Le mercredi c'est Matriochkas
8 juin

Le (léger) mystère du bon chien jaune

hier, aujourd'hui, avant et plus tard, dans Paris, en banlieue, ailleurs ultérieurement ?

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Depuis quelques temps un grand chien jaune me suit.
Silencieux, attentif, calme, les yeux tristes de chagrins ancestraux à moins que ce ne soient les miens, qu'à sa façon il porte.

Le fait est que je le croise au même moment qu'un mieux, quelque chose qui ressemble enfin aux retrouvailles de cohérence, même si le chemin sera long avant que je ne retrouve l'aptitude à aimer.

Quand c'est parfois possible il se place près de moi. Rassurant. Hiératique. Ne quête aucune caresse, accepte si j'en fais, n'émet aucun son, ni mouvements dont ses congénères sont coutumiers. Il n'halète ni ne remue la queue.

Il est juste présent.
Bienveillant.

Son collier marron est toujours le même. J'y ai prêté attention, pensant les premiers temps qu'il s'agissait sans doute de chiens différents d'une marque à la mode. Après les labradors, les chihuahua maltais, ou les bergers allemands.

Mais non, il s'agit bien du même.

Son pelage est tout propre. Il paraît bien nourri.

Un toutou hitchcockien qui certains jours se contente d'une simple panouille, passant à quelque distance, l'air de rien ; vérifiant d'un bref regard que je l'ai remarqué.

D'autres fois, comme ce matin, il joue les figurants blasés sur le seuil d'une boutique. Je prends alors grand soin à poursuivre mon chemin comme je l'aurais fait hors de sa présence, craignant qu'à la découverte d'un demi-tour de ma part intempestif et qui aurait dévoilé sa disparition instantanée, il abandonne pour moi sa veille.


J'ignore qui me l'envoie mais il porte un espoir et empêche bien la mort de revenir rôder. Il confirme aussi mes trajets, par sa fidélité. Le chemin du chien est le bon chemin.

Le croiserai-je encore lundi ?

[photo : in situ de l'un des cas]

 

En effectuant quelque sauvegarde de coordonnées à partir de mon téléphone (Véronique, je pense à toi) , j'ai retrouvé une photo que j'avais prise au vol un des jours qui précédait du chien jaune que j'avais déjà repéré.     05062008



Il est ainsi des jours où la réalité cousine la fiction au point qu'on les confonde.

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