Peu sensible
Le retour du rasoir

Stéphanot le motivant

lundi soir, après un jour de collège et un seul.
   
"Tu vois, maman, fait l'enfant tout frais collégien, j'ai un petit problème. Quand je dois remplir une fiche de lecture (sic), je ne sais pas quoi mettre pour ta profession."
   
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Or il sait l'usine, et ce que j'y fais.
Il me signifie ainsi combien il a compris.
   
Je manque d'amour, le propre et l'autre, de confiance, d'avenir, de confiance en l'avenir, de coefficient d'existence et fatalement d'ambition,
je viens juste d'attraper, au bord du soir, une putain de chiée motivation ravageuse.
   
Le temps presse. Pourvu que les santés si facilement fuyantes ne fassent pas d'une course contre la montre et l'amour, une course contre la mort, que j'ai enfin un brin de répit aux frontières secondaires pour mener ma lutte vitale sur le front qui m'échoie.
   
Eugène me crache une flamme en guise d'approbation, mais Wytejczk n'est plus là pour m'encourager, ni me guider, lui qui savait chaque chemin avant de prendre celui de fuite.
Si seulement il allait bien. Mais j'ai peur pour lui, sa disparition me semble si insolite et incompréhensible.
   
[photo : au Collège Sans Nom, la rentrée]

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