Un peu d'humour, qui ne fera hélas sans doute rire que les confiné·e·s dans de bonnes conditions

Il se trouve que cette video m'est parvenue via Mathilde Larrere, pile au moment où avec les camarades de mon club de triathlon on était en train de s'organiser une séance de PPG pour le lendemain.

Alors, comme j'avais vraiment besoin de me détendre, j'ai ri de bon cœur.

 


De l'influence ou non de l'épidémie sur la vie quotidienne

    

    Je ne cherche pas à faire une chronique exhaustive, j'ai du boulot de ma vie, ne peux suivre en continue et de toutes façons je n'aurais rien à apporter de plus que ce que disent ou finissent par dire les journaux.

Seulement ce qui me marque, ce que je retiens, ce qui m'amuse (oui, c'est bien d'en rire, ça aide à se dire Tutto andrà bene). Et le concret du quotidien.

Bon an mal an les institutions s'efforcent de faire face et le libéralisme se la joue sourdine (sans doute pour mieux profiter des survivants après) face aux nécessités de solidarité. En Italie seuls les partis les plus populistes se mettent à l'écart d'une union sacré qui s'est faite, et tout en prétendant agir pour la solidarité - le propre des populismes étant de dire le contraire de ce qu'ils fond ; pourquoi s'en priveraient-ils ça marche si bien chez qui n'a pas les armes de décryptage et se trouve en détresse ou difficulté -.

Le cas grave d'un député français a été annoncé plus rapidement en Italie qu'en France. Je le savais avant d'aller dormir, il a été annoncé, et fort brièvement, par ici ce matin. Pas de mesures particulières semble-t-il pour l'instant.
Très mauvaises nouvelles épidémiologiques : des re-contaminations sont décidément possibles (encore des cas dont un au Japon) et il semblerait que ce virus combine ses propres effets dévastateurs (de SRAS) à ceux d'un HIV qui fait s'effondrer l'immunité (ou : comme la rougeole ?).  En revanche à Wuhan, pas de nouveau cas depuis 24h. Oserait-on croire au début de la fin ? 

Je me régale décidément de la chronique de Thomas Gunzig de la veille

Le marathon de Paris a été annoncé comme annulé (très tôt le matin) puis comme reporté au 18 octobre

La première annonce m'a coupé l'élan, ou du moins l'énergie que je tentais de rassembler pour aller m'entraîner nager. Comme je suis fatiguée en cette fin d'hiver, c'est la période durant laquelle, traditionnellement, je suis bien anémiée, je ne sais distinguer ce qui relève de l'épidémie, de sortes de mesures préventives que je m'appliquerais quand je le peux, ou ce qui relève ... du besoin de dormir pour récupérer, reprendre des forces, attaquer le printemps du bon pied.

Il est évident qu'alors que les jalons sportifs sautent les uns après les autres, je perds une forme de bornage qui me permettais de me dire : bon OK, là, tu dors, mais là, tu t'y mets : il faut être fin prête pour telle date.

Quelque chose en moi souhaite aussi aborder le plus en forme possible un nouveau travail : plus des pistes se précisent, plus j'ai tendance à me dire, ou mon corps à me faire comprendre : dors maintenant, tu vas bientôt avoir besoin de toute ton énergie.

Mais par exemple, est-ce que la décision prise aujourd'hui après avoir couru et parce que j'éternuais et toussotais (1) de rester à la maison plutôt que d'aller à la BNF, ne comprenait pas une part de : c'est toujours autant de risques d'économisés ? Je ne sais pas le dire, en fait. Ou plutôt : probablement que s'il n'y avait aucun risque particulier, je trouverais en moi la force de me secouer et de me dire comme dab, Fais ce qui était prévu / Ce que tu as à faire, Tu te reposeras après. 
Alors que là la petite pensée non formulée insidieuse, du "et si jamais" / risque de contagion (ou de contaminer quelqu'un si je le suis déjà tout en ne le sachant pas), fait son travail de sape. 

