerait-on pas entre mères et filles ? Un jeune homme les eût-elles réveillées ? Je ne saurais dire ce qui se déroulait dans ces cerveaux muets."

mardi 8 juin 1920, Virginia Woolf, journal

(traduction Colette-Marie Huet et Marie-Ange Dutartre, ed Stock, préface d'Agnès Desarthe)

[photo : ici et maintenant, un 8 juin, 88 ans plus tard, il reste tant de travail, et notre privilège inouï d'avoir les bons outils. Ne jamais renoncer au moins au nom de tous ceux qui nous précédés]


Le (léger) mystère du bon chien jaune

hier, aujourd'hui, avant et plus tard, dans Paris, en banlieue, ailleurs ultérieurement ?

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Depuis quelques temps un grand chien jaune me suit.
Silencieux, attentif, calme, les yeux tristes de chagrins ancestraux à moins que ce ne soient les miens, qu'à sa façon il porte.

Le fait est que je le croise au même moment qu'un mieux, quelque chose qui ressemble enfin aux retrouvailles de cohérence, même si le chemin sera long avant que je ne retrouve l'aptitude à aimer.

Quand c'est parfois possible il se place près de moi. Rassurant. Hiératique. Ne quête aucune caresse, accepte si j'en fais, n'émet aucun son, ni mouvements dont ses congénères sont coutumiers. Il n'halète ni ne remue la queue.

Il est juste présent.
Bienveillant.

Son collier marron est toujours le même. J'y ai prêté attention, pensant les premiers temps qu'il s'agissait sans doute de chiens différents d'une marque à la mode. Après les labradors, les chihuahua maltais, ou les bergers allemands.

Mais non, il s'agit bien du même.

Son pelage est tout propre. Il paraît bien nourri.

Un toutou hitchcockien qui certains jours se contente d'une simple panouille, passant à quelque distance, l'air de rien ; vérifiant d'un bref regard que je l'ai remarqué.

D'autres fois, comme ce matin, il joue les figurants blasés sur le seuil d'une boutique. Je prends alors grand soin à poursuivre mon chemin comme je l'aurais fait hors de sa présence, craignant qu'à la découverte d'un demi-tour de ma part intempestif et qui aurait dévoilé sa disparition instantanée, il abandonne pour moi sa veille.


J'ignore qui me l'envoie mais il porte un espoir et empêche bien la mort de revenir rôder. Il confirme aussi mes trajets, par sa fidélité. Le chemin du chien est le bon chemin.

Le croiserai-je encore lundi ?

[photo : in situ de l'un des cas]

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A votre place j'hésiterai

samedi après-midi prochain, entre

Les Ulis

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Pascale Arguedas recevra de 16 heures à 18 heures

Michel Volkovitch

(médiathèque François Mitterrand)



 

 

 

 

                                                                                         et Villepinte

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dont je n'ai hélas qu'une photo très hivernale,

Marie Desplechin rencontrera les lecteurs à la toute nouvelle médiathèque Joseph Kessel (de 14 heures à 16 heures).


Pour les parisiens qui n'ont pas l'habitude, c'est fastoche : il suffit dans un cas comme dans l'autre de prendre un RER (ou un train) puis de faire un petit bout à pied. A la saison généralement il ne fait même pas froid et il n'y a pas besoin de vaccins particuliers ni de passeport pour s'y rendre. On peut même en revenir vivants et fort joyeux.

Et puis c'est quand même autre chose que de comater devant sa téloche qui diffuse Roland Garros ou faire les courses au supermarché (rien n'est pire que faire les courses au supermarché le samedi après-midi). Allez zou.


PS : Dans les deux cas la rencontre sera suivie d'un coup à boire, je vous conseillerai plutôt un choix selon des critères géographiques.

addenda du 05/06/08 vers 17 heures :  et voici une vraie photo de la médiathèque de Villepinte (merci à ceux qui y travaillent et qui me l'ont signalée). Il faut dire qu'elle est tellement neuve qu'elle n'existait pas encore la dernière fois d'en plein hiver où dans cette ville je suis passée.

(crédit photo Jaouan, si j'ai bien compris)

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Un spectateur attentif

lundi soir, Bastille, opéra

Pict0002billet écrit en dormant et non relu


C'est parce qu'il avait une voix très grave et qui vibrait même en chuchotement, parce qu'il a parlé en italien, ce qui inévitablement me fait dresser l'oreille,

que j'ai entendu ce commentaire d'un spectateur qui devait être deux ou trois rangs derrière moi, et qui en gratifiait son voisin peu avant la fin de la première partie (soit après presque 1 h 20 de spectacle)

- Ma e una donna quel' Roméo li. (1)

Ça va que je venais pas trop longtemps auparavant d'être émue aux larmes par l'air des lampions [à remplacer par le vrai nom lorsqu'il fera jour], et que je craignais d'indisposer ceux qui m'accompagnaient et de leur faire honte, parce que le fou rire n'est pas passé loin.

Il faut dire que la Roméotte, si on ne pouvait rien reprocher à sa voix, montrait autant de tendresse physique envers sa Juliette qu'une poule l'aurait fait d'un dentier.
Au point plusieurs fois de me donner envie d'en rire alors que la scène jouée aurait dû m'émouvoir. Limite "style genre" (2) j'ai peur de passer pour une gouine si je le fais trop bien.
(Hé, m'dame, t'étais payée pour ça !)

Perplexité également en entendant ce couple âgé et qui devisait en s'en retournant une fois finie la représentation :
- Ça fait du bien d'entendre un ténor à l'ancienne.
La perplexité portant et sur le rôle et sur l'expression (que peut bien être un "ténor à l'ancienne" ? Il émet des crachotements comme sur les vieux disques noirs ?).

Et pour une fois (pour la première fois) une mise en scène de Robert Carsen ne m'a pas conquise.
Elle manquait d'allant, de capes et d'épées agitées plus précisément qu'en ralentis laborieux dans un décor rouge sombre et minimaliste.

Bref, ç'eût pu être torride, émouvant, sensuel, un tantinet subversif, ce fut scolaire et appliqué, rien à dire, rien. ( Ah si : belles voix (c'est quand même important, à l'opéra)).

Ou bien était-ce moi qui n'y étais trop pas ?

Restera le souvenir des mains du chef d'orchestre. Un bonheur de ballet et de suggestions effleurées à en rêver d'être au choix dans l'orchestre ou (plus tard) dans ses bras.




(1) traduc approx : Mais c'est une femme, ce Roméo là !
(2) ça se dit plus, je sais (note à l'attention de mes enfants)

[photo : pas terrible oui je sais]


Interlude

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J'ai 15 billets en attente, dont certains très drôles : tente par ailleurs de passer de la partie gauche de la photo qui pour l'instant refuse de se charger, vers la droite.
Mène malgré moi une double vie entre travail professionnel effectué en amateur et ou l'inverse à force je ne sais plus.
Je vais aussi au cinéma et ça n'est pas sans conséquences. Mais heureusement Simone Signoret est là pour m'aider à comprendre ce que j'y vois.
(non, non je ne suis pas déjà réduite à faire tourner les tables, c'est une sorte de surnom, vous l'aurez compris, mais en l'occurrence il s'adapte)

Alors il se peut que bien malgré moi, ça soit un peu silencieux par ici ces jours-ci.

[photo : Clichy la Garenne, way to swimming pool]