Le jour où j'ai renaqui (ça se dit ?)
Une rage rentrée

Olympia qu'as-tu fait là ?

mardi 20 février 2007, ligne 1, Champs Elysées Clémenceau, aux environs de 10 heures 10

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De ma fille et de moi je ne sais trop qui ce matin en fait accompagne l'autre. Un de ces rendez-vous nécessaires, qu'on appréhende un peu. Nous sommes à l'heure mais sans gras. Aussi en bonnes parisiennes lors du changement que le trajet nous impose, nous hâtons le pas en direction du bout du quai qui à l'arrivée nous rapprochera de la sortie.

Un groupe d'enfants petits. Centre aéré sans doute. 5 ou 6 ans à l'estimée. Globalement plutôt sages, en détail un peu turbulents.

La voix d'une accompagnatrice me sort soudain de mes propres préoccupations :

- Olympia, qu'est-ce que tu lui as fait ? Olympia vient là !

Et une petite effectivement se rapproche de l'adulte près de laquelle se tient déjà un petit gars à l'air tout malheureux.

Je m'attends, c'est plus fort que moi à ce qu'elle l'appelle Ernest, Théodore ou Amadée, voire même Roland, mais on est dans la vraie vie, il ne faut pas exagérer. Ni non plus s'attarder.

En fait le rire qui me saisit est si fort et je peine tant à le contenir, que j'ai très fort accéléré, et la soeur de Stéphanot, se fatigue à me suivre. La rame arrive, j'y saute d'un bond et m'effondre sur la première banquette venue afin de m'y gondoler à mon aise en vagues silencieuses d'avoir été au début endiguées.

Ma fille reprend son souffle puis se marre aussi,

- C'est le prénom, c'est ça ?

Elle ne croit pas si bien dire. Je lui explique alors Hoffmann, les contes, l'opéra, l'Olympia qu'il y avait là.

- Non ? me fait-elle incrédule.

Et puis :

-Merci de ne m'avoir pas appelée comme ça.

J'en ris encore en l'écrivant.

[photo : un autre quai, un autre métro, un peu plus tard]

   

PS : CE BILLET N'EST PAS UNE FICTION, nous avons vraiment entendu ces mots. Fallait-il que ça tombe sur moi ! En tant que porteuse douloureuse d'un prénom d'opéra qui semble infléchir ma vie sentimentale à l'aune de celle de son héroïne, je me demande si les parents de la petite Olympia sont de grands mélomanes ou au contraire pas. 

      

spéciale dédicace à notre madonne de l'opéra, évidemment.

- Le public averti aura remarqué que Rolando et moi avons simultanément les mêmes (saines) lectures ("Que lisez-vous en ce moment ? Je suis en train de lire parallèlement ‘Orlando’ de Virginia Woolf (qui m’a emporté jusqu’à trois heures et demi du matin la nuit dernière !), et ‘La Marche de Radetzky’ de Joseph Roth" in l'article d'EVENE à son sujet (déjà lié plus haut).

Je soupçonne fort Le sablier de le lui avoir passé en lui expliquant qu'à cause de l'anagramme il devait se grouiller.

message personnel : Rolando, le mois prochain si tu veux bien on se fait une verticale Duras (mais pas "L'amant" que je trouve déprimant), j'ai du rattrapage à faire de ce côté-là.

autre message personnel : Bon alors, Roberto, tu en es où du "Rouge et le Noir" parce que j'ai bien l'impression que tu es en train de te faire supplanter en beauté. Et rien à voir avec La Scala mais avec "la Chartreuse de Parme" si, qui sait ?

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