Pour autant je suis calme, et résignée. Je pense que nous n'y échapperons pas plus qu'à l'espèce de bronchite que nous avions tous attrapés en 1994 (année à vérifier) alors que nous rendions visite à notre amie Suzanne, tombée malade d'un seul coup, alors que nous séjournions chez elle et qui malgré les précautions élémentaires de bases prises lorsque la maladie lui était tombée dessus, nous avait toutes et tous contaminés. JF avait cru, une nuit, mourir. Et pour ma part j'avais été flanquée à plat pendant vraiment longtemps, passée l'épreuve éprouvante des heures où respirer devient l'unique travail et si douloureux - sans peur parce que j'avais tant et tant été malade enfant que je pensais m'en sortir puisque ça m'était déjà arrivé, un tel état et en remonter -).

C'est effarant de se surprendre à penser : quelle chance que soient morts tous nos vieux parents, nous serions si inquiets ! 
Seulement je dois me l'avouer, et l'homme de la maison l'a aussi exprimé, nous l'avons à un moment ou à un autre, au moins de façon diffuse, pensé. 

En attendant de savoir si nous allons nous aussi passer par la case maladie, et si partant de là nous allons nous en sortir ou plus ou moins ou pas, nous essayons d'en rire, ou d'observer les bizarreries qui surviennent.

Notre fille a reçu de la part de son employeur (qui est une sorte d'agence de placement, pas l'entreprise pour laquelle le travail s'effectue) un courrier avec les consignes de base (en gros, lavez-vous les mains et vous grattez pas le nez).

La France qui, par rapport aux pays voisins, était déjà le mauvais élève qui testait peu de cas, annonce ne plus vouloir tester que les cas déclarés et sévères

 

Lien vers le site de la santé publique en France

Liens vers des statistiques :

Coronavirus COVID-19 Global Cases by John Hopkins CSSE 
Official Data from The World Health Oragnization via safetydectetives.com

101 781 cas dont 3460 morts et 55 866 guéris 

 

(1) A priori même pas un rhume, juste une réaction à l'effort dans un air pollué. Ça me le fait fréquemment.


Parfois le marketing conduit à des trucs pas mal (si on a les bons amis)

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Tout aura commencé par un touite de @Celinextenso

ou plutôt un touite à elle en réponse à un touite du CM d'Interflora qui semblait proposer d'envoyer des fleurs à qui des twittos ou twittas que nous connaissions le méritait. 

Il se trouve que l'une de nos camarades @kinkybambou est en bagarre contre un cancer, qui ces jours derniers s'est révélé être du genre starteupeur au trop rapide développement. Alors on a suivi Céline, le hashtag #DesFleursPourXanax (Xanax La Guerrière, désormais La Fougère étant l'un des pseudos de notre amie sur le réseau), et les fleurs ont bien été livrées.

Nous ne sommes pas dupes, c'est pour la chaîne de fleuristes une belle opération de com à pas cher. Il n'empêche que le résultat est doux, et qu'il a permis une médiatisation locale qui pourrait se révéler utile à un moment ou à un autre, ne serait-ce que parce que le monde étant ce qu'il est on est parfois mieux traité·e·s si nos interlocuteurs savent que l'on dispose d'une petite notoriété. 

On peut donc se dire que c'est du marketing intelligent (et que Céline Extenso est quelqu'un de formidable, mais ça, on le savait).

PS : À propos de twittas formidables, je dois un somptueux fou-rire de ce soir à Norden Gail  

 

 


Portbail - Souchon

 

    La fuite d'eau n'en était pas une mais un effet spectaculaire de condensation en milieu humide. La tête des petits Parisiens que nous sommes quand le plombier, réussissant louablement à ne pas rire nous a dit ça.

La journée prévue en vue de réparer s'est alors muée en journée de vacances (pour l'Homme de la maison) et de repos, et choses à faire (pour moi). 

