Poème concentré n°1

(J'ai trouvé samedi dans la rue un recueil de poésie datant d'il y a trente-quatre ans, imprimé dans le sud de la France ; dans la même veine que les poèmes express de Lucien Suel, je tente une petite expérience, histoire de voir si la poésie s'y retrouve)

 

L'image affleure
Mes larmes ont brûlé les rides, un bleuet.
Tu me livrais.

Pendant ce temps le chant
Ensorcelle
L'averse perce

Griffée, la fleur craque
Les oiseaux l'abandonneront.

 

Ce qui est très curieux, c'est que ça résume plutôt fort bien un certain état depuis jeudi en moi.


nb. : On est loin du texte initial, c'est pourquoi je ne le cite pas (en plus que je ne saurais en retrouver l'auteur pour lui demander son autorisation) n'en restent que certains mots, plusieurs expressions ("L'image affleure", "Les oiseaux l'abandonneront","L'averse perce", le début des larmes mais appliqué à autre chose) et leur ordre d'apparition comme au générique d'un film la liste des acteurs. Le sens final s'en trouve très différent. Ce qui est en commun est le champ sémantique. Merci à l'inconnu qui a jeté ce livre et à ceux qui en ce temps-là l'ont écrit et conçu.
billet repris dans La vie sans ailes (privé)


La soirée des bons sujets


11068402_10206759388806248_3458315641856290420_nJe revenais paisiblement d'une soirée en librairie italienne, avec plein de réflexions fournies au sujet des loups et des lions, lorsque traversant la gare Satin Lazare pour accéder au train de banlieue que je m'étais résolue à prendre - trop envie de lire et donc moins de pédaler (1) -, je suis tombée via mon téléphone malin (2) sur cette photos de chiens dans un relais d'une autre gare. 

Les commentaires suivants, c'était sur un réseau, indiquaient qu'ils allaient fort bien, merci, juste un peu apathiques, mais au premier regard ils donnaient bien l'impression d'une étrange tragédie propre, et la toute première idée "Mais que s'est-il donc passé ?" appelait l'écriture, une histoire à raconter, des imaginations à libérer.

"Racontez ce qui s'est passé."

*            *            *

 

Je n'ai pas eu le temps de développer : sur  l'escalator voisin une jeune femme conversait avec une dame nettement plus âgée, tante aînée ou grand-mère et lui déclarait :

"Je connais très bien une dame qui a perdu son mari à Poissy cet été".

Comme nous ne faisions que nous croiser, je n'ai rien perçu de ce qui précédait, ni non plus la suite. Ce qui était curieux c'était l'absolue neutralité avec laquelle elle prononçait ses mots. Un peu comme dans certaines pièces de théâtre un brin expérimental, quand les acteurs s'adressent en face public, et débitent un bout de dialogue, monocordes, détachés, puis s'écartent. Ou alors dans certains passages, pour le coup ils y seraient dit en plus dynamiques, des pièces de Pierre Notte (3). 

"Reconstituez le dialogue. Vous avez 30 minutes".

*            *            *

Mais le train arrivait. Et entre-temps sur mon téléphone futé, j'étais passée sur twitter où je suis tombée en arrêt devant 

Capture d’écran 2015-05-19 à 23.03.26À l'heure qu'il est j'ignore s'il s'agit d'un canular combiné avec le compte @FLOTUS ou d'un piratage généralisé, mais 

"Imaginez les touites qu'auraient émis, confrontés à la même situation, l'un.e. des responsables politiques suivant.e.s : 

Vladimir Poutine, Angela Merkel, Matteo Renzi (4), David Cameron, Alexis Tsipras, Catherine Samba-Panza, Michelle Bachelet, Dilma Rousseff, Park Geun-hye, Manuel Valls, François Hollande.

(Le petit Nicolas est quant à lui occupé à relire 1793, en plus qu'il n'est plus en exercice, il ne touitera donc pas)"

*            *            *

Le temps que je constitue la liste, j'étais arrivée.

Et là je tombe de sommeil, et demain c'est une nouvelle semaine de boulot salarié qui s'entame. Je n'aurai donc pas le temps de traiter moi-même les sujets fournis par cette belle soirée.

Mais si d'aventure ça vous dit ... 

 

(1) Dab à la belle saison je rentre en vélib.

(2) C'est plus rigolo que smartphone, non ?

(3) Je l'aurais bien vu dit par le deuxième fils dans "C'est Noël tant pis".

