Quand le cauchemar des uns ferait le bonheur des autres
Le sosie

Le syndrome du quai 9 3/4

Aujourd'hui, Paris, Xème arrondissement

Pict0005 

(billet non relu ; have to go)

Il y a deux ans j'ai eu deux travails. L'un que je craignais de perdre, l'autre dont je souhaitais qu'il ne dure pas.

L'un où j'allais avec les pieds de plombs, l'autre  où je filais avec des ailes aux talons mais l'angoisse aux tripes comme jamais.

Le lieu du second travail avait une annexe efficace, chaleureuse et amicale.

Pour aller de l'un à l'autre, et aussi parfois pour me rendre du travail 2 au travail 1, j'empruntais souvent un passage pavé et piéton. Généralement paisible, il m'offrait la possibilité de préparer mon esprit au changement de planète que constituait le second cas.

A présent, je ne passe plus aussi souvent par là.

En vélo aujourd'hui j'effectuais un beau trajet Sud-Nord. J'avais cependant négligé deux aspects de cette légère expédition :

1/ Il était midi passé et mon organisme affaibli par l'une des étapes de la matinée exigeait son dû alimentaire ;

2/ Cette ville possède un relief que de mon temps de piéton je n'imaginais pas. Paris ne manque pas de relief. Je n'en doutais guère mais de mon temps de simple passante n'imaginais pas à quel point. Pour schématiser, car il existe à ce principe des exceptions notables, : du sud au nord, en gros, ça grimpe.

Le coup de pompe, à Vélib m'a rattrapée à hauteur de Strasbourg Saint-Denis. Je me souvenais d'un traiteur délicieux de "comestibles étrangers" (sic) sis à proximité où j'avais alors mes habitudes.  J'ai donc gracieusement (1) à une station proche déposé la bicyclette qui m'avait (trans)portée et suis allée y acheter mon urgente pitance, ainsi que quelques délicieuses denrées à rapporter à ma famille.   

Le passage s'ouvrait en face, j'ai espéré y trouver un coin où me caler pour déguster le plat de pâtes fraîches que j'avais acheté pour consommation immédiate et nécessaire. Je m'y suis rendue sans tarder.

Il fait un coude en son bout vers la gauche. Ç'avait été mon chemin habituel. Mais aujourd'hui, croisée par une femme élégante et pressée qui l'empruntait, je découvris une allée pavée qui s'ouvrait presque au même niveau sur la droite du côté opposé.

Elle n'était pas récente, tout l'attestait : les immeubles, les grilles qui la bordaient sur les premiers mètres, l'allure même des pavés.

Et pourtant sur les 200 fois (et quelques) au cours desquelles j'avais en 2005 emprunté le passage principal, jamais, jamais je ne l'avais remarquée.

J'ai dévoré mes pâtes afin de prendre des forces, puis le coeur battant l'ai à mon tour suivi. Un chemin ancien qui soudain se révèle, ne pouvait que conduire aux mystères résolus.

Hélas il n'en fut rien. Au bout, j'ai simplement retrouvé la rue, une rue classique et normale et déjà connue.

C'est cependant sur ce court parcours qu'une des réflexions que je poursuis (au sens littéral) depuis quelques temps a franchi une solide étape (2).

Alors qui sait  ... 

(1) C'est qu'à présent je maîtrise (cette note est à destination plus particulière de Madama Abricot).

(2) Essentiellement en raison de l'absence de voiture qui permettait de se concentrer sur ses propres pensées et non sur ses pas (ne rêvons pas).

[photo : passage des Petites Ecuries, récemment]

 

Si le titre de ce billet vous paraît étrange, ce qui n'est pas exclus, car tout le monde heureusement ne lit pas ce que tout le monde lit (pareil pour le ciné) ou alors seulement sur le tard (cf. colonne de gauche par ici si vous y passez maintenant), je vous invite à consulter Maître Eolas à son sujet.

Quelque chose me dit qu'il sera ravi de vous renseigner.

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