Mais il y eut une balade mémorable, avec une première étape à la biscuiterie de Sortoville en Beaumont (ravitaillement). D'abord parce que la mer était démontée (une pensée pour Raymond Devos), et que c'est beau une mer démontée quand on n'a pas à y aller et qu'on ne connait personne qui doit l'affronter. Ensuite parce que sur France Inter qui est la radio par défaut dans l'auto, il y avait une émission dont l'invité était Alain Souchon et que quand tu arrives à Portbail en écoutant Souchon à la radio tu as l'impression d'un coup de baguette magique de la vie.

C'était l'anniversaire de @quitusais et je me le suis rappelée en dehors des machines (pas sur l'ordi, peu consulté), l'impression de retrouver la mémoire, et donc reprendre le fil de ma vie, après des années passées à lutter (travail, affaires familiales, problèmes de santé des uns et des autres etc.).

Le vent tombé hier en soirée avait repris vigueur. La balade à Portbail nous a laissé tout étourdis (pourquoi diable le vent laisse-t-il à ce point épuisé ?). 

Averses de grêle, dont l'une alors que nous venions de rentrer et fermer la porte sous le soleil. Le fait de fermer la porte a été quasi concomitant à une sorte d'extinction de la lumière extérieure, et vlouf grêlons. Désormais je penserais à cet épisode quand il conviendra de se remémorer que concomitance ne vaut pas cause à effet même si c'est parfois trompeur.

Pour l'une des suivantes, j'étais sortie de sieste, passée aux box de stockage [des affaires parentales], tout allait bien, tiens si je rejoignais mon homme à sa pétanque, nuages soudain bien sombres et vlouf, grêlons. Je suis bien équipée et un banc de bois que je rapportais, mis sur ma tête me protège du martèlement, il n'empêche. 

Les joueurs continuaient peu importe le temps (météo) et la température qui chutait (la veille 14°c ? 15°c ? et là 6°c ou 7°c)

Je suis rentrée par la voie de chemin de fer en échangeant avec le fiston dont le déménagement est toujours en cours (chaudière ne fonctionnant pas encore, meubles à monter). En écoutant les oiseaux, aussi. J'aimerai réapprendre à reconnaître leurs chants.

Petit restau populaire impromptu, le seul d'ouvert un lundi. 

Petite soirée tranquille. Pluie qui tambourine. J'écris. 


Un bon dimanche, quoi que de tempête

 


    Vent si fort le matin que nous nous sommes tout simplement recouchés. Le chemin habituel dans ma Normandie est une ancienne voie de chemin de fer, bordée des grands arbres qui accueillaient les trains, c'était dangereux ; et prendre la voiture pour aller plus loin semblait risqué (le vélo, n'en parlons même pas). 

Et puis c'est doux d'être au fond du lit, peu dérangeable parce que c'est dimanche et d'entendre dehors que c'est en tempête.

La constatation d'une fuite d'eau - les habitué·e·s d'ici peuvent se gausser, je ne saurais leur en vouloir, trouver le plombier. Quelqu'un passera tôt au lendemain matin, mais comme c'est côté arrivée générale nous craignons les complications.

De jolies retrouvailles avec une de mes cousines, et revoir mon oncle son père - désormais si âgé qu'il n'ouvre guère si nous passons le visiter lorsqu'il est seul -, un moment tranquille et heureux.

Le temps d'être chez la famille, le vent est tombé et ça fait tout étrange alors que puisque deux tempêtes se sont succédées (Ciara et Dennis), nous avons été sous grand vent depuis une semaine environ. Ou telle était notre impression. Ça laisse un vide, une absence.

Et voilà le dimanche plié.

Un coup de fil de ma sœur aura été porteur de deux bonnes nouvelles : un soulagement et ... une sorte de gag.

