Un petit peigne en plastique sous son blister fragile
Nous sommes tous en péril (jeune)

Des contrôles qui se perdent

         
Un midi d'un jour d'usine tertiaire, à Paris en mai
      
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Je ne connais pas la dame mais je la vois coincée. Le genre de situation absurde et automatique : elle sortait des bureaux, avait sans doute débadgé pour faire s'ouvrir le portillon qui permet dans les deux sens l'accès à la rue, mais un peu trop tardé à le passer, ensuite il s'est refermé et la voilà avec les poignets et le sac à main d'un côté, le reste du corps et de son équipement de l'autre.
         
Après une brève pause déjeuner, en fait un panino afin d'intercaler une course dont je reviens en hâte, je m'apprête à remonter au bureau via le même chemin. J'ai déjà à la main l'indispensable badge.
Sans réfléchir, au vu d'un rictus de douleur qu'elle n'a pu réprimer, je le place au point qui actionne l'ouverture et libère ainsi cette collègue inconnue.
Laquelle me remercie en se massant comme elle peut les poignets puis s'éclipse.
         
Le portillon très vite se referme.
         
Je suis toujours côté rue, je dois toujours entrer, je repasse donc mon badge. Il déclenche cette fois-ci un grand bip rouge et quasiment fâché : un salarié est censé ne pas être capable d'entrer deux fois de suite s'il n'est pas sorti. Ce n'est donc pas par là ni pour l'instant que je pourrais faire un nouveau come back.
            
Me voilà gros jean comme devant, munie d'une motivation qui pour un temps vacille. Et si j'en restais là ?
          
Si au lieu de remonter, trouver une autre porte ou ruser la machine, j'obéissais à son refus et m'en allais enfin profiter du printemps ?
Je n'ai pas osé. J'aurais peut-être dû. En employée modèle, bien qu'en retard par ce contretemps, j'ai fait le tour du bâtiment, repéré un accès dûment équipé d'humains possédant l'immense pouvoir sur portillon
de le faire s'ouvrir quand d'emblée il s'y refuse. Tout s'est arrangé et j'ai pu travailler.
            
Au soir, je suis même parvenue à sortir, le nombre pair d'allées et venues s'en trouvant rétabli. Au soulagement éprouvé, j'ai compris que je craignais un nouveau fonctionnement défectueux et qui m'aurait empêchée de quitter les lieux.
            
Note écrite en écho à celle de Satsuki
et après une mésaventure similaire survenue le même jour.
         
[photo : des portillons semblables, mais dans le métro]

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