(4) L'homme qui s'est installé dans le bureau de Clément VII

 

[photo : Anne Savelli que je remercie ; Châtellerault aujourd'hui]

PS : Cette photo a été réalisé sans trucages ni souffrance animale ;-) 

PS' : Je crois que j'ai un peu trop écouté débattre sur les programmes du collège, ça a déteint. 


Il y a deux ans - Make it short

nb. : Ce texte a été écrit bien avant le 7 janvier 2015 et le message autopromotionnel reçu de ta part le 8. À la réflexion j'ai décidé de le maintenir à la date que j'avais prévue. Il est une bonne mesure du chemin parcouru, de l'incidence qu'un acte de terrorisme même s'il ne nous touche pas physiquement, peut avoir dans nos vies, nos façons d'aimer, de penser, de percevoir le monde. À l'instar de Marie, je me suis longtemps demandé, surtout pour ma part devant les faiblesses que j'avais : Peut-on changer ? Je sais désormais que la réponse est oui. 

 

Capture d’écran 2014-11-04 à 18.03.12Il y a deux ans, à la même heure, je vendais "L'histoire d'Alice [...]". Le patron et moi étions efficaces.
J'étais heureuse et fière.

Puis tu m'as dit Va-t-en.

Je n'ai pas su vendre le roman suivant.

 

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Indésirable (rêve heureux (ou très malheureux))

Note en double tu

 

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C'est une réflexion que tu as faite en te levant avec peine "Tu as de la chance, tu restes à la maison" qui m'a engendrée ce rêve de rendors après une triste première pensée :

depuis que le froid est tombé, même si pour l'instant il n'est pas excessif, je ne cesse d'être soulagée de n'aller point travailler, submergée de fatigue, ou de douleurs physiques, ou après des accès nocturnes du palud du chagrin, ou des bouffées de peine qu'un emploi de bureau rendrait ingérables (je désteste ce mot mais il s'agit bien de ça). En même temps je sais que si j'étais en librairie, comme jusqu'à il y a peu à Livre Sterling, je tiendrais sans problème, heureuse et motivée, contente d'employer mon corps à un travail physique. Simplement je serai trop fatiguée pour écrire après.

 

*        *        *

Je me réveillais dans notre lit que tu avais laissé. Il était plus tard que je ne le croyais, d'ordinaire nous nous levions en même temps, et tu étais probablement déjà parti accompagner à son lycée le plus jeune des garçons. Il faisait froid mais grand soleil, ce qui, rare en cette pluvieuse saison, méritait un salut. Nous devions faire souvent l'amour et bien, je me sentais comblée, sans ce vide vertigineux qui depuis bientôt huit ans si souvent me tenaille. J'enfilais un de tes pulls et descendais à la cuisine après un bref passage aux toilettes de la salle de bain, que j'ai toujours préférées à celles du premier. Nelson me faisait fête et les chats, courtois, venaient me saluer. J'avais une pensée, comme toujours, pour Nina.

Je déjeunais en paix. Scrambled eggs, café,
jus de fruits frais, pain grillé. Pasta speculoos
crunchy que tu n'oubliais jamais de m'acheter.
Tout était propre et calme.  6a00d8345227dd69e2019affc05e1c970d-800wi

 J'ai mis sur la platine un vieux vinyl de Mal Waldron, celui que tu m'avais fait découvrir rue du Zodiaque et qui était resté, sans doute pour cette raison, mon vraiment préféré. Déjà les mots venaient. Le stagiaire (1) sans doute n'allait pas tarder, ni toi sans doute, qui profitais parfois de la sortie matinale obligée pour faire quelques courses, du pain frais (2).

Je prenais une douche rapide, pestant un peu contre la vétusté relative de l'installation, c'est un peu la malédiction de la plomberie anglaise. On s'y fait. Puis j'allais dans notre bureau, ma place face à la porte avec la fenêtre sur ma droite, la tienne inchangée, et me mettais à travailler. J'avais toujours le MacBook Air offert par les amis, et parfois m'installais, surtout quand tu souhaitais être seul, sur la table de la salle. Mais pour démarrer au matin je préférais la pièce prévue pour. Et quand nous étions deux c'était plus stimulant. Un regard, un sourire, et nous repartions dans notre concentration. Seule me gênait parfois la sonnerie du téléphone qui concernait le plus souvent la maison d'édition.

D'ailleurs il sonnait. C'était un journaliste pour une interview (de toi) en flamand. Je répondais sans effort de mon néerlandais scolaire mais opérationnel afin qu'un rendez-vous puisse être pris ultérieurement.