J'imagine une scène de film burlesque, un visiteur qui sonne, et qu'on craint importun, on aurait pu ouvrir un objet contondant à la main, prêt·e à se défendre, et qui est au contraire quelqu'un de fort bienvenu, totalement inattendu, et porteur d'une de ces propositions qui peuvent changer une vie (en bien).

En soirée, après un bon repas dû au traiteur local et à quelques finitions par l'Homme de la maison tandis que je parlais au téléphone avec ma sœur, je re-regarde le record de 6,18 m au saut à la perche par Mondo Duplantis, et ce avec une marge si confortable. 

J'aide l'Homme à enregistrer son message de répondeur téléphonique. Ses essais faisaient trop peu pros, or il risque d'avoir des appels sérieux (pour son club, pour son boulot ...).

Lecture studieuse pour terminer la journée.

Très bon dimanche tout en récupération, grâce auquel je me sens d'attaque pour la semaine à venir (et ça, c'est très agréable), laquelle présente un temps fort, le mercredi soir, avec l'invitation de Sylvie Lassalle à mon émission Côté Papier, et plutôt des choses douces et instructives, potentiellement.

Sur le front du 2019-nCov : il s'appelle désormais SARS-CoV-2, les mesures de confinements semblent arnachiques en Chine mais néanmoins plus strictes. 69 288 cas, 1670 morts, 9871 guéris 
Comment ça concerne (pour l'instant) les gens par ici : une des filles de ma cousine qui devait dans le cadre d'un échange entre des universités assurer quelques cours en Chine au printemps pour une période donnée se trouve dans l'incertitude de son départ, de son séjour. J'écris pour des lecteurs de plus tard et qui ne nous connaîtrons pas : voilà, classe moyenne d'un pays qui au début du XXIème siècle s'appelait la France, incidence d'une forte épidémie dont l'épicentre (ça se dit, pour une épidémie ?) se situait en Chine, deux mois et demi à trois mois plus tôt. 
Des questions, des doutes, commencent à circuler quant aux J.O. de Tokyo. The Runner faisait remarquer que les athlètes étant des personnes qui poussent leur corps au maximum, sont souvent dotés d'une immunité fatiguée. Et que dès lors, la question risque de vraiment se poser et des décisions de ne pas se présenter risquent d'être prises par les individus si les nations ne prennent pas leurs dispositions. 

Dans le monstrueux paquebot en quarantaine au bord du Japon, la croisière ne s'amuse plus. Il doit déjà y avoir quinze films hollywoodiens et Vingt-cinq best-sellers en préparation, tant le sujet s'y prête. 

 


Un petit bon souvenir suivi d'une stupéfaction atterrée (le monde se gorafise)

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Réveillée ce matin par le flash d'infos de 7h sur France Cul, et la voix de Marina Foïs qui tenait des propos clairs et fort justifiés sur le jury des Césars, lequel a pris acte des critiques qui lui était adressé et a démissionné collectivement. 

Ceci m'a permis un réveil sur un petit bon souvenir, cette figuration familiale dans le film "À boire" grâce à une impulsion de ma fille et au talent du fiston enfant, une belle journée pour nous (et rémunératrice et instructive) qui n'en connûmes pas tant, la plupart de nos moments heureux étant entachés par ailleurs de tracas pesant (santé des uns ou des autres, travail, fins de mois ...). Là, ce fut un vrai bon moment heureux, une respiration au milieu des journées de boulot bancaire tendues et pour moi l'occasion fabuleuse de commencer à gagner des sous en lisant. Je suis vraiment heureuse de disposer de ce souvenir qui me ressemble tant.

Peu après, probablement après un rendors sans en avoir conscience, ma spécialité, et donc au vrai réveil pour la journée, ce fut un touite de Momo qui a achevé de bien me réveiller, dans le même temps de ce que je découvrais sur des fils d'actualité.

