Ca fait bizarre de dire "Je t'aime" ...
Le slam avant le slam

Va savoir

      
    
Lundi 29 mai 2006 en début de soirée
 
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Un ami attentionné me l'avait suggéré, ménage-toi un sas entre le taf et rentrer chez toi. Va boire un coup, fais-toi plaisir.
    
J'essaie d'écouter ceux des copains qui me restent. Il a raison, on n'est pas capable de travailler tout le temps, surtout quand les chagrins se relaient et nous minent.
   
Mais le plaisir a disparu des sensations possibles, je croise au mieux du soulagement. Je n'ai pas non plus de goût pour aller boire un coup si plus personne ne vient me chercher à ma sortie d'usine.
 
Le cinéma reste possible mais un film est trop long pour qui souhaite au retour partager un peu de présence avec ses enfants avant qu'ils ne s'endorment. Et puis, c'est un budget (le boire ou le ciné).
    
Pour ce soir, une solution : présentation de la saison prochaine, au théâtre de l'Athénée.
La plupart de ceux qui parlaient de leur pièce donnaient vraiment envie. J'ai parfois ri. Fussè-je friquée que j'eus cherché tout de suite à obtenir un abonnement.
      
On nous a envoyé enfin de beaux papelitos dûment couverts de citations issues des oeuvres annoncées.
C'était beau cette salle où ils voletaient et le public amusé qui se levait pour en saisir. Je n'ai pas pris cette peine, deux d'entre les papiers sont venus me caresser les mains, ou se poser sur mon épaule.
    
Pinter m'a ainsi susurré "quoi qu'il en soit, je crois que, j'ai cru que tu savais. Et tu me dis que tu ne le savais pas ?" ce qui ce soir me faisait sens.
      
Et Pirandello a apporté son grain à une conversation récemment passée
"Ma che fizione ! Realtà, realtà, signori ! Realtà !" (1)
Et si Pirandello, du moins ses personnages, étaient ceux qui avaient raison ?
      
Va savoir.
J'ai peur d'ouvrir ma fenêtre quand il ne faudrait pas.
   
[photo : du balcon de l'Athénée, ce soir, avant que la nuit ne tombe]
    
(1) in "Sei personaggi in cerca d'autore"   

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