Le réveil est venu de ce que j'ai cru à un coup de fil en vrai. C'était bien mon téléphone. Pour un texto de mon meilleur ami concernant un concert ultérieur potentiel. Providentiel, il m'a raccompagnée en douceur dans la vie d'ici. Mes jambes, et la hanche gauche étaient douloureuses. Je devais sans tarder affronter la douleur, sans doute qu'une fois levée tout rentrerait en place, une gêne courbatue plus qu'une souffrance aigüe. Tu es revenu de chercher du pain frais. Je suis parvenue à venir t'embrasser. Puis la journée était lancée : je devais écrire, à toute blinde, et ranger. Écrire sans attendre que quelqu'un me soutienne. Écrire sans attendre de n'avoir plus de peine, d'avoir trouvé la paix. Car il est vraisemblable qu'elle ne survienne pas, ou reste si incomplète. Indésirable, je n'ai pas de place au monde, n'en aurai sans doute jamais. Toujours trop quelque-chose ou pas assez. Déclassée ou surclassée. Trop intelligente pour ma condition. Pas assez pour m'en arracher. Trop moche, pas assez blonde pour séduire ou garder (4), pas attirante, tu me l'as dit, je le sais. Et un peu vieille, désormais. Le temps presse. Je dois avancer. J'ai enfilé un de tes pulls. Ils sont trop grands mais ils sont chauds. Sur son portrait du mur, l'ami Jerome me souriait (3). Tu m'avais dit qu'il passerait. J'avais hâte de ces retrouvailles même si c'était (surtout) pour travailler.

J'ai songé à Krešo Mikić, le mystère résolu, cinq ans après (cinq !) de la silhouette semblable. Je finis toujours par comprendre. J'y mets trop longtemps. Y être parvenue m'a donné cependant le morceau de courage manquant.

 

(1) qui travaillait pour quelques mois dans les bureaux du sous-sol pour ta maison d'édition.

(2) car ma présence avait quand même à la marge modifié quelques habitudes

(3) Le portrait d'en vrai n'est pas très riant. C'est amusant.

(4) Je suis toujours quittée pour une femme aux cheveux teints, à croire que l'homme occidental a l'érotisme monochrome et très standardisé (Florence A. a donc raison)


366 - super héros - version 1

 

Je ne suis pas un super héros, seulement une Bonne Mascotte, spécialisée littérature avec quelques incursions dans la musique et le cinéma. Qui est pris dans l'écriture, ou s'y sent poussé mais sans parvenir à franchir le pas, ou a connu des périodes fastes mais à présent s'enlise, peut sous certaines conditions qui ne m'appartiennent pas, compter sur mes services.

Les résultats sont parfois spectaculaires. J'ignore comment doser. Le processus une fois enclenché semble irréversible, Wytejczk a d'ailleurs peut-être disparu un peu pour cette raison-là, qui souhaitait rester coursier et non virer écrivain (douloureusement) renommé. Mon carnet d'adresses pourrait sembler somptueux aux yeux d'un fin lettré. Il l'est en forme d'apparences trompeuses : j'ai rencontré les uns et les autres avant leurs premiers succès ou que débute enfin la trop tardive reconnaissance de leur travail.

Le rôle est harassant. Il convient de lire énormément. Il n'est pas sans chagrin : les hommes (hétéros) à peine tirés de la mélasse s'empressent de prendre femme, laquelle non seulement jouira de leur présence mais est prise pour la muse quand je l'ai précédée de mon pouvoir discret. Il semblerait que Bonne Mascotte, tout comme jadis Vestale, condamne à la chasteté.

De plus tel le rôle de "U" dans l'œuvre de Grégoire Solotareff et Serge Élissalde, il abonne à la solitude : une fois la mission accomplie, l'auteur tiré d'affaire, la romancière satellisée sur les orbites du grand succès, on diminue puis disparaît ou presque de la vie du ou de la Mascottée. Ça n'empêche pas de jolies retrouvailles, mais elles tendent vite à s'espacer et se distend le lien, disparaît l'intimité (1).

Enfin, on n'est pas Bonne Mascotte de soi-même. Il semblerait même, si j'en crois les derniers développements, qu'il est impossible à une Bonne Mascotte d'en trouver une pour soi. La Bonne Mascotte de base ne peut compter que sur une clémence particulière du petit dieu facétieux des livres pour services rendus. Cette clémence est volatile et ne pèse pas lourd face au poids du féroce Chagrin d'Amours, cousin d'Hécatonchires aux pouvoirs voisins, ni aux œuvres inlassables des Parques de l'Ennui Sérieux de Santé. De plus, comme elle fait gagner beaucoup d'argent à ceux qu'elle a secondé, le demi dieu Picsoulidon n'a plus pour elle de budget. Le petit dieu des livres intervient parfois afin de lui éviter l'absolue banqueroute, souvent d'un (fin) cheveu.