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"Qu'est-ce que vous avez encore fichu ?" était l'exacte expression de mes pensées, en lisant l'info de l'abandon de candidature à la mairie de Paris de Benjamin Griveaux comme suite à la diffusion d'une sextape, et après la sorte d'orage d'infos nawak dans tous les sens dont je parlais en fin de billet la veille, et déjà en tendance forte tous ces temps derniers. 

Je n'éprouve pas de compassion particulière pour cet homme qui était dans sa campagne électorale pris dans une spirale délirante, seulement j'en tiens que pour que sa candidature tombe sur ce prétexte plutôt que pour des raisons de compétences politiques qu'il n'a pas, c'est que notre démocratie a vraiment du plomb dans l'aile. Et ça n'est pas bon signe, pour qui que ce soit. Ce sont des méthodes fascisantes qui auront précipité sa chute. C'est inquiétant qu'on en soit là.

 

 

Sur le front du 2019-nCov, outre des comptages mouvants (un peu comme le nombre de chômeurs en France, mais dans l'autre sens), une intéressante réflexion de The runner sur les conséquences potentielles sur les jeux olympiques prévus cet été à Tokyo. Je n'ai pas d'avis précis, car j'ai ce biais inexpliqué de pensée qu'une épidémie mortelle ne peut pas concerner l'été (c'est absurde, je le sais, d'autant plus qu'il y a deux hémisphère et différents climats), il n'empêche que son point de vue mérite d'être entendu.

addenda de la nuit : Comme nous nous sommes retrouvés à l'heure du dîner à tenter de trouver en vain impromptu un restaurant à Bayeux, car tous étaient réservés complets pour la Saint Valentin, on est tenté de croire : 
1/ que la situation économique de pas mal de gens est plutôt pas si mauvaise que ça ;
2/ que dans cette région il n'existe pour l'instant aucune psychose de type peur du virus : les gens sortent et pas qu'un peu ;
3/ que le marketing pour imposer une fête qui n'avait aucune tradition locale il n'y a encore pas si longtemps, ça marche.

À propos de situation économique, on a vu des gilets jaunes à un rond-point. Là aussi en bons parisiens moyens, malgré qu'on a pourtant des échos des manifs qui perdurent le samedi, nous avons été tout surpris.



Curiosité locale ; la petite échoppe qui faisait des pizzas à emporter (attente en ce soir particulier : 45 à 50 minutes) pratiquait en ce soir de fête l'offre suivante : pour deux pizzas achetées, une gratuite. Je me suis demandée quel était l'implicite de cette offre qui m'aurait semblé plus adaptées pour des soirées football. Cela dit, nous qui avions plutôt décidé de fêter enfin Noël en famille, avec la bûche et tout, ça nous arrangeait. Fullsizeoutput_1aa5

 

Autre curiosité locale : ici les librairies (et les autres commerces aussi, mais disons qu'à Paris où le montant de la prune est sévère dès que deux cartons même bien pliés dépassent de la poubelle jaune des recyclables) ont le droit de laisser leurs cartons sur le trottoir au soir du ramassage. Et tels quels !

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PS : Beau texte "Ventre à terre" lu chez Antonin Crenn.


Lire, dormir et cuisiner

Au surlendemain du Maxi Trail de Bouffémont, les jambes étaient trop douloureuses (mais une bonne douleur, équitablement répartie et pas aigüe, sauf au moment de se lever et s'asseoir) pour penser sortir. 

Donc pas de piscine le matin, pas de piste en fin d'après-midi. Et pas même descendre les poubelles (je l'avais fait la veille en rentrant du déjeuner de la veille avec une grande amie), et pas même descendre chercher le courrier (ma fille qui a regardé en rentrant de son travail m'a dit qu'il n'y avait rien).

