Le coeur à l'envers
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Matin d'hiver avant l'heure

ce matin entre 7 et 8

Pa170003

A mes jours sans prison, j'avais pris le pli de me lever au soleil ou du moins à la lumière.

Nous fermons rarement les volets, les double-rideaux sont cassés, nous vient donc directement la couleur du dehors.

Mais ce matin j'ai traînassé, sans savoir que la pendule tournait : il faisait encore sombre et bleuté. Ce n'est qu'en constatant l'absence totale de bruits dans l'appartement et que donc chacun s'en était allé vers ses lieux de travail respectifs que j'ai pris conscience qu'il était grand temps de regagner le mien, à savoir ma cuisine, ce dernier présentant l'avantage inouï que je peux également y prendre mon petit déjeuner préalable nécessaire à tout effort physique ou non.

Nous étions en automne. Et la lumière dans sa rareté avait franchi un nouveau pallier. J'ai beau être d'un tempéramment matinal, quelque chose d'organique me rend fatiguant de la précéder.

J'aurais dû me hâter pour rattraper le temps perdu. Je n'ai pas su. J'attendais, je crois, le retour de la clarté. Je savourais, "Le Canard" agrémenté d'un croissant et d'un fort café chaud, les lève-tôts de chez moi avaient su me soigner, je profitais du luxe. Quoique l'avenir me réserve, je ressentirais toujours comme tel de n'avoir pas à me soucier de mon premier repas du jour et qu'il existe un journal en papier pour me tenir compagnie.

Je profite sans retenue de ce que notre période plus tard perçue comme transitoire nous permet dés l'aube de lire à la fois les journaux payants même défaillants ou agaçants et des articles éclairants via l'internet, son versant intelligent et (pour l'instant) (encore) libre.

Le  temps qu'ils m'ont occupés j'ai cessé de songer aux absents, ceux qui sont morts, ceux toujours vivants, à la souffrance que crée leur éloignement, au point d'écarter par ricochets quelques mal-comprenants susceptibles.

Le soleil est arrivé, la journée était lancée.

[photo : in situ au même moment]

PS : Je sais que le passage à l'heure d'hiver réduira un temps mon (très léger) tourment de me lever à temps aux jours de liberté.

 

Ce billet est un interlude (j'aurais volontiers glissé en barette la musique qui va avec mais n'ai pas le temps de m'y essayer) en attendant un autre d'annonces que je compte déposer au sujet de "Lire en fête", hélas il me manque à cette heure quelques informations. J'espère les glaner dans la journée (billet du soir, espoir)

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