Si j'ai survécu jusque-là, c'est que malgré la baisse de la part de l'écrit dans nos sociétés de cons-sommations, il restait encore bien des appelés à protéger afin qu'ils fassent un jour partie des élus d'un art bientôt perdu.

 

(1) à de notables exceptions près.

 

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RER C - samedi 2 avril 2011 - aller

C'est tout bien expliqué chez celui qui animait, et attention, si mon texte est un brin triste et emprunt de nostalgie, surtout ne pas croire que nous le fûmes CIMG9960

 

 

 

ni que je suis de ceux qui pensent que c'était mieux avant. Vive le chauffage central, la pillule contraceptive et l'internet !

[photo personnelle in situ mais de bien plus belles par ici, grâce @louise_imagine]

 D'autres photos par là.

 

 

 

 

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Comment expliquer à celui qui vous a séduite puis abandonnée que vous l'avez avantageusement remplacé

To Belonzio, january year ten

Cher Zangra,

À lire ta nouvelle lettre ce soir en rentrant, je me rends compte que j'aurais peut-être dû avant que tu t'inquiètes d'une tentative de séduction persistante de ma part, te parler d'un fait nouveau. Elle n'a tout bonnement pas lieu d'être. Les apparences t'auront trompé.

Je ne te l'avais en effet pas fait savoir sans doute par discrétion et que tu n'aies pas à souffrir de la comparaison. Mais voilà, je t'ai trouvé un remplaçant. Ça date de Noël, presque un cadeau.

La solitude était trop forte. Je ne pouvais pas continuer à me satisfaire de ton absence sans rien faire. C'était trop de souffrance. Comme je ne suis pas séduisante ni jolie, il a bien fallu que ce soit moi qui parte à sa recherche. Ça a finalement pris assez peu de temps, un ami audacieux et compréhensif n'a pas craint de m'aider et de faire celui qui m'accompagnait. Rien de tel que n'être pas seule en certains cas.

Ne sois pas jaloux, mais vois-tu il est un peu comme toi, même couleur (je sais tu es comme moi, pas raciste, on s'en fout, c'est simplement pour te donner une vague idée de l'air qu'il a) et plutôt d'un type long et fin. Si ça peut te rassurer, il n'a pas les yeux bleus.

Franchement pas loquace, mais il s'agit tu t'en doutes, d'une relation purement physique. Pour l'instant j'ai dû mal à éprouver de la tendresse pour un autre que toi. La tendresse d'ailleurs n'est pas son fort.

En revanche, fort, il l'est. On peut toujours compter sur lui, sauf quand vraiment il est à plat - comme il est du genre à ne pas se faire de souci et recharger rapidement ses batteries, ça ne nous pose aucun problème -. Sa disponibilité est remarquable ; au début j'ai même trouvé ça un peu bizarre, je n'étais pas habituée tant on dirait que la société ne sait qu'accaparer à longueur de journées tous ses éléments mâles en état d'aimer (un peu moins les nuits, il est vrai). En revanche quand j'ai eu mes règles, il n'a pas émis la moindre contrariété au fait que je sois moi-même plutôt mal disposée. J'ai vraiment apprécié.

Notre entente est parfaite, il sait ne pas insister quand je suis fatiguée. Comme tu sais je travaille beaucoup, et participe à l'extérieur à pas mal d'événements, donc l'épuisement, c'est assez souvent. Ce qui fait d'ailleurs qu'on ne se croise pas tant. Malgré qu'il semble entièrement libre de son temps, il m'est déjà arrivé d'avoir un peu de mal à le retrouver, communiquer n'est pas son fort, c'est le moins qu'on puisse dire. Après tout, il y a les copains pour ça. Il faut dire aussi que je l'avais alors un peu négligé. Il était d'ailleurs cette fois-là dans un bureau près de la machine à café, lui qui n'en boit jamais.

En revanche dès qu'il est là, il y est complètement, sans arrière-tracas et me ferait défaillir sans la moindre défaillance si je ne restais pas avec lui encore prudente et mesurée.

Son âge ? Je ne saurais dire. Pour autant que je puisse en juger par une fréquentation aussi fraîche, on dirait que le temps sur lui a peu de prise. Il a de l'expérience en tout cas. Plus que moi. Si je prends mes précautions ? Bien sûr, certaines. Mais pas nécessairement celles que tu crois.
Ça m'amuse qu'à présent tu te soucies à nouveau de moi.