Du coup journée, à préparer mon émission du lendemain, en plus de solides moments de sommeil qui font du bien. 
Sauf qu'au soir et alors que j'ai tout dans la tête, reste à chercher la bonne version des musiques sélectionnées, la transmettre à O. qui tient désormais la régie, établir le filage, chronométrer les extraits, mon élan m'abandonne. J'ai cuisiné pour le dîner (ingrédients achetés le samedi, après la séance de cinéma), cherché à suivre le 1500 m du meeting de Düsseldorf, que Filip Ingebrigtsen a emporté en 3'36'', et le saut à la perche au cours duquel Mondo Duplantis a tenté et manqué de peu le record du monde. Mais ne le trouvant pas, j'ai erré sur l'internet de façon un peu bête, en plus que la connexion par moment patinait. Pure perte de temps. 

Belle interview du jeune perchiste : il est heureux déjà d'avoir atteint le niveau pour tenter un record du monde ; et il insiste sur le rôle joué par sa mère durant toutes ses années pour arriver jusque là. 

 

Une amie m'indique une semi-offre d'emploi : quelqu'un qui cherche des personnes pour s'associer pour un projet de librairie. Hélas, je manque d'argent (plus encore que l'an passé) et de confiance (en les autres plus qu'en moi ; j'ai été témoin de trop de choses, je crois). Mais j'apprécie qu'elle ait pensé à moi. 

Déception en soirée : nous devions aller en Normandie le week-end prochain (il y a du travail à faire dans la petite maison et j'ai besoin d'une pause, de m'occuper de celle-ci) mais l'Homme qui conduit a oublié ou mal compris. C'est reporté. Je m'étais fixé ce moment comme jalon pour relancer une fois rentrée, pas mal de trucs, en particulier professionnels. C'est raté.

Mon plat a du succès, à tel point que l'un d'entre nous n'en aura pas mangé (indice : c'est celui qui a préféré aller à son club plutôt que de dîner alors que c'était prêt).

Je peaufine ensuite mes lectures pour l'émission du lendemain, trop tard pour établir le filage, faire les liens des extraits musicaux. 

 

Sur le front du 2019-nCov : 20704 cas et des 427 morts mais 727 guérisons. 

La Chine a décidé sous son prétexte de cesser tout contrôle anti-dopage pendant six mois. Tiens, pile jusqu'au J.O. de Tokyo. Les malins ! 
Par ailleurs une conséquence de l'épidémie qu'on ne trouve pas illogique si on y pense un instant est la chute du prix des produits pétroliers

En Italie, l'état d'urgence sanitaire a été déclaré ... pour calmer l'opinion. Les gens ne comprennent pas (et pas qu'en Italie) que les masques ne sont utiles qu'aux malades, pour leur éviter de postillonner sur le reste du monde, ou en limiter l'effet. Ils ne protègent pas des virus entrants, pas spécialement. 

Comme je ne suis pas sortie de la maison, je n'ai aucune idée de si quelque chose à Paris s'est doucement modifié. Pour l'instant les gens semblent peu affectés. Ou alors ceux qui paniquent se terrent et on ne les voit pas. Le fait que je ne fréquente pas de lieu de travail me donne peut-être une fausse illusion d'indifférence générale. 

 

 


La fièvre tombe, les courbatures montent (lundi au lit)

 

    Je commence à avoir l'habitude, ça me le faisait dans ma jeunesse déjà : après chaque effort physique très intense (en longueur ou en rythme cardiaque) j'ai une poussée de fièvre. En général le soir du jour où elle a eu lieu. J'y avais échappé au soir du Frenchman (courte distance, un M) l'an passé, et sans doute un peu après le trail de La Chouffe, mais il faut dire que pouvoir enchaîner quelques longueurs de bassin après la course, puis une chambre ultra-confortable et le lendemain matin des soins de type balnéothérapie, ça aide. Du coup je m'étais crue sortie de ce symptôme post-sportif là. Et puis finalement non. 

Après 6h à crapahuter dans la boue, ce dimanche, dont une partie sous la pluie (quoique par temps doux : pas eu froid), j'y ai eu droit, à ma soirée au fond du lit.

