"Ils font mal à la tête ces escaliers"
"Que devient le rêve quand le rêve est fini"

Un encouragement prometteur

en plein centre de Paris, il y a quelques temps déjà

 

Pa110008

Le col est bon, dit-elle satisfaite et comme pour se rassurer.

Il ne s'agissait pas de cyclisme.

J'aurais préféré.

Elle m'invita à me rhabiller, s'assit à son bureau, et d'un air navré mais ferme me recommanda, allez voir le chirurgien dont je vais vous donner l'adresse, à votre âge il vaut mieux  ne pas risquer.

Il s'agissait d'un morceau de mon corps fatigué, qui devenait menace et qu'il fallait ôter ; certains médecins, qui pourtant en sont, estiment que passé 40, il est sans problème pour elles inutile aux femmes. On est priées d'utiliser plus tôt notre éventuel pouvoir de séduction, tant pis pour qui n'a pas su profiter à temps et se retrouve avec l'ombre d'une menace de bandit de grands chemins : l'amour ou la mort (1) ?

C'était sans surprise réelle, j'encaissais sans broncher. Depuis qu'aux heures perdues que je n'avais pas, j'ai fait soutien de copine de copine otage en Irak, seule une mauvaise annonce concernant Stéphanot pourrait profondément m'abattre et les chagrins d'amour me miner.

Cette période difficile mais au dénouement heureux m'aura attirée bien des ennuis, ma vie autorise fort peu de militantisme et je navigue en milieu semi-hostile. Elle m'aura cependant et hors des deux cas précités pour lesquels mes forces sont trop faibles, appris à basculer quand nécessaire en mode Florence simplifié (le seul à ma portée).

Face aux propos pénibles du gynécologue, il s'est déclenché sans effort de ma part. Je dois avouer que ma vie m'avait offert quelques occasions d'entrainement préalables.

Le jeune étudiant en médecine qui en tout début de consultation m'avait si poliment demandé de tolérer sa présence et que sans hésitation (comment apprendait-il sinon ?) j'avais accepté, ne disposait pas de cette ressource et en cet instant précis semblait regretter d'apprendre.

Alors que je repartais, il me raccompagna jusqu'à la salle d'attente, ce qu'il n'était pas tenu de faire, et me dit sans éviter mon regard, "bon courage".

J'espère lui avoir dit merci et offert un sourire. Je ne m'en souviens plus, déjà mentalement engagée dans le combat à venir. En revanche j'ai clairement pensé,

il fera un bon soignant.  très bon.

(et c'est ça qui m'a aidée).

(1) les hommes pour leur part risquent un jour ou l'autre d'avoir droit à la version les bourses ou la vie ; loin de moi ici l'idée de me plaindre d'être née femme.

hors les risques spécifiques liées aux grossesses et accouchements, je crois qu'hélas les accidents de santé sont une des choses du monde les mieux partagés.

Je ne comptais pas publier cette note qui au départ n'en était pas vraiment une, mais plutôt un message à une amie absente, seulement le billet de Samantdi aujourd'hui

http://www.samantdi.net/dotclear/index.php?2005/11/02/407-s-appuyer-sur-une-epaule-solide

m'en a donné comme l'obligation morale, je ne saurais pas en détail expliquer pourquoi.

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