Comment je ne me suis pas fait inviter à prendre le thé avec Jean-Pierre (le pauvre s'il savait)
Monsieur Moreau est mort

Maman et les multinationales

Un de ces matins, ici

 

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Stéphanot passe dans la cuisine, tout vif et assoiffé, ouvre la porte du frigo, hésite, la referme, regarde la réserve de bouteilles d'eau et de lait et de quelques plus rares boissons sucrées, et finit par prendre une canette de coca sans doute achetée par son père qui en consomme parfois.


- Ah tiens, je vais prendre un coca, ça faisait longtemps.

Moi (dans mon pur rôle de maman) :  - Fais gaffe si tu as vraiment soif, ça ne te désaltérera pas, les trucs sucrés et à bulles c'est pas bon pour la santé [prends plutôt de l'eau].

lui : - Oui je sais, et puis ça fait grossir. N'empêche il paraît que le coca quand on a mal au ventre c'est bon pour soigner.

moi : - Tu sais c'est peut-être eux qui ont fait courir ce bruit afin d'en vendre encore davantage en particulier dans les pays où les vieux européens ne passent pas sans chopper la diarrhée.

lui (rigolard et se souvenant sans doute de mes protestations véhémentes face aux vêtements qui tendent à le transformer en homme sandwich de leur marque (1)) :

- Ma Maman n'aime pas les multinationales !

 

et il franchit la porte, perpétuellement ouverte et qui mène au couloir.

puis soudain recule d'un pas, repasse une tête, et malicieux ajoute :

- Sauf si elles produisent des livres ?

 

(bien vu)

Comment lutter ?   

       

      


(1) Il est pratiquement impossible de résister : pour les garçons adolescents de leur taille et leur style on ne trouve presque plus que ça, sans parler qu'en un cadeau de Noël ou d'anniversaire ou de quoi que ce soit il y a toujours un grand-parent ou autre proche attentionné qui offrira LE sweat-shirt, le  pantalon ou le pull qui portera frontalement (ou sur le cul en grand, fin du fin de l'élégance) et en gros caractères le nom glorieux de la firme qui au fin fond d'une Chine quelconque l'aura fait fabriquer au moindre coût possible. Le gosse a dû mal à voir ce qu'il y a de mal à ça, tous les copains ont le même ou le voudraient, et la parentèle est confite dans la certitude d'avoir fait le bon choix, offert le truc qui plaît qui répondra à une saine réaction de type : - Tu sais, mon fils pour leur faire de la pub il n'est pas payé.

par un incompréhensif et offusqué (c'est quoi cette gougnafière (moi) qui râle au lieu de remercier) : - Mais, c'est le dernier modèle et on l'a payé cher, il va être fier de le porter.

Quant aux pompes, je n'en parle même pas, celles de sport sont de plus en plus et comme cousues autour de leur logo, qui l'étoile, qui quelques bandes, qui une virgule virevoltante, un grand N (pour Neuneu Majuscule ?), un fauve en plein élan ..., et les non-marques finissent elles-mêmes par porter fièrement leur propre non-distinction qui à force aussi devient fameuse (2).

 

(2) Je suis moi-même tombée dans ce piège, que voulez-vous il faut bien marcher.

Je détiens et use également d'ailleurs des éléments de la liste dont certaines, car à une époque de jadis, certaines marques tenaient à justifier leurs prix par une réelle qualité, datent d'il y a plus de trente ans (1977 très exactement) et sont encore en bon état quoiqu'elles furent souvent portées (moins maintenant mais ça m'arrive). Bref, c'est de moi aussi qu'ici je me moque.

 

[PHOTO : On pourrait presque croire qu'ils en veulent davantage ; boîte aux lettres dans un immeuble, région parisienne, mai 2008]

 
   

spéciale dédicace pour Lola en raison d'un de ses commentaires précédents évoquant nos fistons et qui m'a fait chaud au coeur.

       

Ce billet est un lointain et mou écho à deux autres, disons une sorte de "cousin de cuisine", lus tout  récemment :

Aujourd'hui c'est la fête du travail, chez Samantdi

Leur en donner pour leur argent chez Le Monolecte

rajouti de 11 h 14 : je n'avais en revanche pas encore lu celui-là :

Sa majesté Embruns

et je me dis que j'ai fichtrement bien fait de mettre mon billet dans la catégorie "Humer l'air du temps", on semble en plein dedans.

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La note de bas de page qui renvoie sur une autre c'est pour faire plaisir à Bladsurb mais il aura compris ;-) . Et à la réflexion peut-être sans lien avec ce billet chez Coumarine.

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