Comme souvent au lendemain, donc ce matin, cet accès était passé. Montent ensuite les courbatures, en intensité. Le matin peut être trompeur, finalement je n'ai pas trop morflé. Et puis au fur et à mesure de la journée ça se grippe. En fin d'après-midi - heureusement j'avais déjeuné avec une amie, et j'étais vite rentrée, prévoyant ce qui allait arriver -, j'étais clouée au lit au sens littéral. Par chance aucune douleur renforcée en un point particulier, il faut dire que j'étais passée par la case kiné, mais en quelque sorte des courbatures qui se solidifiaient. J'avais procédé aux habituels remèdes, un baume et une aspirine, mais quand vint l'heure du dîner, j'ai été incapable dans un premier temps, de me lever pour le préparer. 

Plus tard, j'ai rassemblé mes forces et j'y suis parvenue. Puis une fois assise et pas d'efforts sur les jambes ça va. 

Ç'aura été quand même une belle journée, j'ai bien lu, le déjeuner était un bon moment, même si je m'inquiète pour l'amie qui m'a invitée et que toute sorte de travail en retard s'accumule. 

Au moins cet état de fatigue physique ne m'empêche pas, voire favorise, la préparation de mon émission du mercredi soir : je ne peux rien faire de physique mais en dehors des plages de sommeil récupérateur, le cerveau fonctionne. 

En fin de journée j'ai pu sortir une lessive. 

Je me demande ce soir ce que je serai capable d'accomplir demain (ou pas).

J'affine mes objectifs pour les prochains rendez-vous sportifs : 1/ être capable de terminer 2/ dans les temps (pas comme hier) 3/ sans être clouée au lit les trois ou quatre jours suivants  ( #VieDeTriathlète )


Perplexité d'un masque

 

    On se rappellera plus tard, si l'on est encore là, que c'était en ce samedi que l'étendue de la nouvelle épidémie de coronavirus avait pris son ampleur. J'étais en journée off, à récupérer chez moi de plusieurs mois d'intense travail et d'une semaine familialement chargée ; ce qui fait que je pouvais suivre la façon dont les informations et quelques rumeurs déjà circulaient.

C'est intéressant au moins de constater le foisonnement d'informations lorsque la suite est imprévisible (1).

Puis je suis allée au restaurant japonais du coin de la rue chercher un dîner pour le fiston et moi, seuls présents ce soir-là. J'avais des chèques déjeuner à utiliser, les courses n'étaient pas faites, et j'avais déjà cuisinoté pour la collation du milieu de journée.

En arrivant sur les lieux j'ai croisé un livreur qui s'en allait chargé de différents paquets, casqué (il livre à scooter je crois) et portant un masque médical de protection.

Je me suis demandée, c'était inévitable, si ça avait un lien. Il pouvait très bien le porter parce que déjà malade par ailleurs - l'épidémie n'empêche pas celle de grippe ni les bons gros rhumes hivernaux -, le porter pour rassurer les clients peureux, le porter par crainte de réactions racistes - lequel s'est beaucoup décomplexé ces dernières années -, le porter parce que lui-même cédait à la panique (je ne le crois pas, seulement c'est une hypothèse), le porter parce qu'il le fait toujours pour tenter de se prémunir un peu de l'air pollué.

Peut-être que dans une paire de semaines nous porterons toutes et tous de ces masques. Alors je pourrais me rappeler que c'était le samedi soir 25 janvier que j'avais vu le premier.

Pour avoir eu un ami qui était à Hong Kong en 2003 et m'avait raconté les mesures de confinement, avec une sorte distinguée d'amusement - mais il n'avait pas de crainte financière, ni de perdre son travail -, je ne frémis pas de crainte à l'idée d'une telle obligation. Je pourrais rester chez moi à ranger la maison. Il n'empêche que la vitalité actuelle du pays en prendrait un coup. On en ressortirait sans doute équipés de lois dont nous ne voulons pas. Espérons donc que le virus ne gagne pas trop en virulence et que la propagation en soit stoppée avant que nous ne nous retrouvions dans "Station eleven" ou "La constellation du chien".  

