Page 407
Facultés d'adaptation

Mon nom est personne

Ces jours-ci, d'une façon générale

Pict0021

De mon baccalauréat je n'ai quasiment que des souvenirs de cinéma.
De cinéma à la télé.

Cette même semaine pendant laquelle je passait les épreuves, Mitterrand (François) s'élisait (ou celle d'avant ? ou juste après ?), et sur Antenne 2 avait lieu une "fête du film" dont j'ignore si elle fut ponctuelle ou par la suite réitérée.

Les épreuves me sont donc demeurées oubliées au profit de "Jeux interdits", "Rebels without a cause", "Les raisins de la colère", et quelques autres désormais estompés (Je crois aussi "La chartreuse de Parme" avec Gérard Philipe et du coup me vient un doute sur "Les raisins ...").

James Dean est pour moi à tout jamais lié à la physique, dont j'ai passé l'épreuve la tête encore dans le film qui m'avait occupée une partie de la matinée.

J'ignore si c'était dans ce cadre où en dehors de cette programmation spécifique, mais le dimanche précédant, alors que je m'étais prévu de potasser moult histoire et géographie, avait été diffusé "Mon nom est personne".

J'avais un faible pour Henri Fonda, son visage qui me semblait si harmonieux et équilibré, celui d'un homme de sagesse et de paix.  J'ai donc délaissé mes classeurs et cahiers pour regarder.

Effet de l'effet "veille d'examens" ?, bien des dialogues, pourtant en français (pas le choix à l'époque) me sont restés.

Et entre autre cette histoire que raconte Terence Hill à un moment donné, de tous ses yeux trop bleus.

C'est celle du petit piaf tombé du nid qu'une vache noie sous sa bouse, mais qui ainsi le sauve d'un renard affamé. La morale affichée en était quelque chose comme : Celui qui te met dans la merde, peut-être ainsi te sauve.

Ce qui m'avait très clairement semblé aussi ridicule et très amerloque que des trucs de l'accabit de quelques "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort" et autres balivernes. J'avais déjà à l'époque eu le temps de constater que "ce qui nous bousille nous esquinte durablement" était plus proche de la (sinistre) réalité du terrain. Et encore, je n'avais rien vu.

Mais comme "seuls les imbéciles ne changent pas d'avis", et que me gonfle soudain la présomption de n'en pas être, je me dois de confesser enfin que j'assiste ces jours-ci impuissante et malheureuse, mais soulagée aussi, à ce même phénomène, présent dans ma vie.

Est en train de me sauver quelque chose qui fut, j'en ai peur, conçu sinon pour salir du moins pour évacuer, mais qui bizarrement me protège d'une autre prédation laquelle me menaçait depuis trop longtemps.

Le coeur brisé, plus que jamais, j'accueille ce sursis et redevient curieuse des mois à venir.
Et si de Personne, enfin je m'inspirais ?

[photo : sans rapport avec le sujet, quoique, qui sait ?]

spéciale dédicace à ma fille pour encouragements (l'air de rien)


Et prochainement dans cette salle, I'm gonna kill Bill

(non, je rigole).

Commentaires