Une seule chose, surtout ne te fâche pas, mais bien souvent en sa présence, voire quand il est en moi, je pense encore à toi. Il y a parfois par moments, certaines choses, comme les rêves, qu'on ne maîtrise pas.

Allez, je t'embrasse (avec lui, tu sais, je ne le fais pas)

Consuello

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dimanche 27 septembre 2009

Heure vague et indéterminée : Réveil si naturel que j'ignore ce qui l'a provoqué, fin d'un rêve - mais dans ce cas aussitôt "vécu" aussitôt oublié, jusqu'à son thème même -, mouvement dans la maisonnée, rayon de soleil ? Je prends la pillule en premier, certaine ainsi de ne pas oublier. Depuis quelques temps et malgré une tristesse, je suis libérée de ma funeste première pensée du matin. Je préfère commencer la journée par la lecture d'un poème.

Alors que je tends la main vers le bouquin, mon telefonino m'indique l'arrivée d'un message.

Il est 8h09.

8h10 : Je lis "Les sentinelles" de Bruno Tessarech, c'est notre lecture mensuelle du cercle des lecteurs de l'Attrape-Cœurs, me rendors, mais le livre n'y est pour rien, plutôt le message qui m'a rassurée tout en me fournissant matière à réflexion. Réfléchir m'a rendormie.

9h38 : Après re-réveil et ablutions d'usage, je suis devant l'ordi, un café au lait, un croissant frais et un verre de jus de fruit.

Quelques touites en réponse à ceux des amis. Façon de dire "Bonjour".

10h30 : J'ai découvert par totale sérendipité que le nom complet que je comptais utiliser pour  un personnage d'une fiction que j'écris correspond à un vivant vrai. Il n'est pas commun c'est le moins qu'on puisse dire. Ça m'obligera donc à en changer, sinon je risque de me sentir gênée. Jolie discussion sur touiteur avec Lomalarch à ce sujet. C'est qu'il a failli gamin avoir une dame de cantine qui s'appelait Thénardier.

10h38 : Je commence à établir la liste de tout ce qu'il faudrait que je dépote dans cette journée, en particulier d'écrire. Ça sera juste impossible à tenir.

10h40 : Je prépare mon sac de piscine, vite fait.

10h45 : Téléchargement de photos de la veille et de l'avant-veille. Méditation sur le sujet du message matinal, thème Hitchcock, les hommes, les femmes, la culture et la sophistication. J'hésite à me mettre à répondre avant de partir nager.

11h48 : J'enfourche au bout de la rue un vélib pour aller à la piscine.
11h54 : Je le dépose à la station juste en face de celle-ci, dernier plot disponible (ouf).

12h04 : Nager

12h57 : Vélib du retour.

13h01 : Poser ce dernier à la station près de la rue. Conseiller un usager occasionnel un peu perdu. Lui indiquer au moment du choix que celui que je viens de poser, le 15, ne comportait pas de défaut majeur. Il m'écoute et l'emprunte.

Après coup je pense à une blague potentielle (1).

13h11 : J'ouvre ma notule dominicale déposée par Philippe Didion avec une ponctualité qui l'honore dans la boîte à message de tous ses abonnés.

13h12 : J'apprends par une brève du Monde que Polanski en Suisse a été arrêté ... pour cette vieille affaire de mœurs datant d'il y a 40 ans. J'éprouve une grande colère.

Du coup tout au long de l'après-midi et même pour un dernier tard dans la soirée, sur touiteur, facebook, messageries, discussions multiples avec les amis et lecture d'articles pour étayer.

Curieusement les femmes soutiennent (le réalisateur) quand les hommes en sont plutôt à déplorer quoique pas toujours mais en ajoutant "en même temps avec ce qu'il a fait".

Ann publiera en fin d'après-midi un touite qui résume précisément ma pensée  

"right or wrong, past catching up like that, wow, nightmare..."

Je me jette sur la lecture des blogs amis afin de faire diversion à ma colère, d'autant plus forte qu'elle est totalement impuissante. J'ai beau me dire qu'il en a vu d'autres et possède sans doute d'excellents avocats, contrairement à d'autres personnes elles aussi accusées d'activités sexuelles condamnables (ici ou ).

16h13 : Je parviens enfin à lire les Notules.

Ce que j'ai fait entre 17h et 18h15 ne regarde (presque) que moi.

 

 

 

(1) indiquer le plus sérieusement du monde un qui serait tout grinçant et pénible à traîner. En aurais-je jamais l'impulsion, même si l'idée ?

 

 

 

 

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