Mourir seul c'est tellement mieux (surtout pour un enfant)
Princesse 13, chien palmé et un petit coup de Zahir par après

Quand le marketing fait un plat (pas tout un plat mais un plat comme quand on loupe son plongeon dans la piscine)

à l'instant, juste ici

Depuis des lustres je fonctionne ainsi : quand un livre fait mon bonheur, je m'en procure plusieurs exemplaires :

- il y a le mien, celui de ma première lecture, souvent dédicacé, parfois gribouillé (je m'efforce de procéder par post-its mais de plus en plus souvent je déborde) et, si j'ai eu du mal à m'en séparer, légèrement abîmé à force de traîner dans mon sac à main à dos ; Pict0004

- il y a ceux que je prête à tout va, j'en vois qui sourient des passants qui me connaissent et savent combien je suis casse-pieds quand je juge un bouquin indispensable, limite totalitaire (C'est un des très rares cas où je donne des ordres "Lis-le !").

D'un livre dont j'attendais la sortie avec impatience, tout en me doutant un peu que d'une façon ou d'une autre je pourrais disposer légèrement à l'avance, j'avais donc fait, une fois n'est pas coutume, une préréservation dans une usine à expéditions (1), histoire de recevoir au plus vite une sorte de back-up pour le cas où un événement serait survenu, un gel amical (2), un empêchement de lire en rond et si tout allait bien et que j'avais été par ailleurs pourvue, de pouvoir vite, très vite le prêter.

Alors chapeau bas à l'usine à vente ainsi qu'à la vieille poste qui parfois se souvient que son rôle avant d'être banquier était d'acheminer colis et courrier, le livre à peine sorti, je suis dans ma cuisine et je l'ai.

Sauf que :

me voilà l'heureuse gagnante d'une sorte de loterie involontaire.

Un courrier glissé dans le volume attendu m'informe que comme j'ai fait partie des 300 premiers réservataires, j'ai droit à un exemplaire signé par l'auteur.

Je comprends fort bien l'effort de marketing, dans cette optique, l'idée est bonne, le client censé être ravi s'empressera désormais de précommander chez eux tous les livres de ses auteurs préférés.

J'imagine aussi, pour avoir vu traîner sur l'internet des exemplaires d'Harry Potter dûment signés et qui valaient plusieurs mois (années peut-être si j'avais cherché) de mon salaire, que c'est probablement un joli cadeau financier (!) qu'ils me font.
(note à moi-même : si je tombe malade dire avant trop tard à mes enfants que l'assurance-obsèque est ma bibliothèque, afin qu'ils n'en viennent pas à s'endetter pour rien)


Seulement voilà : dans mon cas, ce souci de flattage du commandant tombe complètement à plat.

- Me voilà avec un exemplaire que je ne pourrai pas prêter ; je ne prête jamais les exemplaires signés ou dédicacés, l'ai fait une fois à ma meilleure amie, pour un livre qu'il était difficile de se procurer et qu'il était intéressant qu'elle puisse le lire sans attendre. Je n'ai pratiquement plus revue l'une et plus jamais l'autre. J'aime prêter les livres sans trop compter qu'on me les rende. S'ils sont particuliers ça met comme une pression. Je vais donc être obligée d'en acheter un autre (3) ... mais certainement pas chez eux des fois que ça recommence.

- Je me vois bien dire à l'auteur, Hé tu sais pas, tu m'en as signé un deuxième à l'insu de ton plein gré.
(Konsumgesellschaft quand tu nous tiens) ;

- Et puis un livre signé par rapport à un livre dédicacé, c'est d'une froideur déchirante. Je le savais, il m'est un jour arrivé d'acquérir par mégarde un exemplaire signé d'un livre auquel j'avais participé, et c'était exactement le même effet qu'un des narrateurs de Serge Joncour dans "Combien de fois je t'aime" qui désespérant un soir tard de trouver quelqu'un à qui téléphoner sans trop déranger fini par s'appeler lui-même. Et reçoit 5 minutes après la notification de son propre appel.


Bon, c'est pas tout mais pendant ce temps je n'ai toujours pas fait le chèque de complément au libraire consciencieux et trop honnête de l'autre bout de la France qui m'a envoyé d'un petit livre qui ne se préréservait pas mais qui mérite qu'on ne le manque pas, deux exemplaires pour le prix d'un au prétexte qu'il avait mal lu ou trop vite ma commande.




(1) Je n'achète chez eux habituellement que les livres d'occasions et ceux en langues étrangères. Pour les livres neufs en français (et en italien) j'habite à Paris ou tout comme, il y a tant de bonnes et vraies librairies, et le plaisir de m'y rendre, même si le port est plus ou moins gratuit je préfère mes pieds.
Par ailleurs je n'aime pas le principe des pré-réservations - et pourtant parfois j'y cède -.

(2) et ça fait si mal de le comprendre ainsi, s'en rappeler pour plus tard si plus tard est possible.

(3) ah quel drâââââme !

[photo : le sac à main, le vrai]

 

J'ai finalement répondu aux différents "taggages" amicaux.  Et comme je suis plus ordonnée que d'aucuns le croient au vu de mon quotidien (malgré moi) chaotique :

- les 6 trucmuches sont là

- les 4 livres probablement dans la soirée Côté Papier

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