 

 

(1) Une épidémie est tant qu'elle n'est pas jugulée un événement non clos. Contrairement à une catastrophe ponctuelle, un attentat unique, un phénomène climatique. Ça ressemble plutôt à une guerre. Celleux qui vivent pendant n'ont aucune idée de son issue, ni quand ni dans quelles conditions elle interviendra.

PS : Grâce à cet échange, 

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et une réponse d' @Monolecte , j'ai (re?)découvert un texte qu'elle avait écrit avec une belle classe et une formidable énergie sur le lendemain de la tempête Klaus. Cette tempête avait eu lieu dans une autre région que la mienne, épargnée, pendant les jours où je restais en état de choc après l'agression verbale violente dont j'avais fait l'objet sur mon lieu de travail alors que j'étais restée pour réparer des erreurs de la personne qui s'en prenait à moi - longtemps plus tard je me dis qu'elle avait agi ainsi sous l'emprise de la crainte que son incompétence n'éclate au grand jour ; sur le moment j'étais surtout dans un contre-coup absolu d'épuisement, dû également au fait que depuis trois longues années je m'efforçais de travailler alors que le poste que j'occupais n'avais plus de sens utile -. Il se trouve donc que je n'en avais plus aucun souvenir et n'en ai pas de signe sur ce blog.

 

 


Vélotaf - Je ne suis pas la seule -

 

    Je comptais bien vélotafer pour ce nouveau boulot (1), seulement peut-être pas tous les jours, ne serait-ce que pour pouvoir lire ; ce que les transports en commun autorisent lorsqu'ils sont empruntés dans de bonnes conditions, mais pas le vélo, pas très bien.

Voilà qu'avec la grève générale et des transports en communs parisiens en particulier, j'ai parcouru chaque jour environ 25 km. En deux fois sur un parcours presque plat, c'est très faisable, dès lors que l'on n'a pas d'ennui de santé particulier. J'en suis donc à 350 km environ cumulés et ma foi, si l'absence de possibilité de pointes sérieuses de vitesse empêchent que ça vaille pour entraînement de triathlon, c'est beaucoup mieux que rien.

Grâce à cet effort quotidien, je me sens en meilleure forme pour assurer le boulot, c'est particulièrement flagrant sur les début de journées de travail : j'arrive bien réveillée, bien échauffée, prête à soulever ce qu'il faut de cartons.

Je pense que bien des personnes que les grèves ont contraintes au vélo, si elles n'ont pas trop subi de mésaventures liées aux comportements des automobilistes pressés (2) et de certains 2RM, vont constater une réelle amélioration de leur condition physique et donc de leur quotidien et vont rester adeptes de cette belle façon de circuler.

Un billet de blog de Tristan Nitot rassemble bien les enjeux, n'hésitez pas à aller y lire : 

Le possible succès du vélo

 

Il n'y manque que la mention des petits bonheurs : le co-vélotaf, qu'il m'est arrivé de pratiquer (par exemple Coucou Sacrip'Anne) et les rencontres et retrouvailles.

Ainsi ce matin en allant bosser, j'ai croisé une belle petite bande de camarades de mon club de triathlon lesquels venaient de s'entraîner en course à pied, et même si je n'ai pas pu m'arrêter car arriver en retard au bureau peut se négocier mais arriver en retard pour tenir boutique signifie laisser des clients mal servis, nos saluts joyeux ont ensoleillé ma journée.

Il m'ont donné l'impression que la vie était belle, classe et facile comme dans les méthodes de langues ou les comédie musicale.

 

(1) À la librairie Les Mots et Les Choses, donc

(2) Not all automobilistes, il y a vraiment globalement un progrès. Seulement il suffit d'un gougnafier pour se retrouver en danger.